Conseil Juridique La Haute Vision

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20/03/2020

Bonjour à tous et à toutes. Meilleure santé à tous ceux qui sont atteints de cette pandémie et courage à tous dans l'observation des règles l'hygiène. Le laxisme de ce gouvernement risque de coûter cher aux burkinabé. Qu'est-ce qu'il attend pour prendre des mesures drastiques pour lutter efficacement contre ce virus? A titre illustratif, nos marchés continuent d'être abondés de monde et le gouvernement est là qu'il prend des mesures. Est-ce que l'argent est-il supérieur à la santé ? Au moins il y'a des marchés qui ne sont pas indispensables pour notre vie à cette période. Prenons le cas du grand marché de ouagadougou, du zabre-daaga ou du 10yart. En quoi est-ce que nous ne pouvons pas nous passer des marchés ? Au grand marché on ne vend que des habits, plats et chaussures. Il en est de même au 10yart. Est-ce qu'on mange tout cela? En quoi peut-on pas se passer de tout cela. A zabre-daaba, il n'y a en principe que des portables et accessoires. Est-ce qu'on mange tout cela? Pourquoi ses éléments indispensables pour notre vont être des canaux de transmission de ce mal. Nos gares routières continuent d'être abondées de monde.

16/03/2020

Selon le professeur Dominique KABRE, "en situation de crise, le ministre en charge du commerce peut prendre des mesures temporaires contre des hausses excessives de prix(article 6 Loi 016-2017/AN portant organisation de la concurrence au BF). Au regard de l'augmentation excessive et désordonnée des prix des produits de protection contre le coronaviruis, le gouvernement serait avisé d'intervenir pour réglementer les prix de ces produits dans cette période de crise sanitaire". C'est très très regrettable et désolant de voir aujourd'hui au Burkina des prix des simples produits comme les "masques" ou l'alcool triplés voire quintuplés en un rien de temps à cause de cette pandémie. Pourquoi choisir d'être inhumain ou très ingrat ? Pourquoi l'argent seul vous intéresse dans cette vie? Des gens meurent et des gens se cherchent et vous tout ce que vous trouvez c'est une opportunité pour se faire de l'argent. C'est très difficile pour nous de qualifier vos actes. Vivement que ce gouvernement prenne ses responsabilité et à la limite punir ces gens à la hauteur de leur forfait.

23/02/2020

L'exonération de la responsabilité administrative

Tout fait dommageable de l'administration doit en principe être réparé. C'est en cela qu'est invoqué la responsabilité administrative.
Mais dans la réalisation d'un dommage il arrive que d'autres événements interfèrent et ces évènements sont différents du fait de l'administration raison pour laquelle ils sont qualifiés de causes étrangères ou causes exonératoires. Ce sont des hypothèses dans lesquelles la responsabilité administrative est écartée totalement ou partiellement. Il s'agit de la Force majeure, et la faute de la victime: ces deux causes exonératoires sont communes à tous les systèmes de responsabilité.

_La force majeure est un événement imprévisible (qu'on ne peut prévoir la survenance) dont les effets sont irrésistibles, et extérieurs aux parties. La force majeure exonère totalement lorsqu'elle est la seule cause du dommage et partiellement lorsqu'elle l'une des causes.

_la faute de la victime est le dommage survenu par l'intermédiaire de la victime: elle a participé à la réalisation du dommage. Cette faute peut exonérer totalement si elle constitue la seule cause et partiellement lorsqu'elle est l'une des causes.

À côté de la force majeure et la faute de la victime qui sont communes aux systèmes de responsabilité (responsabilités pour faute et sans faute), il existe d'autres causes exonératoires plus ou moins spécifiques. Il s'agit du cas fortuit et le fait du fait d'un tiers.

_Le cas fortuit: selon la Doctrine le cas fortuit est un événement imprévisible et irrésistible mais à la différence avec la force majeure c'est qu'il n'est pas étranger au défendeur, ce qui écarte le qualificatif de cause étrangère. Mais le C.E le considère comme une "cause inconnue" pour lui donner tous les caractères de la force majeure (C.E 11 décembre 1991, SONEXA). Le cas fortuit n'est recevable que sur le terrain de la responsabilité pour faute et ce dans tous les cas, et emporte exonération totale ou partielle selon qu'il soit la seule ou l'une des causes.

