18/12/2025
Une statistique déconnectée de la réalité sociale
Entre 2022 et 2024, la réalité vécue par la majorité des jeunes Congolais contredit fortement l’annonce de la création de 1,8 million d’emplois. Dans les faits, aucun minimum significatif de jeunes qu’ils soient étudiants fraîchement diplômés ou licenciés n’a réellement retrouvé un emploi stable et décent.
D’abord, le chômage des jeunes reste massif et visible. Les universités continuent de produire des milliers de licenciés chaque année, mais le marché du travail demeure fermé, saturé et dominé par le clientélisme, le favoritisme et l’informel. Les diplômés errent entre stages non rémunérés, débrouillardise et chômage prolongé, sans perspectives claires d’insertion professionnelle.
Ensuite, les emplois évoqués dans ces statistiques sont, pour la plupart, précaires, informels ou temporaires. Vendre dans la rue, survivre grâce à des petits métiers journaliers ou être recruté sans contrat ni protection sociale ne peut sérieusement être considéré comme une création d’emplois digne de ce nom. Un emploi se mesure par sa stabilité, sa rémunération et sa capacité à garantir une vie décente, pas par une simple activité de survie.
Par ailleurs, aucune politique publique efficace d’absorption des jeunes diplômés n’a été mise en place. Les concours de la fonction publique sont rares, opaques ou inaccessibles à la majorité. Le secteur privé, quant à lui, reste faible, peu soutenu et incapable d’embaucher massivement faute d’un environnement économique favorable.
Enfin, si ces 1,8 million d’emplois existaient réellement, leurs effets seraient visibles : baisse du chômage des jeunes, amélioration du pouvoir d’achat, réduction de l’exode, diminution de la délinquance urbaine. Or, c’est l’inverse qui est observé.