Panama Le Bon Choix

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27/09/2025

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08/08/2025
Haut les drapeaux au canal(Panamá) Il y a beaucoup, beaucoup de drapeaux panaméens qui jouxtent la route qui mène aux éc...
18/03/2025

Haut les drapeaux au canal

(Panamá) Il y a beaucoup, beaucoup de drapeaux panaméens qui jouxtent la route qui mène aux écluses de Miraflores, une des installations les plus cruciales du canal de Panamá. Parfois, ce sont des parterres entiers sur lesquels les fanions bleu-blanc-rouge ont été plantés.

Une démonstration de fierté nationale en réponse aux menaces de Donald Trump qui ne cesse de répéter qu’il va prendre le contrôle de la voie maritime ? Certainement.

Mais ces drapeaux sont surtout un rappel que le 1er janvier, le pays d’Amérique centrale a célébré en grande pompe le 25e anniversaire de sa souveraineté sur le canal et sur la bande de terre qui l’entoure, rebaptisée la Zone, que les Américains ont monopolisée pendant plus de 80 ans.

Signe de la fierté nationale que représente le canal, des Panaméens ont manifesté à la veille de la visite du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, à la fin du mois de janvier.

Aujourd’hui, le canal représente 10 000 emplois. Une opération qui fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Et, avec le tourisme, la principale source de revenus du pays d’Amérique centrale qui a une petite population – à peine 4 millions –, mais de grandes ambitions.

C’est aussi une sacrée leçon d’histoire et de géopolitique, ai-je pu constater lors de ma visite du fameux canal pendant les vacances de la relâche.

Les Américains n’ont pas été les premiers à vouloir utiliser l’étroit isthme de Panamá pour relier l’Atlantique au Pacifique. Les Espagnols, qui y sont débarqués en 1501, ont tenté leur chance, mais ont fini par se perdre dans la forêt tropicale.

En 1880, le français Ferdinand de Lesseps, qui a donné au monde le canal de Suez, a été le premier à proposer un projet ambitieux pour creuser une voie maritime au Panamá en tranchant les montagnes. Dans le cas des Français, c’est la corruption autant que les moustiques meurtriers qui ont eu raison du projet. Les Américains ont pu racheter le tout pour une bouchée de pain.

L’ingénieur français Ferdinand de Lesseps

En 10 ans, ils ont réussi l’exploit de compléter le canal grâce à des avancées technologiques et à la création d’un immense lac, mais aussi en traitant beaucoup mieux les travailleurs qui participaient à l’immense chantier. En échange, ils ont eu le droit d’exploiter le canal pendant un siècle grâce à un traité d’un autre âge qui, en gros, dépossédait les Panaméens. Coupait leur pays en deux.

Sans grande surprise, un mouvement de fronde est né au sein de la population du pays et le canal est devenu un symbole de colonialisme éhonté.

Quand, en 1977, Jimmy Carter a signé un traité pour recéder le canal au Panamá avant la date d’échéance de l’entente initiale, il s’est débarrassé d’une patate chaude qui lui brûlait les mains.

Le traité n’a d’ailleurs pas empêché les Américains d’envahir le Panamá en 1989 pour mettre à la porte le président Manuel Noriega, un ancien collaborateur de la CIA. Plus de 200 civils ont été tués lors de cet épisode que les Panaméens ont toujours sur le cœur.

Depuis, le pays d’Amérique latine a accepté un statut de neutralité. Et conséquemment, il n’a pas d’armée. Seulement une police plus musclée pour protéger ses frontières. Aussi bien dire à peine une épée de plastique devant l’arsenal américain.

C’est donc sans grande surprise que le Panamá a tenté d’apaiser le président Trump de toutes les façons possibles après que ce dernier a refait planer la possibilité d’une invasion sur le pays. Le prétexte : l’influence grandissante des Chinois sur le canal.

Pour montrer patte blanche, le président José Raul Mulino a retiré son pays du programme chinois des nouvelles routes de la soie.

La compagnie hongkongaise qui exploitait les deux ports aux extrémités du canal a cédé sa place à un consortium américain, au cœur duquel on trouve le géant BlackRock. À noter que ces ports sont distincts des opérations du canal.