_Le fait du tiers est comme le cas fortuit à la différence qu'il n'est pas admis dans tous les cas de la responsabilité pour faute car il est irrecevable dans la responsabilité pour faute présumée comme pour les dommages des travaux publics subis par les usagers de l'ouvrage public.


⚖❤🛡

23/02/2020

Le concours d'infraction en droit pénal ?

En droit pénal général il existe deux sortes de concours:
le concours idéal (1) et le concours réel ou matériel ( 2)

Le législateur s'est contenté de l'expression « concours d’infractions » en restant à l’écart des controverses doctrinales. Il n'a évoqué ni de "concours réel" ni de "concours idéal".

En jurisprudence la notion de concours d’infractions recouvre des infractions multiples, identiques ou différentes.
Il s'agit des infractions consistant en des actes susceptibles d’être appréhendés séparément; ou ayant été commis en des temps ou des lieux différents voire sur des victimes différentes.

Le concours idéal = plusieurs faits liés entre eux

Il y a concours idéal d’infractions lorsque, par un seul et même fait, le délinquant se rend coupable de plusieurs infractions soit de même espèce, soit d’espèces différentes.
Il n’y a dans ce concours qu’un fait unique; il ne peut donc y avoir aussi qu’une peine unique, à savoir la plus forte.

L'exemple d’un individu qui abuse d’une jeune fille sur un chemin public. Le fait unique comporte trois violations de la loi pénale : le viol, l’outrage public, et les coups et blessures ou violences.

Le concours réel ou matériel = plusieurs faits séparés

L'hypothèse du concours matériel ou réel d’infractions est rencontrée lorsqu’un même individu commet plusieurs infractions distinctes qui ne présentent aucun lien particulier entre elles et pour lesquelles il n’a pas encore été jugé.

Le délinquant pouvant être jugé pour toutes les infractions en même temps ou séparément.

Exemples Tirés de la jurisprudence :
défaut de maîtrise d’un véhicule et délit de fuite, Crim. 18 mars 1992 B119
Blessures volontaires et omission de porter secours, 24 juin 1980 B202,
Enlèvement de mineurs et séquestration, 21 fév. 197 B 80
Détournement d’aéronef et prise d’otage, 22 nov. 1983 D1984 IR227
L’usage de documents obtenus indûment et le recel 26 avril 1983, B 117
Travail clandestin et non tenue d’un livre de paie 7 avril 1994 Dt pénal n° 220

Le point névralgique du concours d'infractions se situe dans ses effets au niveau de la détermination des peines.

On se limitera ici à mentionner quelques systèmes possibles sans rentrer dans le détail.

• le non cumul des peines,
• le cumul illimité
• les peines les plus fortes.


Le droit pénal français a évolué du principe de non cumul des peines vers l’application des peines les plus fortes.

En guise de conclusion, on doit retenir qu'il existe deux formes de concours d’infractions : le concours idéal et réel/matériel.
Dans le premier cas, l’auteur commet un fait matériel unique, et viole à la fois plusieurs dispositions de la loi pénale et constitue à lui tout seul plusieurs infractions. Dans le second, l’auteur commet plusieurs faits matériels successif, dont chacun constitue une infraction.

Quant est-il de votre système ?

Chers lecteurs et juristes, si vous avez compris, les deux concepts veuillez laissez un exemple de concours en commentaire en précisant la nature du concours (idéal ou réel).

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20/02/2020

⚖️ ⚖️

LA LIBERTÉ SOUS CAUTION

Le cautionnement dans le langage commun est une somme versée pour servir de garantie. En procédure pénale, il désigne une somme d’argent versée par un prévenu ou un inculpé pour servir de garantie d’une part à sa représentation en justice et d’autre part pour prendre en charge un certain nombre de frais en cas de procès. Le cautionnement est donc une somme versée par l’inculpé afin d’obtenir la mise en liberté.

C’est un substitut de la détention dans la mesure où tous deux assurent la représentation de l’inculpé et ne devrait être envisagé que dans la situation où la détention de la personne mise en cause est nécessaire.
Il est moins toutefois moins rigoureux que la détention, mais peut avoir la même efficacité selon les circonstances. La fortune remplace la personne elle-même comme gage de la justice.

