09/15/2026
« Longtemps, longtemps, la fable fit du Saguenay un monstre qui dévorait les marins assez audacieux pour s’y aventurer. On le disait tourmenté par des remous et des tourbillons dangereux, incessamment battu par des tempêtes ou des ouragans violents. Des barques de pêcheurs, empoignées par des trombes gigantesques, avaient été impitoyablement broyées sur ses rives inhospitalières, coupées à pic, sans abri, sans havre. »
- Joseph-Edmond Roy (1858–1913), 𝑉𝑜𝑦𝑎𝑔𝑒 𝑎𝑢 𝑝𝑎𝑦𝑠 𝑑𝑒 𝑇𝑎𝑑𝑜𝑢𝑠𝑠𝑎𝑐, cité dans 𝐻𝑖𝑠𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑄𝑢𝑒́𝑏𝑒𝑐, vol. 10, no 2 (2004)
https://www.erudit.org/fr/revues/hq/2004-v10-n2-hq1059863/11268ac/
Au tournant du XXe siècle, le Saguenay demeure associé à cette image de puissance et de danger. Dans la toile inachevée 𝑆ℎ𝑜𝑜𝑡𝑖𝑛𝑔 𝑡ℎ𝑒 𝑅𝑎𝑝𝑖𝑑𝑠, 𝑆𝑎𝑔𝑢𝑒𝑛𝑎𝑦 𝑅𝑖𝑣𝑒𝑟 (1905–1910), Winslow Homer représente une scène de canot dans les rapides, laissée inachevée à sa mort.
Entre 1897 et 1902, Homer séjourne à plusieurs reprises au Québec et s’intéresse aux paysages de rapides, aux cours d’eau et aux scènes de pêche. Selon le Metropolitan Museum of Art, la scène aurait été inspirée par une descente particulièrement risquée vécue lors d’un séjour dans la région. Le Saguenay y apparaît comme une épreuve physique, où la navigation expose directement l’homme à la puissance du courant et des éléments.
[Winslow Homer - Descente des rapides du Saguenay en canot (𝑆ℎ𝑜𝑜𝑡𝑖𝑛𝑔 𝑡ℎ𝑒 𝑅𝑎𝑝𝑖𝑑𝑠, 𝑆𝑎𝑔𝑢𝑒𝑛𝑎𝑦 𝑅𝑖𝑣𝑒𝑟), vers 1905–1910 | New-York, The Metropolitan Museum of Art]