23/01/2026
Affaire Taïgla : l’un des événements criminels les plus marquants du Dahomey (actuel Bénin) dans les années 1970.
Au cœur de cette affaire se trouvait le couple André Léon Taïgla, lieutenant des Douanes, et son épouse Thérèse Hountondji. Ils vivaient à la cité douanière de Ganhi, une résidence de fonction située sur l’actuel domaine du Service d’intervention rapide des Douanes du Littoral/Atlantique, à côté de l’hôtel Azalaï de Cotonou.
Un foyer miné par les conflits conjugaux, alimentés par les infidélités répétées du mari.
Convaincue que son époux la délaissait et déterminée à hériter seule de ses biens, Thérèse tenta d’abord de le faire disparaître par des moyens mystiques (gris-gris). N’y parvenant pas, elle se résolut à chercher un tueur à gages.
En juin 1969, elle rencontre Christophe Babagbéto, un chauffeur au chômage vivant à Godomey, à une dizaine de kilomètres de Cotonou. À force de le fréquenter, elle entame avec lui une relation intime. Rongée par le désir de vengeance et d’appropriation, elle lui confie la mission de recruter des tueurs à gages.
Quatre hommes sont ainsi engagés. Thérèse leur promet 1 000 francs CFA chacun et un litre de sodabi. Une première tentative d’assassinat échoue, mais elle ne renonce pas.
Le 13 janvier 1970, elle revient à la charge, augmente la récompense à 8 000 francs CFA, et presse ses hommes de main d’en finir.
Dans la nuit du 16 au 17 janvier 1970, alors qu’André Taïgla rentre chez lui, les complices passent à l’acte. Dans le salon, Babagbéto tire sur lui avec un pistolet artisanal acheté à Cana par Thérèse quelques jours plus tôt. Le douanier esquive la b***e, mais reçoit aussitôt un violent coup de machette à la nuque, porté par Nouatin Agbessi dit Sodabi. Les autres complices, rejoints par Thérèse, l’attaquent à coups de couteau et de gourdin.
Avant l’assaut, Thérèse avait pris soin d’enfermer leur fille Clarisse, 13 ans, dans la cuisine, et d’attacher le chien de la maison