Suzie Chiasson-Renaud, psychoéducatrice

Suzie Chiasson-Renaud, psychoéducatrice Soutien professionnel destiné à une clientèle variée (enfants, ados, adultes) vivant des difficultés d'adaptation.

J'avais envie de vous partager une réflexion qui me trotte dans la tête depuis longtemps.J'entends souvent les mêmes inq...
06/23/2026

J'avais envie de vous partager une réflexion qui me trotte dans la tête depuis longtemps.

J'entends souvent les mêmes inquiétudes chez les parents : la peur de devenir trop permissif, la peur d'être trop sévère, la peur de créer un « enfant roi » ou, à l'inverse, d'abîmer la relation en mettant trop de limites.

Et si nous étions tombés dans un faux débat?

J'ai pris le temps d'écrire un article sur la place des émotions, des limites, de la frustration et du rôle de l'adulte dans tout cela.

Bonne lecture! 😊
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ENFANTS ROIS OU ENFANTS OBÉISSANTS : SOMMES-NOUS TOMBÉS DANS UN FAUX DÉBAT?

Quand la chaleur de la relation rencontre la solidité du cadre.
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Depuis quelques années, la parentalité bienveillante gagne en popularité. Pourtant, plus elle se répand, plus je constate une confusion importante quant à ce qu'elle signifie réellement.


Pour plusieurs parents, être bienveillant semble vouloir dire être doux, patient, à l'écoute des émotions, éviter les conflits et parfois même éviter les limites et frustrations. Comme si la bienveillance s'opposait à l'autorité ou au cadre.


À l'inverse, certains parents croient qu'il faut être plus ferme, plus strict ou moins sensible aux émotions pour maintenir leur rôle de parent. Derrière cette position se cache souvent une crainte légitime : celle que l'enfant finisse par dicter les règles, refuse les limites ou ne développe pas le respect de l'autorité. La peur de créer des « enfants rois ».


Or, ces deux visions passent à côté de l'essentiel.


La véritable parentalité bienveillante ne se situe ni dans la permissivité ni dans l'autoritarisme. Elle repose plutôt sur deux piliers d'égale importance : la relation ET le cadre.


D'un côté, l'enfant a besoin de se sentir vu, entendu et considéré. Il a besoin que ses émotions soient accueillies et qu'il sente qu'il occupe une place importante dans la relation avec ses parents.


De l'autre côté, il a tout autant besoin d'un adulte capable de prendre les commandes lorsque c'est nécessaire, de fixer des limites claires et de maintenir un cadre sécurisant.


Ces deux besoins ne s'opposent pas.


Ils se complètent.

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FAIRE UNE DEMANDE OU METTRE UNE LIMITE : CE N'EST PAS LA MÊME CHOSE
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L'une des confusions les plus fréquentes concerne la notion même de limite.


Souvent, les parents croient qu'ils mettent une limite alors qu'ils formulent en réalité une demande.


Par exemple :
« Éteins la télévision, s'il te plaît. » « On ne saute pas sur le divan! Assis-toi. »


Il s'agit d'une demande. L'action attendue repose entièrement sur l'enfant.


Si l'enfant ne répond pas, plusieurs parents répètent la demande, négocient, argumentent ou menacent, jusqu'à ce que la situation dégénère.


La limite, elle, est différente.


Une véritable limite implique que l'adulte agit lui-même.


Après avoir demandé à l'enfant d'éteindre la télévision ou d’arrêter de sauter dans le divan et de s’assoir une ou deux fois, le parent peut simplement se lever, se diriger vers la télévision et l'éteindre lui-même, ou se diriger vers l’enfant et le descendre du divan.


L'enfant n'a alors rien à faire.


La limite ne dépend plus de sa collaboration.


La responsabilité de la limite appartient à l'adulte.


Il est également important de préciser ce qu'une limite n'est pas.


Mettre une limite ne signifie pas faire peur à son enfant, l'humilier, le menacer ou utiliser la violence physique pour obtenir son obéissance.


La fonction d'une limite n'est pas de faire souffrir l'enfant suffisamment pour qu'il se conforme. Sa fonction est plutôt d'assurer la sécurité, de protéger certaines valeurs importantes ou de maintenir un cadre adapté à son niveau de développement.


