24/01/2026
CHAPITRE 1 – NATITINGOU, LA JEUNESSE PERDUE
À Natitingou, le jour commence tôt et finit t**d, mais il ne ressemble jamais à ce qu’on imagine.
Le soleil glisse sur les collines de l’Atacora et réveille les corps avant les esprits.
La ville semble tranquille pour les touristes qui admirent les Tata Somba ou la cascade de Kota, mais derrière chaque rue, chaque chemin, la vraie jeunesse lutte pour respirer.
Sotima Kòwon faisait partie de cette jeunesse. Mais il était différent.
Il n’allait pas souvent à l’école. Pas par paresse. Par nécessité.
Ses mains portaient des briques, labouraient des champs, transportaient des sacs de ciment, ou encore allaient chercher de l’or à Tchantangou.
À Natitingou, beaucoup de jeunes faisaient la même chose.
Certains travaillaient au marché comme commerçants, vendant un peu de tout pour nourrir la famille.
D’autres travaillaient la terre, mais les parcelles se faisaient rares depuis qu’on avait borné et vendu les champs.
Et la majorité ?
Elle creusait la terre à Tchantangou, à la recherche de quelques paillettes d’or, mais sans vrai objectif, sans plan.
Et puis il y avait le show.
Tous les jeunes aimaient le show.
La musique, les motos, les vêtements voyants, les téléphones dernier cri.
Les bistrots des dadjè (les Adja venus du sud) étaient pleins à craquer chaque soir.
L’alcool, les rires bruyants, les vidéos postées pour se montrer…
On vendait le rêve de la facilité, même si personne n’avait le contrôle de demain.
Certains semblaient riches et puissants.
Mais la majorité finissait à vide, épuisée, trompée par sa propre vanité.
Sotima passait devant ces bistrots, devant les salles de coût, devant les jeunes qui rêvaient de gloire rapide, et il ne parlait pas.
Il voyait la vérité que la plupart refusaient de voir :
On peut courir après l’or et le show toute sa vie…
Mais si on ne sait pas pourquoi on court, on finit par tomber.
À l’école, il s’asseyait au fond.
Fatigué, souvent en ret**d.
On disait de lui :
— « Il n’est pas sérieux. »
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