« C’est une sortie d’autoroute élégante à une crise qui semblait insoluble », a dit au sujet de cette transaction le directeur du programme latino-américain du Wilson Center, Benjamin Gedan.

Le président panaméen a même voulu faire une fleur au président Trump en acceptant des avions de migrants de pays tiers expulsés des États-Unis par la nouvelle administration.

Malgré toutes ces concessions, Donald Trump ne lâche pas le morceau et affirme qu’il est en train de reprendre le contrôle du canal.

C’est une fiction. Sur le terrain, le Panamá est aux commandes, mais le pays se sait plus vulnérable que jamais.

Cet épisode devrait servir de leçon au Canada. Se plier en quatre pour répondre aux demandes de Donald Trump – surtout quand ces dernières sont basées sur des prétextes – ne donne pas de résultats. Les concessions semblent même attiser la cupidité du locataire de la Maison-Blanche. Son arrogance.

Le Canada a suivi le même chemin que le président panaméen en investissant 1,3 milliard pour renforcer la frontière et en nommant un « tsar du fentanyl » pour calmer les ardeurs tarifaires de Donald Trump, et ce, même si ce sont les États-Unis qui sont les « exportateurs nets d’immigrants illégaux, d’armes illégales et de drogues illicites vers le Canada », pour reprendre les mots de la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, lors de son entrevue récente avec Christiane Amanpour à CNN.

S’il faut se fier à l’histoire panaméenne, c’est la résistance plutôt que l’accommodement qui finit par avoir raison du zèle impérialiste américain. D’ailleurs, le président Mulino semble s’en être souvenu. Il vient de libérer les migrants expulsés par les États-Unis que son pays détenait dans un camp au milieu de la jungle.

Le groupe hongkongais Hutchison va céder ses ports du canal de Panama à un consortium américainDeux ports situés près du...
18/03/2025

Le groupe hongkongais Hutchison va céder ses ports du canal de Panama à un consortium américain

Deux ports situés près du crucial canal de Panama et détenus par le géant hongkongais Hutchison vont être cédés à un consortium américain mené par la société d’investissements BlackRock, en vertu d’un accord de principe conclu quelques semaines après des menaces du président américain, Donald Trump.

Ce consortium, constitué également de Global Infrastructure Partners (GIP, dont le rachat par BlackRock a été finalisé en janvier) et de la société Terminal Investment, a prévu de débourser près de 19 milliards de dollars, en incluant une dette nette de 5 milliards de dollars.

Les parties sont entrées dans une période de négociations exclusives de 145 jours, ont-ils précisé dans un communiqué commun et une déclaration à la Bourse de Hong Kong.

Ce projet de cession intervient au moment où Washington ne cesse de dénoncer, depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier, une supposée emprise chinoise sur le canal de Panama.

« Je voudrais insister sur le fait que la transaction est de nature purement commerciale et totalement sans rapport avec les récentes informations de presse en matière politique concernant les ports du Panama », a néanmoins relevé Franck Sixt, un responsable de CK Hutchison, cité dans le communiqué.

« Cette transaction est le fruit d’un processus rapide, discret mais compétitif au cours duquel de nombreuses offres et marques d’intérêt ont été reçues », a-t-il précisé.

Dans la même veine, le gouvernement panaméen a réagi en insistant dans un communiqué sur le fait qu’« il s’agit d’une transaction mondiale, entre entreprises privées, motivée par des intérêts mutuels ». Il a également indiqué que l’audit entamé par les autorités panaméennes et destiné à vérifier que Hutchison Ports PPC (aussi connue comme Panama Ports Company), la filiale qui exploite actuellement ces ports, respecte ses engagements financiers, « doit se poursuivre ».

CK Hutchison est un immense empire commercial, fondé par le milliardaire hongkongais Li Ka-shing.

Sa filiale Hutchison Ports PPC (aussi connue comme Panama Ports Company, PPC) gère depuis 1997 le port de Cristobal, du côté Atlantique du canal, et celui de Balboa, du côté Pacifique. Elle a obtenu une première concession de 25 ans, qui a été prolongée de 25 ans en 2021.

