09/02/2026
Source TVA / Hugo Duchaine
Lundi, 31 août 2026 00:00
DEUX SOEURS DÉNONCENT LE CALVAIRE QUE LEUR IMPOSE LE SYSTÈME SANTÉ DEPUIS DEUX ANS AFIN D'OBTENIR DES SOINS À DOMICILE POUR LEUR MÈRE SOUFFRANT D'ALZHEIMER.
« On demande de l’aide, on n’en reçoit pas et on se fait plutôt dire de baisser nos standards », rage Magali Cendon, qui vit à Sainte-Thérèse, au nord de Montréal.
En plus de son travail à temps plein pour une compagnie d’assurances, elle est proche aidante auprès de sa mère de 73 ans atteinte de la maladie d’Alzheimer, Danièle Cardinal
Elle avait aussi déménagé chez ses parents pour aider son père âgé. Avec sa sœur Carla Cendon, elle tente depuis 2024 d’obtenir de l’aide à domicile.
À quatre reprises, elle a contacté le 8-1-1 pour des soins. « On me disait toujours que ça prenait l’autorisation de ma mère, donc j’appelais et on me demandait de parler à une personne avec un diagnostic de démence », raconte avec découragement Magali Cendon.
Chaque fois, sa mère refusait les soins sans comprendre pourquoi et même si la famille avait un mandat d’inaptitude.
Lorsqu’une travailleuse sociale s’est finalement rendue à la maison, elle aurait notamment répondu à Mme Cendon de « baisser ses standards » pour les odeurs.
Car sa mère refuse fréquemment d’être lavée. Elle porte une couche et Magali Cendon souligne que la changer est un combat sans fin.
Sa mère peut aussi remplir des valises de vêtements et de bibelots, plusieurs fois par jour, parce qu’elle veut « rentrer chez elle ».
EMBOURBER LE SYTÈME
Carla Cendon se désole de devoir embourber le système de santé pour obtenir de l’aide.
« On nous dit de documenter, que ça prend des requêtes [...] Mais on ne va pas aller voir son médecin tous les jours », dit-elle.
Magali Cendon ajoute s’être fait proposer des répits d’une semaine en CHSLD, encore une fois pour documenter le comportement de sa mère. Mais elle craint que des déménagements constants n’empirent son état.
« Je n’aurais pas besoin d’une semaine de répit si on m’aidait à la maison », poursuit-elle.
Plusieurs appels à la travailleuse sociale sont restés sans réponse pendant des semaines, jusqu’à ce que Carla Cendon exige que leur dossier soit transféré à une autre. Les sœurs pourraient finalement obtenir un chèque emploi-service, mais elles ignorent quand et pour combien d’heures.
À BOUT DE FORCES
« Je n’ai plus de forces... Je suis déjà épuisée de mon quotidien sans avoir à me battre avec le système en plus, dénonce Magali Cendon. Mais tout ce qu’on me répond, c’est d’aller laisser ma mère à l’urgence si je ne suis plus capable. »
Par courriel, Santé Québec Laurentides assure que le délai moyen d’attente pour des soins à domicile est de 58 jours en juillet 2026 et que ce délai « peut varier selon le niveau de priorité d’un usager ». La priorité peut aussi être ajustée et réévaluée.