La sanction du non versement de la caution est la détention.
La liberté sous cautionnement est traitée dans la partie consacrée à la détention provisoire du code de procédure pénale burkinabè.

Ainsi, selon l’article 261-91 du code de procédure pénale, la mise en liberté provisoire, dans tous les cas où elle n'est pas de droit, peut être subordonnée à l'obligation de fournir un cautionnement.

◾️L’objet de la caution

Aux termes de l’article 261-91 du code de procédure pénale, le cautionnement vise à garantir deux objectifs à savoir garantir :
1° la représentation de l'inculpé à tous les actes de la procédure et pour l'exécution du jugement ;
2° le payement dans l'ordre suivant :
a) des frais avancés par la partie civile ;
b) de ceux faits par la partie publique ;
c) des amendes ;
d) des restitutions et dommages intérêts.
Le cautionnement n’est donc pas une somme pour la justice mais une garantie. La décision de mise en liberté détermine la somme affectée à chacune des deux parties du cautionnement.

◾️ La détermination du montant de la caution
La loi ne donne pas d’indication sur comment est fixé le montant de la caution. Elle se borne à préciser que le juge qui décide de subordonner la mise en liberté au versement d’une caution, dans sa décision doit indiquer la somme affectée à chacune des deux parties du cautionnement à savoir les deux objectifs sus-évoqués ;
Le juge fixe donc discrétionnairement le montant de la caution. Toutefois, l‘inculpé montant doit être proportionné aux moyens pécuniaires de l’inculpé. Son taux doit être suffisant pour être une garantie sans être un obstacle à la liberté. Sont prises en compte dans la pratique judiciaire, les ressources de toute origine de l’inculpé, de même que sa situation personnelle, et l’importance du préjudice en cause.
Le cautionnement est fourni en espèces, billets de banque, chèques certifiés ou titres émis ou garantis par l'Etat. Il est versé entre les mains du greffier en chef du tribunal ou de la Cour.

◾️ Quel sort est réservé au cautionnement ?

La première partie du cautionnement c'est-à-dire celle destinée à garantir la représentation de l’inculpé, est restituée si l'inculpé qui comparait, et qui s’est soumis au contrôle judiciaire et à l’exécution du jugement. Dans le cas contraire, elle est acquise à l’Etat. Néanmoins, elle est toujours restituée en cas de non lieu ou de relaxe.
Elle est acquise à l'Etat, du moment que l'inculpé, sans motif légitime d'excuse, a fait défaut à quelque acte de la procédure ou pour l'exécution du jugement.
Néanmoins, le juge d'instruction en cas de non-lieu, la juridiction de jugement en cas d'absolution ou d'acquittement peuvent ordonner la restitution de cette partie du cautionnement.

La seconde partie du cautionnement c'est-à-dire celle affectée au paiement des frais est toujours restituée en cas de non-lieu, d'absolution, d'acquittement ou de relaxe.
En cas de condamnation, elle est affectée aux frais, à l'amende et aux restitutions et dommages intérêts accordés à la partie civile, dans l'ordre énoncé dans l'article 261-91. Le surplus est restitué.

Source : Tribunal de grande instance de Ouagadougou

Retrouvez l'article sur le site👇🏼
http://www.justice.gov.bf/index.php/2020/01/17/la-liberte-sous-caution/

27/01/2020

La loi pénale est d'interprétation stricte.
Sont seuls punissables les faits constitutifs d'une infraction à la date à laquelle
ils ont été commis.

26/01/2020

Nulle infraction ne peut être punie et nulle peine prononcée si elles ne sont
légalement prévues.

09/01/2020

Etats Unis - Iran: Le meurtre de Soleimani et le droit international

Le 3 janvier, des missiles lancés à partir d'un drone Reaper américain ont frappé deux véhicules quittant l'aéroport international de Bagdad. Au moins sept personnes sont mortes dans l'attaque, dont le commandant de la force iranienne Quds, le général Qassem Soleimani . Le 5 janvier, le major-général iranien Hossein Dehghan, qui serait le conseiller militaire du guide suprême iranien, a accordé une interview exclusive à CNN et a déclaré que l'Iran "riposterait directement contre les sites militaires américains". "

Ces meurtres et menaces sont au centre de ce bref article. Des développements sont en cours, mais suffisamment de choses se sont produites jusqu'à présent pour pouvoir analyser les principes pertinents du jus ad bellum .