Lorsqu'un parent éteint lui-même la télévision, empêche calmement un enfant de frapper, retire un objet lancé ou accompagne son enfant hors d'un endroit où il n'est plus capable d'agir de façon sécuritaire, il exerce son autorité.


Mais il le fait sans intimidation, sans humiliation et sans violence.


La véritable autorité ne repose pas sur la peur.


Elle repose sur la confiance qu'un adulte est capable de prendre les commandes lorsque c'est nécessaire.

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L'ATTITUDE DERRIÈRE LA LIMITE EST TOUT AUSSI IMPORTANTE
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Lorsque l'on parle de limites, on pense souvent à ce que l'on fait. Pourtant, la façon dont nous mettons la limite est presque aussi importante que la limite elle-même.


Une image que j'aime utiliser est celle du pilote d'avion.


Imaginez qu'un problème mécanique survienne en plein vol et que le pilote annonce que l'avion devra atterrir dans une autre ville que celle prévue.


Certains passagers seront probablement déçus, frustrés ou inquiets et manifesteront probablement leurs émotions à travers leurs réactions.


Le pilote ne changera pas sa décision parce que certains passagers sont mécontents.


Mais il ne les humiliera pas non plus.


Il ne leur criera pas après.


Il ne cherchera pas à les convaincre pendant vingt minutes que sa décision est la bonne.


Il prendra simplement les commandes et annoncera calmement ce qui doit être fait.


Sa confiance ne vient pas du fait que tout le monde est d'accord avec lui.


Sa confiance vient du fait qu'il sait qu'il assume une responsabilité qui lui appartient.


La posture parentale ressemble souvent davantage à celle d'un pilote qu'à celle d'un négociateur ou d'une personne qui cherche à imposer son autorité par la peur.


Nos enfants ne seront pas toujours d'accord avec nos décisions.
Ils ne les apprécieront pas toujours.


Ils réagiront parfois avec frustration, colère ou déception.
Mais notre rôle n'est pas d'obtenir leur approbation.


Notre rôle est d'assumer le cadre avec calme, confiance et bienveillance.


L'objectif n'est pas que l'enfant aime la limite.


L'objectif est qu'il sente qu'un adulte fiable est aux commandes. Et ça, c’est sécurisant.

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LES LIMITES NE SERVENT PAS SEULEMENT À CONTRÔLER LES COMPORTEMENTS
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Lorsqu'on parle de limites, plusieurs pensent immédiatement à la discipline ou à l'obéissance.


Pourtant, les limites jouent un rôle beaucoup plus profond.


Elles permettent à l'enfant de sentir qu'il peut s'appuyer sur un adulte capable de prendre les commandes lorsque c'est nécessaire.


Les enfants n'ont pas à porter la responsabilité de décider de tout, de négocier chaque règle ou de déterminer eux-mêmes où se situe le cadre.


Cela est souvent beaucoup trop lourd pour eux. Les enfants ont besoin de sentir qu'ils peuvent s'appuyer sur un adulte qui sait où il va. Lorsqu'ils sentent que personne n'est réellement aux commandes, cela peut être source d'insécurité et de stress, même s'ils ne sont pas en mesure de l'exprimer ainsi.


Paradoxalement, les enfants se sentent généralement plus en sécurité lorsqu'ils sentent qu'un adulte bienveillant assume cette responsabilité.


Petite parenthèse : si vous n'avez jamais entendu le numéro de Simon Leblanc sur son expérience en avion pour aller aux Îles-de-la-Madeleine dans son spectacle Malade, allez vous faire ce cadeau. Vous allez rire, mais vous allez aussi comprendre très rapidement pourquoi il est généralement rassurant de sentir que le pilote est confiant et aux commandes!


Bref, les limites ne sont donc pas seulement des outils pour gérer les comportements.


Elles sont aussi des outils de sécurité et de confiance.

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LA FRUSTRATION N'EST PAS UN PROBLÈME À ÉVITER
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Un autre grand piège de la parentalité est de considérer les émotions difficiles comme un problème à résoudre. Pour certains parents, cela se traduit par une tendance à vouloir éviter à leur enfant toute frustration ou déception. Pour d'autres, cela se manifeste plutôt par une difficulté à tolérer ces émotions lorsqu'elles apparaissent, comme si elles ne devraient pas exister ou devaient disparaître rapidement.


