29/10/2022
: d'un aperçu à une réalité.
Du début des années 1980 jusqu’au début des années 1990, le solde du commerce
extérieur français connaît des déficits répétés. Ils s’expliquent essentiellement
par une incapacité à dégager des excédents avec les pays les plus industrialisés,
y compris ceux qui connaissent des coûts de main-d’œuvre élevés
(Japon, États-Unis, Norvège, Allemagne, Suède, Finlande), alors que la dynamique
commerciale mondiale profite au commerce Nord-Nord plus qu’au
commerce Nord-Sud (voir « Le Commerce international »). Contrairement aux
idées reçues, pendant cette période, la France dégage des excédents commerciaux
essentiellement dans ses échanges avec les Nouveaux pays industrialisés
et les pays en développement.
À ces facteurs structurels, peuvent s’ajouter des variables conjoncturelles.
Ainsi le déficit record de 1982 s’explique par la stimulation des importations
qui résulte de la politique de relance menée alors par les pouvoirs publics (voir
« Les politiques économiques »).
À partir du début des années 1990, le solde de la balance commerciale devient
excédentaire tant avec les pays industrialisés qu’avec les pays du Tiers-monde.
Cette situation s’explique :
– par des raisons conjoncturelles : la faiblesse de la croissance intérieure
(1990-1997) a contribué au ralentissement des importations et à la stimulation
des exportations ;
– par des raisons structurelles : accroissement durable de la compétitivité-prix
(effet de la désinflation) et stratégie industrielle efficace (Airbus…).
À partir de la fin des années 1990, le solde de la balance commerciale connaît
une période d’excédents. À partir de 2003, un retournement s’amorce, la
balance commerciale redevient déficitaire, elle le reste jusqu’en 2012.
Ces soldes négatifs de la balance commerciale ne s’expliquent pas uniquement
par le fait d’un « euro fort » ou par le surenchérissement de la facture
pétrolière. L’économie française, dans ses exportations, est trop orientée :
– sur des types de production à moyenne valeur ajoutée et à degré de technicité
également moyen, soumis par conséquent à une concurrence accrue de
la Chine et de l’Inde ;
– sur des secteurs à faible élasticité revenu (biens de consommation finale,
industries agro-alimentaires) contrairement aux exportations allemandes
centrées sur des secteurs à forte élasticité (biens d’investissement) ;
– sur des zones géographiques en déclin relatif ou plus exactement en situation
de « croissance molle », deux tiers des exportations françaises sont réalisées
à destination de l’Union européenne, la moitié à destination de la
zone euro.
Par ailleurs, selon O. Montel Dumont, « Le tissu industriel allemand est plus propice
aux performances à l’exportation : il se compose d’un plus grand nombre de
PME innovantes et de taille suffisante pour se risquer à l’international. L’Hexagone
souffre d’un déficit important en entreprises de 200 à 600 salariés. Ses performances
en matière d’innovation sont des plus médiocres, comparées aux économies les plus
développées, ce qui est à mettre en relation avec la faiblesse de l’effort en matière de
recherche et développement. Or, dans un monde caractérisé par la globalisation des
échanges et le durcissement sans limites de la concurrence, un tissu de PME innovantes,
plus réactif aux mutations de la demande, constitue un atout solide ».
Voilà une réalité qui continue de rendre la balance commerciale de l'hexagone déficitaire, ce déficit de nos jours est dû à la crise pétrolières suite au conflit 🇷🇺 Russo-Ukrainieenne.
Rien que pour la France :
-Le taux d'inflation dans le secteur énergétique s'élève de 40,8%
-Et l'alimentation 11,8 %.