Les assassinats et la riposte ont reçu une large couverture médiatique, contrairement à la plupart des attaques de drones, comme les 63 contre la Somalie en 2019 seulement. En ce qui concerne Soleimani, des journalistes se sont en fait interrogés sur la légalité du meurtre. Voir était-il légal de tuer un haut dirigeant militaire iranien? Une grande partie de l'attention s'est concentrée sur la question de savoir s'il s'agissait d'un «assassinat». Dans un appel aux journalistes, un responsable du département d'État américain a rejeté le terme «assassinat» pour caractériser les meurtres parce que «les assassinats ne sont pas autorisés par la loi». La réponse conduit à la question suivante, les meurtres étaient-ils légaux?

Le responsable a ensuite fourni l'analyse que les présidents américains ont apparemment invoquée pour justifier le meurtre avec des drones depuis 2002. (Voir Mary Ellen O'Connell, Game of Drones Game of Drones, Review Essay , 109 Am. J. Int'l L 889 (2015).) Il a appliqué deux critères à l'affaire: «'Avez-vous des preuves accablantes que quelqu'un va lancer une attaque militaire ou terroriste contre vous? Cochez cette case. La deuxième est: avez-vous des moyens légaux pour, par exemple, faire arrêter ce type par les autorités belges ou quelque chose? Cochez cette case, car personne n'allait arrêter Qassem Soleimani aux endroits où il courait - Damas, Beyrouth. Et donc vous prenez des mesures mortelles contre lui. »

Le président Trump a également fourni de nombreux tweets et autres remarques concernant une évaluation juridique. Il a dit qu'il avait ordonné l'attaque pour "empêcher une guerre", pas dans le cadre d'un conflit armé en cours avec l'Iran. Il a également utilisé des termes pertinents pour une affaire de légitime défense en vertu du jus ad bellum . Suleimani, selon Trump, «« complotait des attaques imminentes et sinistres contre des diplomates et des militaires américains, mais nous l'avons pris en flagrant délit et l'avons licencié ».

Le département américain de la Défense dans un bref communiqué de presse a également déduit la légitime défense. Les États-Unis ont pris «une action défensive décisive pour protéger le personnel américain à l'étranger… Le général Soleimani élaborait activement des plans pour attaquer les diplomates et les militaires américains en Irak et dans toute la région».

En dehors d'un conflit armé en cours, le premier recours à la force militaire est réglementé par le jus ad bellum . Le premier principe du jus ad bellumest l'interdiction du recours à la force, une norme impérative codifiée dans l'article 2 (4) de la Charte des Nations Unies. La seule exception possible à l'interdiction applicable en l'espèce est la légitime défense. L'exception est étroite. Certaines restrictions sont prévues à l'article 51 de la Charte des Nations Unies; d'autres dans les principes généraux du droit international. L'article 51 autorise le recours à la force militaire dans des missiles Hellfire transportés par des drones Reaper, en cas "d'attaque armée". La Cour internationale de Justice a souligné que l'attaque doit être «grave». La CIJ a fait valoir ce point dans plus d'un cas, mais étant donné les protagonistes actuels, il convient de citer le cas que l'Iran a intenté contre les États-Unis pour avoir utilisé la force militaire contre des biens iraniens qui ont fait des morts.

La CIJ a déclaré dans l' affaire Oil Platforms :

[…] Afin d'établir qu'il était légalement justifié d'attaquer les plates-formes iraniennes dans l'exercice du droit de légitime défense individuelle, les États-Unis doivent démontrer que des attaques ont été perpétrées contre eux dont l'Iran était responsable; et que ces attaques étaient de nature à être qualifiées d’attaques armées au sens de cette expression à l’article 51 de la Charte des Nations Unies et au sens du droit coutumier sur le recours à la force. Comme la Cour l'a observé dans l'affaire concernant les activités militaires et paramilitaires au Nicaragua et contre celui-ci, il est nécessaire de distinguer «les formes les plus graves de recours à la force (celles qui constituent une attaque armée) des autres formes moins graves» ( CIJ Recueil 1986, p. 101, par. 191), car «en cas de légitime défense individuelle, l'exercice de ce droit est subordonné à la condition que l'État concerné ait été victime d'une attaque armée» ( ibid ., P. 103, par. 195).

