24/05/2026
GUIJARRO A ÉTEINT MELCHIE AUJOURD'HUI, MAIS SA LUMIÈRE RESTE EN ROUTE POUR L'ÉTERNITÉ
Par Patrice Dumont
Jamais, vraiment jamais, je n'ai vu Melchie Dumornay aussi neutre dans un match. Le début de match inquiétait déjà. Jusqu'à la 12e minute, la "petite déesse" n'avait touché que deux ballons. Comment cela a-t-il été possible?
Trois causes conjuguées possibles;
1- Elle s'est engluée dans le collectif innervé des Lyonnes qui ont payé cher le rythme ultra rapide que leur ont imposé les Barcelonaises;
2- Possible que les émotions dues à sa désignation de meilleure joueuse de la saison en France ont brûlé son énergie.
3- Plus clairement, le marquage individuel exercé contre Melchie par Patricia Guijarro (dossard 12) a éteint sa créativité et son mordant.
Jamais, on n'a vu la vraie championne. Barcelone a coupé toutes les artères entre Melchie et ses partenaires. Et quand elle fuyait sa zone de prédilection, le cœur du jeu, et qu'elle pouvait recevoir le ballon, c'était pour le remettre immédiatement, soit par une passe courte insignifiante, soit par un centre long qui ne trouvait jamais preneuse. Comme si la punition défensive imposée à la favorite du Ballon d'Or féminin 2026 ne suffisait pas, sa dompteuse du jour offrit la passe décisive à Pajor pour le premier but catalan, symptomatique des déboires melchiennes, puisque on a vu la dite Guijarro déposer systématiquement, sur près de 30 mètres, notre Melchie qui essayait pathétiquement de la poursuivre. Cette course impuissante de Melchie m'a rappelé celle de Messi battu à plate couture par Kaka lors de l'Argentine-Brésil du 3 septembre 2006 (3-0 pour le Brésil).
Trois autres buts catalans ont suivi. Et Melchie n'a jamais pesé sur le match. Peser, sans doute pas! Mais, on le sait, comme j'aime à le dire, même quand il marche, l'oiseau montre qu'il a des ailes.
Il n'y avait pas plus que dix minutes que Chawinga était entrée en jeu qu'elle reçut une très belle passe de but de Melchie. Mais la Malawite perdit le duel avec Catalina Coll, la portière catalane.
Décidément, jour de grande tristesse pour la plus grande footballeuse haïtienne, toutes générations confondues. Melchie devra retenir cette leçon pour apprendre comment se sortir du marquage individuel. Par ailleurs, cet échec ne signifie pas la fin de nos illusions de Ballon d'Or. De bonnes vacances pour Melchie. Qu'elle recharge ses accus pour le dernier trimestre de 2026, le rendez-vous du Ballon d'Or.
Patrice Dumont