08/03/2026
En Côte d’Ivoire, les femmes entreprennent partout.
Dans les marchés, les coopératives agricoles, les PME familiales, les start-ups, les entreprises de transformation...Elles produisent, transforment, distribuent, innovent.
Pourtant, une réalité demeure : leur contribution à l’économie reste encore largement sous-estimée et sous-financée. Une question s’impose : Peut-on réellement parler de développement sans libérer pleinement le potentiel entrepreneurial des femmes ?
Les femmes occupent une place centrale dans l’activité économique ivoirienne.
Elles sont particulièrement présentes dans : le commerce,
les services, l’agro-transformation,
les chaînes de valeur agricoles.
Dans certaines filières stratégiques, leur rôle est déterminant.
Dans la filière manioc par exemple, elles représentent : +/- 80 % des producteurs, +90 % des transformateurs, +90 % des commerçants.Les femmes interviennent dans la sécurité alimentaire, l’économie locale et la création d’emplois.
Cette force économique reste encore trop souvent confinée à des structures informelles ou à petite échelle.On estime qu’environ 15 % seulement des entreprises ivoiriennes sont détenues par des femmes.
Ce chiffre révèle un paradoxe :
les ivoiriennes entreprennent beaucoup, mais leurs entreprises n' accédent pas aux ressources nécessaires à leur développement.
Le principal frein : l’accès au financement. À cause de:
-manque de garanties financières,
-Accès limité à la propriété foncière,
-Petite taille ou informalité
Conséquence : des milliers de projets sous-financés, malgré leur potentiel de création de valeur et d’emplois. Aux difficultés financières s’ajoutent plusieurs obstacles :
l’accès limité aux réseaux d’affaires,
le manque d’accompagnement stratégique,
les contraintes socioculturelles,
l’accès encore insuffisant aux outils numériques et aux marchés internationaux.
Ceci ralentit la croissance d’ivoiriennes talentueuses et ambitieuses.
L’entrepreneuriat féminin doit évoluer hors de l’angle social. C'est un enjeu économique stratégique.Plusieurs leviers sont essentiels :
-Financements dédiés incitatifs,
-Accès aux garanties bancaires,
-Programmes de formation et de mentorat
-Réseaux solides de dirigeantes,
-Digitalisation et accès aux marchés internationaux.
Investir dans les entrepreneures ivoiriennes, c’est investir dans une croissance plus inclusive, durable et résiliente.
Le véritable enjeu est désormais de leur donner l’accès aux ressources, aux réseaux et aux opportunités qui leur permettront de changer d’échelle. Car lorsque les femmes réussissent en affaires, ce ne sont pas seulement des entreprises qui grandissent. Ce sont des communautés qui se développent, des familles qui s’élèvent et des économies qui se transforment.
Je suis convaincue que l’entrepreneuriat féminin n’est pas une question d’égalité, mais une décision économique stratégique. Agnes Bella Tavassi