03/06/2026
INTERDITE, MAIS À MOI
Chapitre 15
À cet instant, le monde entier pourrait s'écrouler, mes parents pourraient frapper à cette porte, rien ne m'arracherait à elle. Je la prends avec une telle intensité que je veux laisser mon empreinte indélébile au plus profond de son être. Je ne fais pas que lui donner du plaisir ; je grave mon nom dans chaque parcelle de son corps, je marque son âme au fer rouge de ma passion. Elle est ma femme, et je suis son roi.
Le sommet nous a foudroyés après des heures de "match" intensif. Nos corps sont en sueur, mais mon cœur bat la chamade. J’ai crié son nom jusqu’à ce que ma gorge se noue, et elle, elle m’a répondu dans un dernier souffle. Quand le calme revient, Maïra se blottit contre moi, son corps nu complètement offert. Je regarde ce cadeau du ciel et je dis merci à Dieu. Je la serre fort, comme si je voulais la "souder" à moi pour que plus personne ne nous sépare.
— Maïra... dis-moi la vérité, ma petite. Est-ce que tu regrettes ce qu’on vient de faire là ?
Elle lève ses yeux brillants vers moi, et je sens son cœur qui tremble.
— Je ne regrette rien, Jason. Jamais. Mais j’ai la frousse... j'ai une peur qui me gâte le sang.
— Peur de quoi ? Qui veut s'amuser avec toi ? dis-je en sentant mon sang de lion monter.
— C'est mon père, Jason... S'il apprend que je ne suis plus "propre", il va me tuer. Il va me finir, c’est sûr.
Elle se met à pleurer, de gros sanglots qui me déchirent le cœur. Je la prends dans mes bras pour la calmer.
— Et le fameux Tariq là ? Le gars dont tu me parlais dans les messages l’autre jour... C’est qui même ?
Quand elle me répond, j'ai envie de tout casser :
— C’est mon futur mari. C’est mon cousin éloigné, et c’est lui que mon père veut m’imposer.
La colère me sature le cerveau. Je savais déjà que je te voulais depuis qu'on est petits. Mais maintenant que je t’ai goûtée, maintenant que je sais que tu es ma femme, je ne vais pas rester là à regarder les mouches voler.
— Je vais te sortir de cette prison, tu m'entends ? Mariage forcé ou quoi, je m'en fous ! Tu es à moi seule. Promets-moi que tu vas te battre pour nous, que tu ne vas pas baisser les bras devant eux.
— Je te le promets, Jason, me répond-elle. Et là, je sens une force de titan monter en moi.
Le calvaire commence seulement. Si nos vieux nous empêchaient déjà de nous voir quand on était gamins, maintenant ça va être la guerre totale. Mais je suis prêt à tout, même si je dois "laisser ma peau" sur le terrain pour elle.
Je la porte comme un bébé jusqu’à la do**he. Je l’aide à se laver proprement, avec une douceur que je ne savais même pas que j’avais. On revient dans la chambre et je m’empresse d’enlever les draps où le sang a marqué notre union.
— Mince, mon amour... il se fait t**d ! panique-t-elle en regardant l'heure. Je dois vite rentrer, sinon le vieux va m'égorger s'il voit que je ne suis pas là.
— Je t’accompagne. Je vais aller "causer" avec ton père une fois pour toutes.
— Non ! C’est trop dangereux, tu vas tout gâter. Laisse-moi partir seule, si on nous voit ensemble...
— Je m’en fous qu’on nous voie ! On n’est plus des enfants ! coupé-je, mais ses yeux me supplient de ne pas faire de palabres ce soir…
Je l’aide à porter ses habits. Elle bouge lentement, elle a même mal. En descendant les escaliers, je vois qu’elle "claudique" un peu. Mon troisième pied ne l'a pas loupée du tout, j'ai bien travaillé le terrain. Je la regarde s'éloigner dans le noir, le cœur serré, mais avec une seule idée en tête : elle est à moi, et personne ne va me la barrer.
