25/02/2026
Au Cameroun, la malnutrition reste trop souvent abordée comme une urgence humanitaire.
Or, c’est avant tout un défi scientifique, économique et structurel.
Si nous voulons changer d’échelle, trois forces doivent être pleinement mobilisées et articulées : la recherche, les institutions universitaires et le secteur privé.
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1️⃣ La recherche : produire des solutions adaptées, pas importées
Les causes de la malnutrition varient selon les contextes agro-écologiques, culturels et socio-économiques. Pourtant, les réponses sont souvent standardisées.
Les centres de recherche ont un rôle stratégique à jouer :
• Générer des données locales fiables sur les carences nutritionnelles
• Évaluer l’efficacité des interventions
• Développer des formulations nutritionnelles adaptées aux réalités alimentaires locales
• Documenter les liens entre agriculture, climat et nutrition
Sans production scientifique nationale robuste, les politiques publiques risquent de s’appuyer sur des modèles exogènes, parfois mal adaptés.
L’enjeu est clair : transformer la connaissance en levier d’action publique et industrielle.
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2️⃣ Les universités : former le capital humain de la transformation
Les institutions universitaires ne doivent pas seulement former des diplômés, mais des acteurs de systèmes alimentaires durables.
Cela suppose :
• Des cursus intégrant nutrition, agro-industrie, santé publique et innovation
• Des incubateurs universitaires soutenant les startups agroalimentaires
• Des passerelles entre recherche académique et besoins industriels
• Une collaboration accrue avec les collectivités et les communautés
La malnutrition est un problème multidimensionnel. La réponse doit être interdisciplinaire.
Former des nutritionnistes, des ingénieurs agroalimentaires, des économistes de la santé et des entrepreneurs sociaux est un investissement stratégique pour l’avenir du pays.
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3️⃣ Le secteur privé : passer de spectateur à catalyseur
Le secteur privé est souvent perçu comme périphérique dans la lutte contre la malnutrition. C’est une erreur stratégique.
Il peut :
• Investir dans la production locale d’aliments enrichis et thérapeutiques
• Structurer des chaînes de valeur inclusives au bénéfice des petits producteurs
• Innover dans la transformation et la conservation des aliments nutritifs
• Participer à des mécanismes de financement hybrides pour soutenir l’innovation nutritionnelle
Mais cela exige un environnement incitatif : cadre réglementaire clair, normes harmonisées, accès au financement, partenariats public-privé crédibles.
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Les enjeux pour le Cameroun
• Réduire la dépendance aux solutions importées
• Stimuler l’industrialisation agroalimentaire
• Créer des emplois qualifiés
• Renforcer la souveraineté nutritionnelle
• Accroître la compétitivité régionale
La malnutrition freine le développement cognitif, affaiblit la productivité et pèse sur les finances publiques. Investir dans la recherche, l’université et le secteur privé n’est pas un luxe académique — c’est une stratégie de croissance.
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Perspectives crédibles
✔ Création de pôles d’excellence en nutrition et systèmes alimentaires
✔ Fonds compétitifs pour la recherche appliquée en nutrition
✔ Incitations fiscales pour les entreprises investissant dans les aliments nutritifs
✔ Plateformes nationales reliant chercheurs, décideurs et industriels
✔ Intégration systématique des résultats scientifiques dans les politiques publiques
La lutte contre la malnutrition ne se gagnera pas uniquement dans les centres de santé.
Elle se gagnera aussi dans les laboratoires, les amphithéâtres et les unités de transformation.
La question n’est plus de savoir si ces acteurs doivent être impliqués.
La question est : sommes-nous prêts à structurer leur contribution pour en faire un moteur de transformation nationale ?