5 % du commerce maritime mondial
Le canal, construit par les États-Unis et inauguré en 1914, est passé aux mains des Panaméens en 1999 dans le cadre de traités bilatéraux.

Les États-Unis et la Chine sont les deux principaux utilisateurs de ce passage reliant les océans Pacifique et Atlantique, par lequel transite 5 % du commerce maritime mondial.

Mais Donald Trump a menacé de « reprendre » le canal au motif qu’il est, selon lui, exploité par la Chine. « La Chine exploite le canal de Panama, et nous ne l’avons pas donné à la Chine, nous l’avons donné au Panama. Et nous allons le reprendre », avait asséné M. Trump en janvier lors de son discours d’investiture.

Washington a également considéré comme une « menace » le fait qu’une entreprise liée à la Chine exploite des ports aux abords du canal, alors que cette voie d’eau est gérée et administrée par une entité panaméenne autonome.

En vertu de l’accord de principe, le consortium doit mettre la main sur 90 % de PPC — qui détient et opère les ports panaméens de Balboa et de Cristobal — ainsi que sur 80 % d’une filiale détenant et opérant 43 ports dans vingt-trois autres pays.

En revanche, le groupe CK Hutchison doit conserver HPH Trust, société opérant les ports de Hong Kong, de Shenzhen ainsi que d’autres infrastructures portuaires chinoises, a précisé le communiqué.

Selon le responsable de CK Hutchison Franck Sixt, cette opération est « clairement dans le meilleur intérêt des actionnaires » du groupe hongkongais.

« Cet accord offre une puissante illustration de la plateforme [créée] par le regroupement de BlackRock avec GIP et de notre capacité à proposer des investissements diversifiés à nos clients », a commenté Larry Flint, patron de BlackRock, cité dans le communiqué.

Le groupe américain est le premier gestionnaire d’actifs au monde. Il a acquis GIP en 2024 pour 12,5 milliards de dollars.

Terminal Investment a été créé en 2000 pour, selon son site Internet, garantir des capacités disponibles dans les terminaux de conteneurs de grands ports dans le monde pour son principal client, le géant du transport maritime MSC.

Vers 14 h 50 EST, l’action BlackRock reculait de 0,88 % à la Bourse de New York. La Bourse de Hong Kong était fermée au moment de l’annonce.

La Ligne 3 continue d’avancer !🇵🇦 La tunnelier Panamá progresse dans l’excavation du tunnel de 4,5 km qui reliera la vil...
26/02/2025

La Ligne 3 continue d’avancer !
🇵🇦 La tunnelier Panamá progresse dans l’excavation du tunnel de 4,5 km qui reliera la ville à l’Ouest. Chaque mètre compte pour concrétiser ce grand projet d’infrastructure.À ce jour, le tunnelier a déjà parcouru plus de 450 mètres, creusant, extrayant et renforçant le tunnel en toute sécurité.
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Marco Rubio a Panama pour récupérer la Canal sans tirer un coup de feu !Marco Rubio le nouveau Secrétaire d’Etat américa...
09/02/2025

Marco Rubio a Panama pour récupérer la Canal sans tirer un coup de feu !

Marco Rubio le nouveau Secrétaire d’Etat américain est arrivé à Panama City où il vient de rencontrer le président panaméen José Raul Mulino.

Le président panaméen n’a pas franchement d’armée et donc pas de division à opposer à une invasion américaine, mais l’objectif premier de Washington n’est pas d’envahir comme Bush (père) Panama (opération Just cause pour les plus jeunes qui n’ont pas vécu cette période comme moi).

L’objectif est de trouver un accord par la diplomatie, même si les méthodes américaines peuvent sembler violentes et agressives, la diplomatie méchante vaut mieux que les guerres gentilles du camp du bien, surtout pour les victimes qui ne sont jamais rien que des dégâts collatéraux.

