06/30/2015
QUE SE PASSE T-IL en GRAISSE, Source BMO Gestion des Actifs
Mardi 30 juin 2015
Dernières nouvelles
La Grèce a décrété un « congé bancaire » jusqu’au 6 juillet 2015, le gouvernement grec ayant annoncé la tenue d’un référendum sur les mesures d’austérité exigées par les créanciers du pays en échange d’un maintien de l’aide financière internationale. Outre la fermeture des institutions bancaires, les retraits de fonds ont été plafonnés à 60 euros par jour, et l’on a mis fin aux virements étrangers dans le but de prévenir une fuite des capitaux.
Résultats
Comme il fallait s’y attendre, il y a eu vente massive des actions de la zone euro, l’indice européen STOXX 600 chutant de près de 3 % à l’ouverture des cours lundi. Le rendement des obligations a été tout aussi volatil, le Bund allemand à 10 ans perdant 12 points de base pour s’établir à 0,79 %, tandis que les écarts sur les obligations d’État italiennes et espagnoles se sont élargis de 18 et de 17 points de base respectivement, reflet de la ruée du marché vers des titres de qualité.
Sur quoi portera le référendum?
En soi, la question portera sur l’acceptation ou le rejet par la coalition Syriza qui est au pouvoir des conditions posées par les créanciers; en réalité, il s’agit davantage d’un vote sur : a) le maintien en place de l’Administration actuelle, et b) la sortie, à court terme, de la Grèce de la zone euro. De récents sondages permettent de penser que la majorité des Grecs favoriseraient la poursuite des négociations afin d’éviter la sortie du pays (dite Grexit) de la zone euro. Cela étant, il se pourrait que la question posée au référendum mette l’accent sur une réduction préalable des rentes de retraite et sur d’autres mesures d’austérité encore plus sévères, ce qui entraînerait par réaction épidermique un Non qui scellerait l’issue du départ de la Grèce.
Que se passera-t-il ensuite?
Si le Non l’emporte, la volatilité des marchés augmentera certainement, ce qui provoquera une nouvelle hausse des titres de qualité et un élargissement des écarts de crédit, surtout parmi les obligations souveraines des pays périphériques de la zone euro. La gravité de la situation dépendra de la capacité de la Banque centrale européenne (BCE) de tenir son engagement à limiter la contagion des marchés financiers, comme elle le dit si bien, « par tous les moyens nécessaires ».
Inversement, il y a fort à parier qu’une victoire du Oui allègerait le climat et renforcerait les marchés dans l’immédiat, après quoi une aide financière à long terme garderait l’économie hellénique sous perfusion pendant encore quelque temps. Sur le plan politique, on pourra alors s’attendre à un remaniement du gouvernement, assorti de démissions, d’élections, ou de quelque autre événement qui aura pour effet un changement de la majorité au pouvoir à Athènes.
Comment les portefeuilles de BMO seront-ils touchés?
La conjoncture a pour principal effet une hausse de la volatilité, ressentie sur l’ensemble des marchés financiers. En termes purement économiques, les répercussions du manquement de la Grèce à ses obligations et de sa sortie subséquente de la zone euro restent limitées à l’échelle de l’économie mondiale, et pourraient même susciter un regain d’optimisme chez les investisseurs européens. La question du risque moral pourrait cependant se poser sur le long terme, la sortie de la zone euro créant un précédent; ainsi, le fait qu’un État membre en difficulté doive s’en aller laisse planer, pour l’avenir, le risque d’un « effet domino ».
Les principales catégories d’actif qui subiront les contrecoups d’une hausse de la volatilité cette semaine incluent :
les bons du Trésor américain et les obligations sûres - la course vers les titres de qualité pourrait provoquer une nouvelle baisse du rendement, surtout en raison de la semaine écourtée sur les marchés américains;
les actions de la zone euro - les indices sont sous pression, essentiellement du fait de la rotation des obligations à court terme. À plus long terme, on peut s'attendre à ce que les marchés se montrent plus sensibles aux répercussions éventuelles des fluctuations de l'euro : le dollar américain devrait notamment afficher des hauts et des bas;
les valeurs des marchés émergents - la Grèce a la distinction d'avoir déréglé non pas un, mais bien deux indices boursiers, vu son appartenance à la zone euro et son statut de marché émergent. La course généralisée vers les titres de qualité pourrait aussi accroître l'aversion du risque des investisseurs, et ainsi entraver les mouvements sur les marchés émergents, surtout en ce qui a trait aux valeurs émergentes en Europe.
Au nombre des divers risques macroéconomiques et géopolitiques de l’heure, la Grèce reste cependant un facteur mineur. Il est bien documenté que l’impact financier d’un défaut de paiement peut être géré à grande échelle, ce qui n’empêchera pas les entreprises et les petits pays qui entretiennent d’importants liens commerciaux avec la Grèce d’être touchés. De manière positive, il se pourrait, en fait, que les marchés boursiers accueillent favorablement cette tragédie grecque (pardonnez le jeu de mots ), qui viendrait assurément garantir le maintien des politiques monétaires conciliantes de la BCE et de la Réserve fédérale américaine au fur et à mesure que les marchés financiers du monde digèrent la nouvelle. « De faibles à taux à long terme », voici une des forces vives du rendement du capital-actions; sur ce plan, la fin du suspense entourant la dette grecque devrait fort probablement être perçue comme un élément positif.
Étant donné l’incertitude liée aux résultats du référendum et du court laps de temps qui y est associé, tenter d’ajuster la répartition de l’actif d’un portefeuille international pour profiter des résultats relèverait de la pure spéculation. Sur une période de douze mois, les principes fondamentaux des économies et des marchés en zone euro demeurent intéressants, d’autant plus que l’insularité naturelle de l’économie des États-Unis devrait continuer à protéger les valeurs sur les marchés américains, surtout si le relèvement des taux est reporté jusqu’en 2016.
Contrôle continu
Le « bruit de fond » que génère le dossier grec est surveillé de façon permanente depuis plusieurs mois par l’équipe de BMO Gestion mondiale d’actifs chargée de répartir les investissements. Outre plusieurs réunions tenues avec des stratèges externes à ce propos, nous continuons à collaborer avec nos collègues de F&C Asset Management de Londres. Au fur et à mesure que la situation évolue, l’équipe se penchera sur les effets éventuels de ce dossier sur les marchés financiers, et apportera les changements nécessaires à la répartition de l’actif.
SOURCE BMO GESTION DES ACTIFS