Plateformes pétrolières (Iran c. États-Unis), fond, arrêt du 6 novembre 2003, CIJ Recueil 2003, paragraphe 51.

En plus de l'attaque armée importante, le principe général de nécessité exige que la réponse militaire défensive soit un dernier recours et susceptible de réussir à atteindre l'objectif légitime de la défense. Le recours à la force ne doit pas être disproportionné au préjudice subi par l'État victime, et il doit viser l'État légalement responsable de l'attaque. Si l'attaque est terminée sans qu'aucune attaque subséquente ne se produise, il est peu probable que l'exigence de nécessité puisse être satisfaite. Ces attaques intermittentes nécessitent des réponses alternatives au recours à la force militaire, telles que des contre-mesures.

Dans Légalité de la menace ou de l'emploi d'armes nucléaires (armes nucléaires) , la CIJ a trouvé «une règle spécifique selon laquelle la légitime défense ne justifierait que des mesures proportionnées à l'attaque armée et nécessaires pour y répondre, règle bien établie dans droit international coutumier. »Cette double condition s'applique également à l'article 51 de la Charte, quels que soient les moyens de force employés. CIJ, Licéité de la menace ou de l'emploi d'armes nucléaires (armes nucléaires) , avis consultatif du 8 juillet 1996, CIJ Recueil 1996, 245, par. 41 (citant CIJ Recueil 1986, p. 94, par. 176).

La Cour a appliqué ces principes dans les plates-formes pétrolières pour constater à la fois que les États-Unis avaient soumis des preuves insuffisantes pour prouver que l'Iran avait mené des attaques contre ses navires. Même si l'attribution avait été prouvée, cependant, le tribunal doutait de la nécessité des contre-attaques américaines:

«[L] a Cour n'est pas convaincue que les attaques contre les plates-formes étaient nécessaires pour répondre à ces incidents. … [T] il n'y a aucune preuve que les États-Unis se sont plaints à l'Iran des activités militaires des plates-formes, de la même manière qu'ils se sont plaints à plusieurs reprises de minage et d'attaques contre la navigation neutre, ce qui ne suggère pas que le ciblage des plates-formes était considéré comme un acte nécessaire. […] Dans le cas de l'attaque du 19 octobre 1987, les forces américaines ont attaqué la plate-forme R-4 en tant que «cible d'opportunité», aucune autre précédemment identifiée comme cible militaire appropriée… »

Les faits du meurtre de Soleimani ne répondent pas à ces éléments de légitime défense. Les attaques qui ont déjà eu lieu soulèvent des questions d'attribution ainsi que de gravité, de nécessité et de proportionnalité. Plus important encore, la loi n'autorise pas le recours à la force militaire pour répondre à un prétendu plan d'attaque à l'avenir. Les responsables américains soulignent que les attaques étaient «imminentes». Le New York Times , cependant, a jeté un doute sur les rapports des services de renseignement qui ne soutiennent pas l'affirmation selon laquelle les attaques étaient «imminentes». L'idée qu'un droit de légitime défense est déclenché par une attaque «imminente» a été introduite pour la première fois par Derek Bowett à la suite de la crise de Suez comme justification de l'usage britannique de la force. «L'imminence» ne figure pas à l'article 51. Les mots réels sont «si une attaque armée se produit».

La nécessité et la proportionnalité ne peuvent être évaluées en ce qui concerne les attaques qui ne se produisent pas encore. Les demandes de droit d’empêcher de futures attaques ne satisfont pas aux exigences du jus ad bellum pour recourir légalement à la force. Voir Mary Ellen O'Connell, The Art of Law in the International Community (Cambridge University Press, 2019), chapitres 2 et 4. De plus, il n'est pas conforme à la légitime défense de désigner un seul commandant militaire. Le droit est pour un État de se défendre contre un autre État.

Notez que ces principes s'appliquent également à l'Iran. Le meurtre de Soleimani peut être attribué aux États-Unis, mais était-il suffisamment grave pour permettre à la force militaire de réagir? De plus, aucune réponse militaire ne visera désormais à arrêter et à repousser les attaques.

