29/05/2026
L’agriculture joue un rôle majeur dans la lutte contre le changement climatique, je les ai illustrés ainsi qu’il suit :
1. La séquestration du carbone (Le sol comme éponge à carbone)
La photosynthèse permet aux plantes de capter le dioxyde de carbone (CO2) de l'atmosphère pour produire de la matière organique. En favorisant le stockage de cette matière dans le sol, l'agriculture devient un puits de carbone.
• L'apport de matière organique et la gestion des sols : L'application de compost, de fumier ou de résidus de récolte enrichit le sol en carbone stable. Des techniques comme le semis direct (sans labour) évitent de retourner la terre, ce qui empêche le carbone stocké de s'oxyder et de retourner dans l'atmosphère sous forme de CO2.
• Les cultures de couverture et engrais verts : Laisser le sol couvert en permanence par des plantes (comme les légumineuses) en dehors des périodes de culture principale permet de capter continuellement du carbone, tout en régénérant la fertilité des sols.
• L'agroforesterie : Associer des arbres aux cultures ou aux zones d'élevage permet de stocker le carbone à double niveau : dans la biomasse aérienne (le bois des arbres) et en profondeur dans le sol grâce à leurs systèmes racinaires développés.
2. La réduction des émissions de gaz à effet de serre à la source
Modifier les pratiques agricoles permet de réduire drastiquement les trois principaux GES ( gaz à effet de serre) émis par le secteur : le protoxyde d'azote (N2O), le méthane (CH4) et le CO2.
• Optimisation de la fertilisation azotée : Le N2O (un gaz au pouvoir réchauffant près de 300 fois supérieur au CO2) provient en grande partie de l'utilisation excessive d'engrais chimiques de synthèse. En adoptant des techniques de précision ou en intégrant des cultures fixatrices d'azote (comme le soja, le niébé ou le haricot), on réduit la dépendance aux engrais chimiques et donc les émissions.
• Gestion de l'eau dans les rivières et rizières : La riziculture inondée traditionnelle produit du méthane en milieu anaérobie (sans oxygène). Des techniques comme l'irrigation intermittente (alternance d'inondation et d'assec) permettent de réduire ces émissions de CH4 sans baisse de rendement.
• Amélioration de l'élevage : Une meilleure gestion de l'alimentation des ruminants (additifs naturels, fourrages de meilleure qualité) réduit la fermentation entérique (production de méthane). De plus, la valorisation des déjections (compostage, méthanisation) limite les émanations de gaz nocifs.
3. L'adaptation et la résilience des écosystèmes
Lutter contre le changement climatique, c'est aussi s'y adapter pour maintenir la sécurité alimentaire mondiale tout en protégeant la biodiversité.
• Amélioration de la structure du sol : Un sol riche en matière organique et en biodiversité (micro-organismes, vers de terre) possède une bien meilleure structure. Il agit comme une éponge : il retient mieux l'eau en période de sécheresse et limite l'érosion lors des pluies violentes.
• Diversification des cultures : Rompre avec les monocultures en introduisant des rotations complexes ou des associations de cultures renforce la résilience des exploitations face aux chocs climatiques et aux invasions de bioagresseurs (ravageurs, maladies).
• Conservation de l'eau : Les techniques agroécologiques (paillage, micro-irrigation, collecte des eaux de pluie) permettent de rationaliser l'utilisation de la ressource hydrique, devenue de plus en plus précieuse et instable.