Cette scène est d'une violence et d'une tension insupportables ! On passe de la chaleur de l'étreinte à la brutalité froide de la réalité. Le contraste entre l'amour de Jason et la haine de l'Imam crée un suspense insoutenable pour tes lecteurs.
Je ne la laisse pas partir seule. On stoppe un taxi et je la serre contre moi tout le trajet jusqu'à leur quartier. Mon sang ne fait qu'un tour quand on approche de sa zone.
— Maïra, je descends avec toi. Je vais entrer là-bas et dire ses quatre vérités à ton père. Il faut qu'il sache que tu n'es plus sa petite chose.
— Non, Jason, je t'en supplie... Ne fais pas ça, ça va être le carnage, me lance-t-elle avec des yeux noyés de peur.
Je souffle un bon coup, le cœur lourd.
— D'accord, ma petite. Mais sache que je ne suis pas loin.
On se donne un dernier ba**er, un mélange de miel et de larmes, une promesse silencieuse dans le noir du taxi. Puis, elle descend.
Elle avance vers le portail, ses pas sont lourds, elle claudique encore à cause de notre "match" de tout à l'heure. Et là, le choc : la silhouette massive de son père surgit de l'ombre. Je reconnais direct ce méchant Imam, celui qui me regardait déjà comme un chien quand on était gamins. Sans même un mot, l'homme lève sa main lourde…
Paff ! Paff ! Paff ! Paff ! Quatre gifles sèches, électriques, qui déchirent le silence de la nuit. Maïra s'écroule brutalement sur le goudron, comme une poupée désarticulée. Une rage noire, une fureur de lion blessé explose dans mes veines. Je pose déjà la main sur la portière pour descendre et aller lui briser les os, mais au loin, à travers ses larmes et la poussière, elle me fait un signe désespéré de la main : "Ne viens pas. Reste là."
Le taximan, un vieux sage qui a tout vu, pose sa main sur mon épaule et me murmure en lingala :
— « Batela motema, elenge mobali. Soki okeyi kuna, okobebisa makambo nionso. Tika bango... » (Garde ton calme, jeune homme. Si tu y vas, tu vas tout gâcher. Laisse-les...)
Je bouillonne, je tremble de tout mon corps, mais je remonte dans le taxi. Le cœur en miettes, je regarde à travers la vitre comment ce monstre la traîne par le bras comme un sac de marchandises. Le portail se referme avec un bruit de prison, me laissant seul dans le noir avec une envie de meurtre et une promesse de vengeance qui me brûle la gorge. Ce vieux ne sait pas dans quoi il vient de mettre les pieds. Il vient de déclarer la guerre à un homme qui n'a plus rien à perdre.
***PdV de Ousmane Touré***
La fureur qui m’habite est une bête sauvage qui déchire ma poitrine. Moi, l’Imam Ousmane Touré, dont la parole est loi à la mosquée, je vois mon honneur piétiné par le sang de mon propre sang. Je la traîne sans aucune pitié, ma main serrée sur son bras comme un étau d'acier, ignorant ses sanglots qui souillent le silence de ma demeure. Arrivée dans sa chambre, je la projette au sol. Elle s'écroule, cette enfant que j'ai nourrie de versets et qui me répond aujourd'hui par la trahison.
Je décroche le fouet de cuir sombre, celui qui ne sort que pour les fautes impardonnables. L'air siffle déjà sous ma, menace.
__ « Fan nga nekkon ba léegi ? Wakh ma ko ! » (Où étais-tu jusqu’à présent ? Dis-le moi !) ma voix tonne, faisant vibrer les murs.
Elle tremble, recroquevillée sur le tapis, la marque de mes doigts encore brûlante sur sa joue.
— J’étais à l’université, papa... je te jure... les cours ont fini t**d...
__ « Dinga ma nekh ! Fen rek nga fi nekke ! »* (Tu te moques de moi ! Tu n'es qu'une menteuse !) hurle-je en faisant claquer la lanière au-dessus de sa tête.