Pourtant, ni la frustration, ni la déception, ni la tristesse (ni aucune émotion d'ailleurs) ne sont des erreurs de parcours. Elles font partie intégrante de l'expérience humaine. Ce sont des expériences que nos enfants rencontreront inévitablement tout au long de leur vie.


Si nous souhaitons qu'ils apprennent à tolérer ces émotions, ils doivent d'abord avoir l'occasion de les vivre.


Un enfant n'apprend pas à gérer la frustration en étant constamment protégé de celle-ci ou en étant empêché de l'exprimer. Il apprend à la tolérer en faisant progressivement l'expérience de situations frustrantes, tout en étant accompagné par un adulte capable de demeurer présent et sécurisant.


Comme le rappelle souvent la psychoéducatrice Sarah Hamel :

« On ne peut apprivoiser que ce que l'on est autorisé à ressentir. »

Cette phrase résume parfaitement l'enjeu.


Lorsque nous cherchons constamment à éliminer les sources de frustration ou à faire disparaître rapidement les émotions difficiles de notre enfant, nous risquons involontairement de lui transmettre le message que ces émotions sont trop grandes, trop dérangeantes ou qu'elles devraient être évitées. Nous ne lui permettons pas d'apprendre à ressentir et à tolérer l'inconfort qu'elles provoquent. Nous lui apprenons plutôt à tout faire pour ne pas ressentir d'émotions difficiles, alors qu'elles sont inévitables. Or, pour développer une saine régulation émotionnelle, nous devons apprendre à tolérer ces émotions et à les exprimer de façon constructive.


À l'inverse, lorsque nous accueillons la frustration sans chercher à l'effacer, nous aidons l'enfant à découvrir qu'il est capable de traverser cette expérience et qu'elle finit par passer.


Notre rôle n'est pas d'empêcher nos enfants de rencontrer la frustration.


Notre rôle est de leur offrir la sécurité nécessaire pour apprendre qu'ils sont capables de la supporter.

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TOLÉRER L'ÉMOTION NE SIGNIFIE PAS TOUT ACCEPTER
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À ce stade-ci, une nuance importante s'impose.


Lorsqu'on affirme qu'un enfant a besoin de vivre de la frustration pour apprendre à la tolérer, cela ne signifie pas que nous devons accepter n'importe quel comportement sous prétexte qu'il est frustré.


La frustration est une émotion normale, saine et inévitable.


Les gestes de violence, eux, ne le sont pas.


Un enfant a le droit d'être fâché parce que la télévision est fermée.


Il n'a pas le droit de frapper son frère.


Il a le droit d'être déçu qu'on quitte le parc.


Il n'a pas le droit de lancer des objets sur les autres.


Il a le droit de protester, de pleurer ou d'exprimer son désaccord.


Il n'a pas le droit de blesser quelqu'un ou d'endommager
volontairement du matériel.


Toute la nuance se trouve là.


La parentalité bienveillante ne consiste pas à éliminer les émotions difficiles, mais à aider l'enfant à les exprimer de manière de plus en plus adaptée.


Cela implique aussi d'avoir des attentes réalistes envers son développement. Pendant plusieurs années, il est normal qu'un enfant exprime parfois ses émotions de façon inadéquate. Les capacités cérébrales qui permettent de réguler les émotions, tolérer la frustration et contrôler ses impulsions sont encore en développement. (Et ce, jusqu'à environ 25 ans!!! Ben oui! Avez-vous déjà côtoyé des adolescents? 😅 Seriez-vous prêt à affirmer qu'ils sont pleinement capables de réguler leurs émotions, de réfléchir avant d'agir et de contrôler leurs impulsions? Probablement pas... Et c'est parfaitement normal! Leur cerveau est encore en développement. La bonne nouvelle? Ça signifie justement qu'ils continueront à gagner en maturité et en capacité d'autorégulation au fil du temps. Cool, non? 😬). C'est précisément pour cette raison qu'il a besoin d'adultes capables d'accueillir ses émotions, de lui montrer des façons plus adaptées de les exprimer et de mettre les limites qu'il n'est pas encore capable de se donner lui-même.


Pour y arriver, l'enfant a besoin de deux choses simultanément : de l'accueil pour son vécu émotionnel et de limites claires pour ses comportements.