Les Américains vont récupérer Panama et bouter les Chinois hors de leur zone d’influence… car oui, l’Amérique latine est la zone d’influence américaine et il ne faut pas y toucher (souvenez-vous de la crise des missiles de Cuba). Et si Trump ne veut pas d’ennemi dans son arrière-cours, il comprend parfaitement qu’il en va de même pour la Russie qui ne veut pas de l’Otan en Ukraine.

Charles SANNAT

MICI et Oracle transforment le numérique à Panama et ouvrent la voie à de nouvelles opportunités technologiquesMICI 16-0...
08/02/2025

MICI et Oracle transforment le numérique à Panama et ouvrent la voie à de nouvelles opportunités technologiques

MICI 16-01-25. Lors d’une réunion récente, le ministre du Commerce et de l’Industrie du Panama, Julio Moltó, a échangé avec des représentants de la multinationale technologique Oracle, un moment clé qui a mis l’accent sur des thèmes stratégiques tels que l’accélération de la transformation numérique du pays ainsi que la mise en œuvre des programmes Oracle Academy et Oracle University.

Durant cette rencontre, plusieurs initiatives et opportunités ont été explorées pour renforcer la position du Panama dans l’économie 4.0, un modèle basé sur l’innovation technologique et la digitalisation. Les dirigeants d’Oracle ont exprimé leur engagement envers la modernisation numérique de la nation et leur volonté de travailler main dans la main avec le gouvernement panaméen pour développer des solutions technologiques avancées, avec un impact positif sur tous les secteurs économiques.

L’un des principaux objectifs de cette réunion était d’harmoniser les efforts du gouvernement panaméen pour améliorer la compétitivité des secteurs productifs, moderniser l’administration grâce aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), et encourager l’investissement dans le “Capital Humain et la Technologie”, a précisé le ministre Moltó.

Par ailleurs, la possibilité d’une réactivation du siège régional d’Oracle au Panama a été évoquée comme une étape stratégique pour faire du pays un hub technologique au sein de la région.

Oracle a renouvelé son engagement à former de nouveaux talents dans le domaine des technologies numériques, afin de réduire le fossé professionnel en matière de technologie que le pays connaît actuellement. À cet égard, la mise en œuvre de programmes tels que Oracle Academy et Oracle University a été proposée, dans le but d’offrir aux citoyens panaméens de meilleures perspectives d’emploi dans le secteur technologique et de contribuer au développement de l’économie numérique.

Sur le plan économique, Oracle a exprimé son soutien indéfectible aux objectifs du gouvernement panaméen, notamment un taux de croissance économique nominal de 7 % et la création de nouvelles opportunités d’emploi. Les dirigeants d’Oracle ont souligné que le Panama, grâce à sa position géographique stratégique, son lien global via le Canal de Panama et sa stabilité économique, est à un tournant décisif pour devenir un centre d’investissement régional, ce qui pourrait constituer un formidable levier pour l’économie du pays.

Lors de la réunion, en plus du ministre Moltó, était présent Juan Mercado, conseiller du vice-ministre du Commerce Extérieur. Du côté d’Oracle, Luiz Meisler, vice-président exécutif pour l’Amérique Latine, et Alfonso López, responsable pour l’Amérique Centrale, ont également participé.

Oracle Corporation se positionne comme l’une des principales entreprises technologiques au monde, spécialisée dans le développement et la commercialisation de solutions logicielles, matérielles et de services technologiques.

Points à retenir
La réunion entre le gouvernement panaméen et Oracle a mis en avant la transformation numérique et l’éducation technologique.
Des projets tels qu’Oracle Academy et Oracle University visent à réduire le manque de professionnels qualifiés dans le pays.
Le Panama est perçu comme un potentiel hub technologique en Amérique Latine, avec des opportunités d’investissement considérables.
Il conviendrait de réfléchir aux implications de ces initiatives pour les différents secteurs panaméens. La modernisation numérique sera-t-elle suffisante pour garantir une croissance durable et inclusive, ou devra-t-on aussi considérer d’autres dimensions telles que l’infrastructure et la législation pour maximiser ces bénéfices? L’évolution future de la collaboration entre le Panama et des acteurs majeurs comme Oracle sera donc intéressante à suivre.