Sans justification en vertu de la jus ad bellum , la loi pertinente qui reste est celle des droits de l'homme en temps de paix. Cette loi indique clairement que si les États-Unis ont des renseignements selon lesquels Soleimani complotait des attaques contre le personnel américain en Irak, la réponse appropriée a été de transmettre les informations aux autorités irakiennes. Il était du devoir des Irakiens de protéger les Américains invités contre les actes criminels des autres sur leur territoire. L'Iraq est lié par le droit relatif aux droits de l'homme lorsqu'il s'agit de comportements criminels du type lié à Soleimani. Dans une affaire présentant certains parallèles, la Cour européenne des droits de l'homme a établi la norme: les autorités ne peuvent exercer une force meurtrière que lorsqu'elles sont «absolument nécessaires pour la défense des personnes contre la violence illégale». McCann et autres c. Royaume-Uni, EUR. Ct. HR, jugement du 27 septembre 1995, ¶148. De même, les Principes de base des Nations Unies pour le recours à la force et l'utilisation des armes à feu par les responsables de l'application des lois (« Principes de base des Nations Unies» ).

Dans le cas où les Irakiens n'auraient pas pris de mesures adéquates, les États-Unis peuvent assurer la sécurité de leur peuple en les évacuant d'Irak. Ironiquement, c'est ce que les États-Unis sont occupés à faire maintenant, car le danger pour les Américains a augmenté de façon exponentielle après le meurtre de Soleimani. Le Parlement irakien a voté pour le départ des forces américaines à la suite de la violation de leur souveraineté. Le recours illégal à la force n'a pas aidé les États-Unis. Il éloignera encore plus l'Iran de son objectif urgent de prospérité économique.

Auteur de l'article : Mary Ellen O'Connell

Source : https://www.ejiltalk.org

30/11/2019

⚖️ ⚖️

COMMENT PORTER PLAINTE EN JUSTICE ?

La plainte est l'acte par lequel une personne victime d'une infraction en saisi la justice. Elle peut être déposée contre une personne identifiée ou contre X, si l'identité de l'auteur des faits est inconnue.
La personne visée dans la plainte peut encourir des sanctions pénales (la prison, une amende...) et éventuellement des sanctions civiles (paiement de dommages et intérêts) si les faits objet de la plainte (infraction) ont causé un préjudice à la victime.
Elle peut également être déposée contre une personne morale (une entreprise, une association...).

• Qui peut porter plainte ?

Toute personne qui s’estime victime d'une infraction peut porter plainte.

• Où déposer la plainte ?

Le dépôt de la plainte peut se faire dans un commissariat de police, une brigade de gendarmerie pour être acheminée au procureur du Faso du lieu de commission de l’infraction.
Le dépôt de la plainte peut aussi se faire directement auprès du procureur du Faso.
Selon le premier alinéa de l’article 242-9 du Code de procédure pénale (CPP) du Burkina Faso, « le procureur du Faso reçoit les plaintes et les dénonciations et décide de la suite à leur donner ».

• Coût

Le dépôt d'une plainte est gratuit.

• Décision du procureur du Faso

-Si la plainte est faite devant l’officier de police judiciaire (à la police ou à la gendarmerie), celui-ci procède à une enquête appelée enquête préliminaire sous la direction du procureur du Faso.
-S’il est saisi directement, le procureur du Faso peut, une fois la plainte déposée, la renvoyer soit à la police ou à la gendarmerie pour des enquêtes complémentaires avant de décider de la suite à donner. Il peut également lui-même procéder à l’enquête (enquête à parquet).

A l’issue de l’enquête, il peut décider soit de poursuivre la personne en cause ou de classer la plainte sans suite.

-Si l’affaire paraît simple, le procureur du Faso peut procéder par la voie de citation directe pour saisir le tribunal.

La citation directe est l’acte par lequel la personne poursuivie est directement citée à comparaître devant le tribunal correctionnel. Elle est en principe faite par exploit d’huissier de justice (acte rédigé et signifié par un huissier).
En ce qui concerne le procureur du Faso, le Code de procédure pénale lui permet d’opter pour la procédure d’avertissement, sans passer par exploit d’huissier (article 322-12 du CPP).