« Je comprends que tu sois frustré. Je vais t'aider à rester en sécurité. »

« Je vois que tu es très fâché en ce moment. Tu as le droit d'être fâché. Je ne te laisserai pas frapper. » (Concrètement, selon le contexte, cela peut signifier que je m'interpose, que je protège l'autre enfant ou que j'accompagne mon enfant vers un environnement plus sécuritaire par exemple. La responsabilité de maintenir la limite appartient alors à l'adulte (qui on se rappelle demeure confiant et en contrôle de ses propres émotions) et non laissée à la seule capacité d'autorégulation de l'enfant.)


L'émotion est reconnue.


La limite est maintenue.


L'enfant n'est ni abandonné à sa détresse ni puni pour ce qu'il ressent.


Entre la répression des émotions et l'absence de limites se trouve la posture bienveillante : celle d'un adulte capable d'accueillir pleinement l'émotion tout en demeurant ferme sur les comportements.


Nous n'avons pas à protéger nos enfants de la frustration, ni à les laisser seuls avec elle.


Nous avons à les accompagner à travers elle.


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LE VÉRITABLE DÉFI : LA RÉACTION DE L'ADULTE
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Si tout cela semble difficile à appliquer, c'est parce que ça l'est réellement.


Accueillir les émotions d'un enfant tout en maintenant une limite
claire exige beaucoup plus que de simples techniques parentales.


Cela demande à l'adulte de faire appel à ses propres capacités d'autorégulation, de tolérance à la frustration et de maturité affective.


Car soyons honnêtes : lorsqu'un enfant crie, s'oppose, proteste ou explose parce qu'une limite a été mise, cela vient souvent éveiller quelque chose en nous.


Nous pouvons nous sentir impuissants, attaqués, remis en question, jugés, rejetés, incompétents ou dépassés.


Nous pouvons ressentir de la colère, de la frustration ou avoir envie d'abandonner la limite simplement pour retrouver un peu de calme.


C'est pourquoi Dre Deborah MacNamara affirme qu'« il n'y a rien comme l'immaturité d'un enfant pour tester le niveau de maturité d'un adulte ».


Cette phrase ne vise pas à culpabiliser les parents.


Au contraire.


Elle nous rappelle que la parentalité est aussi une invitation à mieux nous connaître.


Parfois, ce qui rend la frustration de notre enfant si difficile à accompagner n'est pas seulement l'intensité de son émotion, mais ce que cette émotion vient réveiller en nous.


Avons-nous nous-mêmes appris à tolérer la frustration?


Avons-nous eu le droit d'être fâchés, déçus ou contrariés lorsque nous étions enfants?


Comment réagissons-nous lorsque les choses ne se déroulent pas comme prévu?


Comment nous sentons-nous lorsque quelqu'un n'est pas d'accord avec nous ou refuse de collaborer?


Les enfants ont cette étonnante capacité de mettre en lumière nos propres zones de vulnérabilité.


Et bien sûr, cela ne signifie pas que nous réussirons toujours.


Nous avons tous des moments où nous perdons patience, où nous
réagissons plus vivement que nous l'aurions souhaité ou où nous nous éloignons temporairement de nos propres valeurs éducatives. Et je m'inclus entièrement dans cette réalité.


L'objectif n'est pas d'être parfaitement calme, parfaitement régulé ou parfaitement bienveillant en tout temps.


L'objectif est plutôt de développer la capacité de nous observer avec honnêteté lorsque nous manquons la cible, de reconnaître notre part de responsabilité lorsque c'est nécessaire, de réparer la relation au besoin et de nous réajuster progressivement.


En plus de contribuer à la qualité de la relation, cette démarche nous permet d'incarner les valeurs que nous souhaitons transmettre à nos enfants. Nous voulons qu'ils apprennent à reconnaître leurs erreurs, à assumer la responsabilité de leurs gestes, à réparer lorsqu'ils blessent quelqu'un et à persévérer malgré les imperfections. En acceptant de faire ce travail nous-mêmes, nous leur offrons l'un des enseignements les plus puissants qui soient : l'exemple.


Comme nos enfants, nous sommes nous aussi en apprentissage.


La différence n'est pas dans le fait de ne jamais déborder. Elle réside davantage dans notre capacité à prendre conscience de nos réactions, à mettre notre ego de côté et à revenir vers la direction que nous souhaitons donner à notre relation avec nos enfants.


Au fond, la parentalité bienveillante n'est pas une destination. C'est un processus de réajustement constant.