Source image(s) : mici.gob.pa
Source : https://mici.gob.pa/2025/01/16/mici-y-oracle-abordan-la-transformacion-digital-de-panama-y-la-creacion-de-nuevas-oportunidades-en-tecnologia/

Le Panama défend son canal face aux convoitises de Donald TrumpLe président panaméen, José Raul Mulino, a réaffirmé la s...
08/02/2025

Le Panama défend son canal face aux convoitises de Donald Trump

Le président panaméen, José Raul Mulino, a réaffirmé la souveraineté de son pays sur le canal de Panama lors de la 55e réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse.

REUTERS/Yves Herman

Le président américain menace depuis plusieurs semaines de « reprendre » le contrôle du canal de Panama. Si le gouvernement panaméen est préoccupé par cette ambition, il s’affiche déterminé à conserver sa souveraineté sur cette artère vitale du transport maritime mondial.

Le Panama entend bien se défendre contre l’appétit de Donald Trump. Le président américain a réitéré lundi, lors de son discours d’investiture, sa menace de « reprendre » le contrôle du canal de Panama. Cette voie navigable entre l’Atlantique et le Pacifique, inaugurée en 1914, a été construite par les États-Unis avant d’être transférée au Panama en 1999. Un « cadeau qui n’aurait jamais dû être fait », a-t-il estimé. Déjà début janvier, il avait déjà laissé planer la possibilité d’un éventuel recours aux forces armées pour l’annexer.

Mais Donald Trump fait face au refus du gouvernement panaméen. « Le canal de Panama appartient au Panama et continuera d’appartenir au Panama. Le canal de Panama n’a pas été une concession ou un cadeau des États-Unis », a lancé ce mercredi le président du Panama, José Raul Mulino, lors d’une table ronde organisée à l’occasion de la réunion du Forum économique mondial à Davos, en Suisse.

Pour le dirigeant panaméen, son pays « ne se laisse pas distraire par ce genre de déclarations ». « On ne peut pas contourner purement et simplement le droit international pour imposer ses critères », a-t-il appuyé. Le gouvernement panaméen ne prend toutefois pas à la légère les déclarations de Donald Trump. Il les a qualifiées de « préoccupantes » mardi dans une lettre adressée au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Interrogé par une journaliste à l’issue de la table ronde sur le risque de voir les États-Unis envahir le Panama, le président a néanmoins répondu, à deux reprises et visiblement agacé : « Soyez sérieuse ! ».

L’ombre de la Chine
Donald Trump motive sa promesse de reprendre le contrôle du canal de Panama en affirmant en outre que la Chine « exploite » cette voie maritime. Ce que dément la principale intéressée. « La Chine n’a pas participé à la gestion et à l’exploitation du canal, elle n’a jamais interféré dans les affaires liées au canal et respecte la souveraineté du Panama sur celui-ci, reconnaissant le canal comme une voie de navigation internationale de neutralité permanente », a déclaré ce mercredi Mao Ning, une porte-parole de la diplomatie chinoise. Et d’ajouter : « La souveraineté et l’indépendance du Panama ne sont pas sujettes à négociation, et le canal ne doit être soumis à aucun contrôle direct ou indirect de grandes puissances ».

Concrètement, ce couloir de 80 kilomètres est administré par l’Autorité du Canal de Panama, une entité autonome panaméenne. C’est toutefois une entreprise chinoise, Hutchison Ports, qui exploite sous concession les ports de Balboa et Cristobal, à chaque entrée du canal, côté Atlantique et Pacifique. En « temps de conflit », ces ports pourraient être utilisés par Pékin « comme un goulot d’étranglement qui empêche le commerce » international par le canal, a affirmé le secrétaire d’État américain, Marco Rubio.

Face à ces propos, le gouvernement panaméen a annoncé mardi un « audit exhaustif » de Panama Ports Company, filiale de Hutchinson Ports, afin de « déterminer si les accords de concession conclus (…) sont respectés, en vérifiant que l’entreprise déclare correctement ses revenus, paiements et contributions à l’État ». Dans un communiqué, la société a indiqué « coopérer pleinement » avec cette procédure, assurant que les précédents contrôles avaient démontré le respect de ses « obligations contractuelles ».