Depuis quand l’université se transforme-t-elle en lupanar nocturne ? Elle a osé semer ses gardes, s'échapper comme une voleuse pour rejoindre ce vaurien, ce misérable qui n'est même pas digne de balayer le seuil de ma porte. Le premier coup de fouet cingle l'air et s'abat sur son dos avec un bruit sec, déchirant le tissu de sa robe. Elle pousse un cri strident qui me laisse de marbre.
__ « Ak kan nga nekkon ? » (Avec qui étais-tu ?) redemande-je, le regard injecté de sang.
Elle se tait, s'obstinant dans une mutinerie qui me rend fou. Je frappe encore, chaque coup étant une prière pour laver l'affront qu'elle inflige à notre lignée.
— C'est la fin, Maïra. Tu ne reverras plus jamais ce garçon de malheur. Tu es la fille d'un Imam ! Tu as grandi dans la lumière du Coran, et tu choisis de te vautrer dans la boue comme une traînée ? Je ne laisserai pas ton désir impur souiller le nom des Touré !
C'est alors qu'elle fait l'impensable. Elle se redresse, les yeux brûlants de larmes et d'une insolence nouvelle, et me hurle au visage :
— Papa, je ne veux pas épouser Tariq ! Je ne l'épouserai jamais !
L'outrage est total. Je lui assène un coup de fouet si violent qu'il la cloue au sol, le souffle coupé.
__ « Dinga ko takk, danga koy def soko bëggé soko banyé ! » (Tu vas l'épouser, que tu le veuilles ou non !) Ta voix n'existe pas ici. Ton seul droit est de m'obéir, de ramper s'il le faut, comme l'ont fait tes frères et sœurs.
Je me tiens au-dessus d'elle, monstre de droiture et de haine, la respiration saccadée.
— Tu ne sortiras plus de cette pièce. Cette chambre est ta tombe jusqu'au jour du mariage. L'université ? C'est terminé. Ta liberté ? Je l'enterre ici ce soir. Désormais, tu ne verras plus jamais le soleil, tu ne sentiras plus jamais le vent, tu ne seras qu'une ombre dans cette maison. Tu m'entends ? « Yaw ak sa aduna, fi la fëkk ! » (Toi et ton monde, ça s'arrête ici !)
Je sors en faisant claquer le verrou, le bruit du métal sonnant comme le glas de sa jeunesse. Ma colère ne s'éteindra que lorsque ce mariage aura lavé son péché dans le sang des traditions.
Je rentre dans ma chambre comme une tempête de sable, le souffle court et les poings encore serrés. Ma femme, Khadija, se lève précipitamment, l'inquiétude gravée sur son visage.
__ « Sama jëkkër, lan la ? Lan moy jafe-jafe bi ? » (Mon mari, qu'est-ce qu'il y a ? Quel est le problème ?)
Je la regarde avec un mépris que je ne cherche même plus à cacher. La rage me fait trembler les lèvres.
__. « Sa doom bi bëgg na ma yàq ! » (Ta fille veut me détruire !) Elle veut traîner l'honneur de cette famille dans la boue alors que je suis un Imam respecté ! « Astaghfirullah ! » (Je demande pardon à Dieu !) Comment a-t-elle pu oser ? Elle se comporte comme une mécréante, une égarée !
Khadija s'approche, les mains tremblantes, tentant de m'apaiser.
__ « Ousmane, calmel sa xol... (Ousmane, calme ton cœur...) C'est encore une enfant, elle va comprendre...
Je pète littéralement les plombs. Je repousse sa main comme si elle était impure.
— « Nopi l ! » (Tais-toi !) Elle a hérité cette bordelerie de ta famille, Khadija !
C’est ton sang corrompu qui coule dans ses veines et qui la pousse à la débauche !
« La hawla wa la quwwata illa billah ! »
(Il n'y a de force et de puissance qu'en Dieu !) Vous complotez toutes les deux pour me faire honte devant la communauté ?