Et c'est peut-être là que réside l'un des plus grands paradoxes de la parentalité : alors que nous croyons être en train d'élever nos enfants, eux aussi participent à notre propre développement.


La parentalité bienveillante n'est donc pas la recherche de la perfection.


C'est plutôt la volonté de revenir, encore et encore, vers cette posture exigeante où l'on cherche à offrir à son enfant ce dont il a besoin : une relation chaleureuse, des limites solides et un adulte suffisamment stable pour l'accompagner à travers les tempêtes émotionnelles.


Parce qu'au fond, les enfants n'ont pas besoin de parents parfaits.


Ils ont besoin de parents suffisamment bons, capables de reconnaître leurs erreurs, de réparer lorsque nécessaire et de continuer à grandir avec eux.

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Merci de m'avoir lue jusqu'ici. 💛

Si cette réflexion a résonné pour vous, n'hésitez pas à la partager ou à me dire ce qu'elle vous inspire.

— Suzie Chiasson-Renaud, psychoéducatrice

"Au début des années 1960, des chercheurs britanniques ont fait une découverte pour le moins préoccupante : les enfants ...
04/15/2026

"Au début des années 1960, des chercheurs britanniques ont fait une découverte pour le moins préoccupante : les enfants nés en été obtiennent généralement de moins bons résultats scolaires que leurs pairs⁷. [...] Ce phénomène, que les chercheurs appellent « l’effet d’âge relatif », fait que les individus les plus âgés d’une cohorte bénéficient d’avantages liés à leur maturité physique ou cognitive.

C’est parce qu’ils sont intellectuellement moins matures que les enfants nés en juillet, en août ou en septembre rencontrent des défis supplémentaires sur les bancs d’école. Ils ont plus de difficultés à se concentrer, à comprendre les consignes des enseignants et à se plier aux règles de la discipline⁹. Un récent rapport publié en Angleterre dévoile même que les enfants nés dans le mois précédant la date d’entrée en classe ont 20 % moins de chances d’étudier à l’université que leurs pairs. [...] Ce qui est étonnant, c’est que bien que l’impact de l’effet d’âge relatif ait été largement documenté en Europe comme en Amérique, celui-ci ne semble pas toujours être pris en considération dans le milieu scolaire, notamment au Québec.

Dans une recherche d’envergure parue en 2023, des chercheurs québécois ont découvert que les risques pour un enfant d’avoir un diagnostic de trouble déficitaire de l’attention (TDAH) dépendent grandement… de son mois de naissance. En effet, plus la date de naissance d’un enfant s’éloigne de la date d’entrée à l’école, fixée au 30 septembre, plus il est probable qu’il reçoive un diagnostic de TDAH¹¹. En examinant les données médicales de près de 800 000 jeunes qui ont grandi au Québec entre 1996 et 2005, les chercheurs ont montré que les enfants nés en septembre, c’est-à-dire les plus jeunes de leur cohorte, ont des taux de diagnostic et de médication du TDAH 35 % plus élevés que les élèves nés en octobre. La progression est linéaire, sans point de rupture.

*Voir la photo de la figure 2 ci-dessous.

[...] les enseignants, qui sont généralement les premiers à entreprendre des démarches en vue d’un diagnostic, éprouvent du mal à différencier les comportements immatures des troubles neurologiques. [...] une chose est certaine : les avantages systématiques dont bénéficient les enfants plus âgés découlent de la difficulté à prendre en compte le contexte social dans lequel ils évoluent."

Le même phénomène "d’effet d’âge relatif" est observé dans les ligues élites au hockey. *Voir la photo de la figure 1 ci-dessous. Les joueurs nés au premier trimestre (janvier à mars) sont toujours de 2 à 4 fois plus nombreux que les joueurs nés au dernier trimestre de l'année. Ainsi, un joueur né en octobre, novembre ou décembre à significativement moins de chances d'évoluer un jour dans une équipe professionnelle que celui né en janvier, février ou mars. Pas en raison de son talent, mais plutôt de la mise en place d’une date d’entrée complètement arbitraire.

-Tiré du livre "Pourquoi les Kevin ne deviennent pas médecins : Et autres phénomènes de société expliqués" , écrit par le sociologue Étienne Guertin-Tardif.

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223 Rue Jean Juneau, Saint-Augustin-de-Desmaures, QC
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