21/08/2026
🔴 LOYERS AU BURKINA FASO : À QUAND UNE CLARIFICATION SUR LES « CHARGES COMPRISES » ?
Une question simple, mais qui mérite une réponse claire : lorsqu’un logement est proposé à 35 000 ou 40 000 FCFA avec « courant et eau », que signifie exactement ce montant ?
Le problème du logement devient de plus en plus préoccupant pour de nombreux travailleurs et familles. Aujourd’hui, il n’est pas rare de voir des annonces présentant une chambre-salon, vitrée, carrelée, avec do**he, cuisine, eau et électricité pour 35 000 ou 40 000 FCFA.
Mais une fois installé, le locataire découvre parfois que l’eau et l’électricité doivent encore être payées séparément.
Alors une question légitime se pose :
Si l’eau et l’électricité ne sont pas comprises dans les 35 000 ou 40 000 FCFA annoncés, pourquoi les présente-t-on comme faisant partie des caractéristiques qui justifient ce prix ?
Nous ne voulons accuser personne sans preuve. Nous voulons simplement poser des questions qui concernent directement la vie quotidienne des citoyens.
QUE PAIE RÉELLEMENT LE LOCATAIRE ?
Prenons un exemple très simple.
Un logement est proposé à 35 000 FCFA, avec eau et électricité disponibles.
Un autre logement similaire, mais sans prise en charge de l’eau et de l’électricité, est proposé à 20 000 FCFA.
La différence est donc de 15 000 FCFA.
Le locataire peut légitimement demander :
Ces 15 000 FCFA supplémentaires correspondent-ils réellement à l'eau et à l'électricité ?
Si oui, quelle est la quantité ou la consommation incluse ?
Est-ce un forfait mensuel ?
Existe-t-il un plafond ?
Que se passe-t-il lorsque la consommation dépasse ce plafond ?
Et surtout :
Si le locataire doit payer l'intégralité de ses consommations d'eau et d'électricité en plus des 35 000 FCFA, pourquoi le logement est-il présenté comme étant à 35 000 FCFA « avec eau et courant » ?
Ce sont des questions simples, mais elles méritent des réponses précises.
PENSONS AUSSI AU SALARIÉ QUI GAGNE 75 000 FCFA
Prenons encore un cas concret.
Un travailleur gagne 75 000 FCFA par mois.
Son loyer est de 35 000 FCFA.
Il lui reste donc 40 000 FCFA avant même de payer :
- la nourriture ;
- les soins et médicaments ;
- le carburant ou le transport ;
- la communication et Internet ;
- l'habillement ;
- l'électricité et éventuellement l'eau ;
- les besoins de la famille ;
- les autres dépenses imprévues.
Et si les factures d'eau et d'électricité viennent encore s'ajouter aux 35 000 FCFA ?
Que reste-t-il réellement à ce travailleur pour vivre dignement ?
Voilà le cœur du problème.
Nous ne demandons pas nécessairement que les propriétaires louent gratuitement leurs maisons.
Nous demandons de la transparence, de la clarté et de l'équité.
LE LOCATAIRE DOIT SAVOIR CE QU'IL PAIE
Le problème n'est pas seulement le montant du loyer.
Le problème est aussi la manière dont le prix est présenté.
Lorsqu'un logement est annoncé à 35 000 FCFA « eau et courant compris », le locataire doit savoir exactement ce que cette formulation signifie avant de signer.
S'agit-il d'un loyer de 35 000 FCFA avec toutes les charges incluses ?
Ou bien s'agit-il simplement d'un logement disposant d'un accès à l'eau et à l'électricité, mais dont les consommations restent entièrement à la charge du locataire ?
La différence est énorme.
Et cette différence peut représenter plusieurs milliers de francs chaque mois pour une personne vivant avec un salaire modeste.
UNE QUESTION AUX AUTORITÉS
Nous interpellons donc respectueusement les autorités et les structures compétentes sur la nécessité de renforcer la transparence dans les relations entre bailleurs et locataires.
Pourquoi ne pas encourager une présentation standardisée des annonces ?
Par exemple :
Loyer : 35 000 FCFA
Électricité : à la charge du locataire
Eau : à la charge du locataire
Autres charges : préciser
Ou alors :
Loyer : 35 000 FCFA, eau et électricité comprises dans la limite de...
Au moins, le citoyen sait exactement à quoi s'attendre.
Il ne devrait pas découvrir les véritables conditions financières après avoir déjà engagé son argent, payé une caution et déménagé.
IL NE S'AGIT PAS D'OPPOSER LOCATAIRES ET PROPRIÉTAIRES
Il faut être clair : tous les propriétaires ne sont pas des escrocs et toutes les pratiques ne constituent pas nécessairement une arnaque.
Certains propriétaires ont eux-mêmes des charges importantes, des investissements à amortir et des coûts d'entretien.
Mais cela ne doit pas empêcher d'avoir un débat sérieux sur le coût du logement.
Le propriétaire a droit à une rémunération juste de son investissement. Le locataire a également droit à une information claire et à des conditions transparentes.
C'est cette recherche d'équilibre que nous devons défendre.
UNE QUESTION QUI MÉRITE D'ÊTRE POSÉE
Si un salarié gagne 75 000 FCFA et consacre déjà 35 000 FCFA à son logement, soit près de la moitié de son salaire, comment peut-il supporter dignement le reste de ses dépenses si l'eau et l'électricité sont encore facturées séparément ?
À quel moment doit-il manger ?
À quel moment doit-il se soigner ?
À quel moment doit-il se déplacer pour aller travailler ?
À quel moment peut-il épargner ?
À quel moment peut-il aider sa famille ?
Le logement est un besoin fondamental. Il ne devrait pas devenir une charge qui étouffe complètement le revenu des travailleurs.
NOTRE APPEL
Nous appelons donc les locataires à lire attentivement les contrats, demander des explications et exiger que toutes les charges soient clairement précisées avant de s'engager.
Nous appelons également les bailleurs sérieux à jouer la carte de la transparence.
Et nous invitons les autorités compétentes à poursuivre les efforts visant à protéger les citoyens et à clarifier les pratiques dans le secteur locatif.
Dénoncer une difficulté n'est pas attaquer les propriétaires. Poser des questions n'est pas créer un conflit. Demander de la transparence n'est pas manquer de respect.
Notre objectif doit être simple :
UN LOGEMENT DÉCENT, DES PRIX COMPRÉHENSIBLES ET DES RÈGLES CLAIRES POUR TOUS.
Parce qu'un travailleur qui gagne 75 000 FCFA ne demande pas le luxe.
Il demande simplement de pouvoir travailler, se loger, manger, se soigner et vivre dignement.
✍️ Ablasse Kaboré alias Enfant Béni du Faso
Communicateur | Membre de la CNAVC des BIR-C | Soutien de la RPP | Manager d’artiste
Directeur de publication — Faso Stars News