Il faut noter que la personne victime peut aussi par la voie de citation directe, saisir le tribunal pour le jugement de son affaire.

Si l’affaire est qualifiée de crime ou est complexe, le procureur du Faso saisit le juge d’instruction. Le juge d’instruction va procéder à une investigation afin de réunir tous les éléments utiles à la manifestation de la vérité.

Le procureur du Faso peut décider de ne pas poursuivre dans certains cas :
-Lorsque les faits sont prescrits, le délai pour poursuivre est dépassé (en matière de crimes, la prescription est de 10 années révolues à compter du jour où il a été commis, si dans cet intervalle il n'a été fait aucun acte d'instruction ou de poursuite ; en matière de délit, la prescription est de 03 années révolues ; en matière de contravention, la prescription est de 12 mois) ;
-Lorsque l’enquête ne permet pas de conclure à l’existence d’une infraction pénale ;
-Lorsque la poursuite est inopportune.

Dans ce cas le plaignant reçoit un avis de classement sans suite qui indique le motif du classement.

S’il conteste la décision de classement sans suite, il peut former un recours auprès du procureur général ou déposer une plainte avec constitution de partie civile devant le juge d’instruction.

Une partie civile est une victime qui demande réparation financière du préjudice qu’elle a subi.

Pour tous renseignements vous pouvez vous adresser :
-Aux commissariats de police
-Aux brigades de gendarmerie
-Aux bureaux d’accueils et de renseignements des tribunaux de grande instance
-Aux avocats
-Aux huissiers de justice…

Direction de l’accès à la justice et de l’aide aux victimes (DAJAV) / Ministère de la Justice

Retrouvez l'article sur le site👉http://www.justice.gov.bf/index.php/2019/11/29/comment-porter-plainte-en-justice/

03/11/2019

: Grand banditisme : Le procureur requiert 20 ans de prison contre un étudiant âgé de 20 ans.

Ils sont au nombre de quatre, tous des jeunes âgés de 20 à 24 ans, mis aux arrêts en mi-mai 2019 pour des actes de violation aggravée de domicile, vols, extorsion de données informatiques, port illégal d’armes à feu et de munitions, actes de grand banditisme. Ces jeunes ont été traduits devant le Tribunal correctionnel de Ouagadougou le jeudi 24 octobre 2019.

Agé de 20 ans, un étudiant en 3è année de Sciences économiques et de gestion d’une université privée de la place et trois autres jeunes sont dans le pétrin depuis le mois de mai 2019. Traduits devant le Tribunal correctionnel de Ouagadougou ce jeudi 24 octobre 2019, ils ont reconnu les faits de vol avec usage et port apparent d’armes à feu, extorsion de données informatiques, port illégal d’arme à feu.

Il ressort de la déposition à la barre des prévenus qu’ils se sont introduits frauduleusement, de nuit, en escaladant le mur du domicile de leur victime où faisant usage d’une arme à feu et d’un couteau, ils l’ont ligoté et transmis plusieurs décharges électriques sur la victime pour la contraindre à donner le code de sécurité de son compte orange money. La victime, après avoir résisté, a fini par céder et a communiqué son code. Ses trois téléphones ont été emportés et un retrait de 450 000 francs a été fait sur son compte orange money.

Les jeunes ont laissé la somme de 50 000 francs dans le compte. L’étudiant en économie avait commencé par nier sa participation à l’infraction. Mais pas pour longtemps. Après une brève suspension demandée et obtenue par son conseil, il a reconnu avoir participé à l’opération comme l’avait soutenu ses trois codétenus qu’ils accusaient de le charger à tort.

Aujourd’hui, tous les quatre ont avoué leur faute, soutiennent être pleins de remords et ont dit leurs sincères regrets à la victime. L’enquête menée par la police a permis de récupérer plusieurs objets (des vélomoteurs et une Toyota Yaris que l’un des prévenus dit avoir gardé pendant deux semaines).
Selon l’avocat de la victime, son client a souffert de ces faits et a subi un préjudice énorme. « Il a perdu ses trois téléphones portables, son passeport, deux cartes bancaires, son portefeuille où il y avait des numéraires de près de 100 000 francs. 450 000 francs ont été retirés de son compte orange money. Il a perdu son permis de conduire. Après le forfait, les prévenus l’ont abandonné ligoté. Il a du se débattre et crier pour alerter le voisinage. Depuis plusieurs mois, il arrive à peine à dormir. Aujourd’hui, il a du mal à travailler. Son emploi est vraiment menacé. Au titre du préjudice moral, nous réclamons la somme de 20 millions et la somme de 561 000 francs comme frais exposés non compris dans les dépens », expose l’avocat.

