18/08/2026
Non. Ce n’est pas toujours à cause d’une autre.
L’une des dynamiques qui reste un angle mort des histoires d’amour, c’est le retrait par auto-protection.
C’est bien plus courant qu'on ne le croit. On le confond souvent avec l'indifférence, la haine, la colère ou la présence d'un tiers.
De nombreuses compagnes pensent que le retrait partiel, ponctuel ou définitif de leur partenaires, c’est pour une autre.
Non.
On ne veut pas, parce que la confiance en soi n’y est plus.
Pour se proclamer mari d’une femme, il faut une sacrée dose de confiance en soi. C’est pour cela qu'il faut avoir réglé ses fébrilités intérieures et affûté son estime de soi avant de s’engager.
Quand on a la conviction qu’on est incapable de se choisir une femme alors on ferme la « porte » pour une hélas fragile et délétère solitude qui est malheureusement et parfois préférable à une compagnie peu rassurante.
Une femme ne remplace pas toujours une autre. La blessure infligée par la première et la non-réparation ou la non auto-réparation sont les éléments qui nourrissent le refus, le retrait, le silence, ou la défection.
Le problème de certaines compagnes, c’est qu’elles tapent (par ignorance ou de gré) là où il ne faut pas : l’estime de soi et la confiance (je ne parle pas d’ego).
L’estime de soi est la fondation, le ciment et le sang qui régule tout.
Être un mari, n’est pas le fruit d’un exploit phallique. Ce n’est pas l’héroïsme herculien d’une performance ou d’une brutalité coïtale. On ne devient pas non plus un mari après avoir défendue une thèse de psychanalyse ou de psychologie.
Un mari, c’est le résultat d’un équilibre et d’une ingénierie émotionnels.
Et si on ébranle cet équilibre, et bien il se rétracte. Ce qui impressionne les autres, c’est comment il recule. Ce n’est jamais la cause.
Ne plus vouloir de l’autre n’est pas l’expression d’un courage. C’est un symptôme. Se renier, ce n’est pas remplacer sa partenaire, c’est une tentative, certes maladroite, de se reconstruire.
La parole est de plus en plus blessante.
Et comme le loup qui affectionne la jugulaire, les partenaires de notre époque affectionnent les coups portés à l’estime de soi.
On est dans une société où on ne prépare plus à l’estime de soi, à la confiance en soi.
Il faut faire preuve de prudence quand on s’adresse aux autres. Tout le monde est fragile, y compris… soi.
Notre société exige la performance affective et la maturité relationnelle, mais elle n'enseigne nulle part la pédagogie de la reconstruction et de la résilience mentale et émotionnelle.
On attend des gens qu'ils assument des rôles exigeants tout en ignorant que beaucoup avancent le cœur à vif.
Prendre conscience de cela invite à une immense prévenance : chaque rencontre devrait être abordée avec la prudence d'un archéologue marchant sur un terrain fragile.
Pensez-vous qu'il soit possible de reconstruire cette estime de soi tout en étant déjà engagé dans une relation, ou ce travail exige-t-il obligatoirement ce passage par la solitude ?
C’est à chacun ou chacune de voir…