Interférer dans les relations sino-panaméennes
Pour Benjamin Gedan, directeur du programme pour l’Amérique latine du think tank Wilson Center, « il y a des préoccupations raisonnables liées à la présence d’une entreprise chinoise ». « Le canal a une valeur énorme pour les États-Unis, tant commerciale que stratégique, et il ne serait pas difficile pour Pékin d’interrompre ses opérations », considère-t-il. Pour autant, selon Rebecca Bill Chavez, présidente du think tank Interamerican Dialogue, le Panama a « respecté » la neutralité du canal en maintenant « l’efficacité des opérations ».

De son côté, Euclides Tapia, professeur panaméen en relations internationales, voit dans l’ambition de Donald Trump un « argument fallacieux qui cache la volonté que le Panama réduise à sa plus simple expression ses relations avec la Chine », a-t-il indiqué à l’AFP. Depuis que le Panama a rétabli des relations diplomatiques avec Pékin en 2017, les échanges commerciaux avec la Chine ont considérablement augmenté.

En parallèle, des entreprises chinoises ont participé à la construction d’un port pour bateaux de croisières à l’entrée du canal côté Pacifique et sont impliquées dans un projet de pont enjambant la voie maritime d’un montant de 1,4 milliard de dollars. Lors d’une visite du président Xi Jinping en 2018, Pékin a proposé d’autres projets représentant plusieurs centaines de millions de dollars. Il avait même proposé d’installer une ambassade à l’entrée du canal, projet qui ne s’est pas concrétisé en raison de présumées pressions américaines.

Les États-Unis peuvent utiliser la force, sous condition
Le transfert du canal au Panama a été régi par des traités établis en 1977. « Aucun de leurs principes ne mentionne, et encore moins n’autorise, les États-Unis à récupérer ou à réclamer le canal de Panama », a rappelé à l’AFP Julio Yao, qui faisait partie de l’équipe panaméenne qui les a négociés.

Mais des amendements introduits par les États-Unis donnent la possibilité à Washington d’utiliser la force armée de manière unilatérale « pour défendre le canal contre toute menace » de fermeture. Seul ce motif « pourrait justifier l’usage de la force militaire au Panama, et uniquement pour maintenir le canal ouvert, pas pour s’en emparer et l’exploiter économiquement », a indiqué Euclides Tapia.

Que Donald Trump ait répété ses menaces lundi « rend plus probable qu’il s’agisse d’une déclaration sérieuse », relève en tout cas Benjamin Gedan. L’expert juge « une intervention militaire peu probable », mais souligne que le gouvernement américain pourrait user des taxes douanières pour faire pression sur le Panama. Sachant que les États-Unis sont le principal partenaire politique et commercial du pays d’Amérique centrale, cela pourrait peser lourd dans la balance.

(Avec AFP)

Pourquoi Trump est-il si obsédé par le canal de Panama ?Sur fond de guerre commerciale avec la Chine, Donald Trump a réa...
07/02/2025

Pourquoi Trump est-il si obsédé par le canal de Panama ?

Sur fond de guerre commerciale avec la Chine, Donald Trump a réaffirmé sa volonté de « reprendre le contrôle » du canal de Panama, une artère vitale du transport maritime mondial.
Le nouvel hôte de la Maison Blanche persiste et signe. Faisant du canal de Panama une vraie obsession, Donald Trump n’a pas caché sa volonté de « reprendre le contrôle » de cette voie d’eau stratégique, construite par les États-Unis et transférée 85 ans plus t**d au petit pays d’Amérique centrale.

Sous quel prétexte ? « Nous avons été très maltraités par ce cadeau insensé qui n’aurait jamais dû être fait. La promesse que nous avait faite au Panama n’a pas été tenue », a-t-il estimé lors de son discours d’investiture lundi 20 janvier, affirmant que les navires américains étaient « gravement surtaxés ».

Et de brandir son argument massue : « Et surtout, la Chine exploite le canal de Panama, et nous ne l’avons pas donné à la Chine, nous l’avons donné au Panama. Et nous allons le reprendre ».