Pour le parquet, les faits reprochés aux jeunes prévenus sont graves. « Ils se sont introduits dans le domicile de la victime en escalant le mur et c’était de nuit. Ce qui est une circonstance aggravante. Les prévenus ont ligoté et torturé la victime et l’ont contraint à donner le code de sécurité de son compte orange money », souligne le ministère public. Selon ses explications, « l’arme qui a servi à faire le braquage avait été confiée au père de l’étudiant mais ce dernier a réussi à la soustraire. Quand on regarde les circonstances de commission de ces faits, ça montre que ce ne sont pas des enfants de cœur. Ils sont très jeunes mais la violence avec laquelle ils ont agi montre qu’ils sont dans une logique d’évoluer dans le grand banditisme. Nous estimons qu’une sanction exemplaire doit leur être infligée pour qu’ils évitent des solutions de facilité », développe le représentant de la société.

Le parquet a requis une peine de 15 ans ferme avec 10 ans de sureté à l’encontre de deux des prévenus. Pour les deux autres dont l’étudiant âgé de 20 ans, le ministère public a requis 20 ans de prison ferme assortie de 15 ans de sureté et une amende d’un million ferme.

L’avocat du jeune étudiant a indiqué que son client a juste 20 ans. « Il a eu la licence à l’âge de 20 ans avec une moyenne de plus de 14/20. De la 6è à la 3è année, il n’a jamais eu moins de 14 de moyenne. Il a eu le Bac avec 15,92. Quand je regarde tout ça, je ne sais pas ce qui a bien pu lier le destin d’un jeune homme comme lui à des gens qui ne partent pas à l’école. Mais j’ai rapidement compris qu’il ne s’est pas amusé durant son parcours. Mais là, il a choisi un mauvais amusement parce qu’on ne s’amuse pas avec les armes. Je ne peux même pas essayer une discussion des infractions parce que le simple fait de participer à un vol avec une arme constitue un acte de grand banditisme. Je lui ai dit que si le tribunal le condamne à 20 ans, il en ressort à 40 ans. Mais quand vous allez entrer en délibération, je vous prie d’avoir à l’esprit l’article 612-4 du Code pénal qui dispose que le tribunal peut assortir la peine d’un sursis partiel. Monsieur le président, permettez-le de se réconcilier d’abord avec sa famille. La décision que vous allez prononcer doit donner la force à sa famille », a plaidé l’avocat du jeune étudiant.

Rendez-vous le jeudi 7 novembre prochain pour connaitre la décision du Tribunal.

En attendant, voici ce que prévoit le Code pénal en ce qui concerne les faits de grand banditisme :

Les actes de grand banditisme selon le Code pénal de 2018
Article 612-2 : « Sont notamment constitutifs d’actes de grand banditisme : ˗ le vol, lorsqu’il a été commis sur les chemins publics ou dans les véhicules particuliers ou servant de transport de voyageurs, de correspondances ou de bagages, dans les circonstances prévues à l’article 612-1 ci-dessus ; ˗ le vol, lorsqu’il a été précédé, accompagné ou suivi d’autre crime ; ˗ le vol commis avec usage d’arme ; ˗ le vol commis avec port d’arme apparente ou cachée ; ˗ le vol commis avec violence ou accompagné de tout acte de barbarie ou de torture ; ˗ le vol commis en faisant usage de procédés mécaniques ou chimiques ».

Article 612-3 :
« Est punie d’une peine d’emprisonnement de onze ans à l’emprisonnement à vie et d’une amende de cinq millions (5 000 000) à cinquante millions (50 000 000) de francs CFA, toute personne reconnue coupable d’acte de grand banditisme tel que défini aux articles 612-1 et 612-2 ci-dessus. Les dispositions du présent chapitre ne sont pas applicables en cas d’atteinte à la vie. »
Source: Loi n°25-2018/AN portant Code pénal

Source: journal bendre.

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