Je fais les cent pas, l'esprit possédé par une seule idée : la vengeance.
__ Je ne vais pas rester ici à attendre que ce petit vaurien vienne encore roder autour de ma maison. « Wallahi ! » (Je le jure par Dieu !) J’irai personnellement rendre visite à ce garçon de malheur. Je vais lui montrer ce qu'il en coûte de toucher à la fille d'un lion. Je vais lui dire ses quatre vérités et s'il faut utiliser la force pour qu'il disparaisse de la vie de Maïra, je le ferai sans hésiter. « Bi idhni Llah ! » (Avec la permission de Dieu !) Ce gamin va regretter le jour où il a posé les yeux sur elle.
Je me détourne, ignorant les larmes de ma femme, déjà tourné vers ma prochaine cible. La guerre est déclarée, et je ne laisserai aucun survivant sur le champ de mon honneur.
Je jette un regard froid sur ma montre à gousset. L'heure sacrée n'attend pas les tourments des hommes. Malgré la tempête qui ravage mes sens, je dois m'acquitter de mon devoir envers le Tout-Puissant. C’est dans la discipline que je puise ma force pour briser les rebelles.
J'étale ma natte de prière avec une précision rituelle, orientée vers la Qibla. Je fais le vide, ou du moins j'essaie, car le visage de ce vaurien hante encore mes pensées. Je lève les mains à la hauteur de mes oreilles pour le Takbir initial.
— *« Allahu Akbar »* (Dieu est le plus Grand).
Je commence la récitation, ma voix s'élevant dans le silence pesant de la chambre, tandis que Khadija sanglote encore étouffée dans un coin.
— « Al-hamdu lillahi Rabbil-'alamin » (Louange à Dieu, Seigneur de l'univers).
—« Ar-Rahmanir-Rahim » (Le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux).
Chaque prosternation, chaque *Sujud*, est pour moi une demande de force pour écraser l'impureté qui s'est glissée sous mon toit. Mon front touche le sol, mais mon esprit est déjà sur le sentier de la guerre. Je conclus ma prière par les salutations finales :
— « Assalamu alaykum wa rahmatullah » (Que la paix et la miséricorde de Dieu soient sur vous).
Une fois la prière terminée, je ne ressens aucun apaisement, seulement une détermination froide et tranchante comme une lame. J'enlève mon grand boubou blanc, symbole de ma pureté de façade, et je le plie avec soin. Je monte sur mon lit, m'allongeant sur le dos, les yeux fixés sur le plafond sombre.
Dans l'obscurité, mon plan se dessine. Je ne vais pas seulement parler à ce garçon. Je vais l'anéantir !
socialement, moralement, physiquement s'il le faut. Je réfléchis à la meilleure façon d'en finir avec lui. Doit-il disparaître ? Doit-il être humilié devant tout le quartier ? Ou dois-je laisser Tariq et ses hommes s'occuper de son cas pour ne pas me salir les mains ?
« Wallahi », ce gamin a allumé un feu qu'il ne pourra pas éteindre. Je m'endors avec le goût de la vengeance sur la langue, imaginant déjà Maïra brisée et soumise, et ce Jason Mbemba réduit à néant. La nuit sera courte, car demain, le lion sort de sa tanière.
*** Khadija Maïra Touré***
Mon corps n'est plus qu'un brasier de douleur. Chaque sillon laissé par le fouet de mon père sur mon dos brûle comme de l'acide, me rappelant la violence de son courroux. Mais au milieu de ce calvaire, une image reste gravée dans mon esprit : le visage de Jason. Tout est allé si vite entre nous, une explosion de désir contenue depuis l'enfance.
Je me suis donnée à lui corps et âme, sans réfléchir, et je ne regrette rien. Absolument rien. S'il faut endurer mille autres tortures pour protéger ce lien sacré, je le ferai. Mon sang a coulé sur les draps, mais mon cœur, lui, a enfin trouvé sa maison.
À suivre
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