Le président américain fraîchement élu fait en effet référence aux deux terminaux portuaires chinois situés à l’entrée du canal, Balboa, côté océan Pacifique, et Cristobal, côté océan Atlantique. Ces terminaux furent confiés, depuis 1996, à un groupe de Hongkong, Hutchison Port, bâti par le richissime homme d’affaires Li Ka-shing, et qui gère 53 terminaux à travers le monde, et exploite notamment le port de Stockholm en Suède, cinq ports aux Pays-Bas et une douzaine d’autres dans les pays du Moyen-Orient.

Par ailleurs, Pékin mène une politique d’investissement massive depuis des années. Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Amérique latine ont été multipliés par 34 depuis 2017, faisant de la Chine le deuxième utilisateur du canal derrière les États-Unis. Ils sont suivis par le Japon, la Corée du Sud et le Chili.

Sur fond de guerre commerciale avec la Chine, Donald Trump a réaffirmé sa volonté de « reprendre le contrôle » du canal de Panama, une artère vitale du transport maritime mondial.
Le nouvel hôte de la Maison Blanche persiste et signe. Faisant du canal de Panama une vraie obsession, Donald Trump n’a pas caché sa volonté de « reprendre le contrôle » de cette voie d’eau stratégique, construite par les États-Unis et transférée 85 ans plus t**d au petit pays d’Amérique centrale.

Sous quel prétexte ? « Nous avons été très maltraités par ce cadeau insensé qui n’aurait jamais dû être fait. La promesse que nous avait faite au Panama n’a pas été tenue », a-t-il estimé lors de son discours d’investiture lundi 20 janvier, affirmant que les navires américains étaient « gravement surtaxés ».

Et de brandir son argument massue : « Et surtout, la Chine exploite le canal de Panama, et nous ne l’avons pas donné à la Chine, nous l’avons donné au Panama. Et nous allons le reprendre ».

Le président américain fraîchement élu fait en effet référence aux deux terminaux portuaires chinois situés à l’entrée du canal, Balboa, côté océan Pacifique, et Cristobal, côté océan Atlantique. Ces terminaux furent confiés, depuis 1996, à un groupe de Hongkong, Hutchison Port, bâti par le richissime homme d’affaires Li Ka-shing, et qui gère 53 terminaux à travers le monde, et exploite notamment le port de Stockholm en Suède, cinq ports aux Pays-Bas et une douzaine d’autres dans les pays du Moyen-Orient.

Par ailleurs, Pékin mène une politique d’investissement massive depuis des années. Les échanges commerciaux entre la Chine et l’Amérique latine ont été multipliés par 34 depuis 2017, faisant de la Chine le deuxième utilisateur du canal derrière les États-Unis. Ils sont suivis par le Japon, la Corée du Sud et le Chili.



Le président américain fraîchement élu fait référence aux deux terminaux portuaires chinois situés à l’entrée du canal, Balboa, côté océan Pacifique, et Cristobal, côté océan Atlantique. Ces terminaux furent confiés, depuis 1996, à un groupe de Hongkong, Hutchison Port, bâti par le richissime homme d’affaires Li Ka-shing…

Contre-vérités
C’est que dans l’esprit du 47e président des États-Unis, qui cherche manifestement à tordre le coup à la réalité historique, le canal de Panama est la propriété légitime des États-Unis parce qu’il a été construit par les Américains en 1914.

Historiquement, la construction de cette voie de 80 km qui relie les océans Pacifique et Atlantique a été lancée par la France puis reprise par les États-Unis. Finalement, le canal a été pleinement rétrocédé au Panama ; selon l’accord passé en 1977 par le président américain d’alors, Jimmy Carter, et le leader nationaliste panaméen, Omar Torrijos, autorisant le transfert du canal au Panama le 31 décembre 1999.

En 1903, le Panama gagne son indépendance vis-à-vis de la Colombie. Le 15 août 1914, après plus de 30 ans de travaux et la mort de quelque 25 000 ouvriers, de paludisme ou de fièvre jaune, ce monument d’ingénierie est inauguré par les Américains. Ils ont réussi là où les Français, menés par l’ingénieur Ferdinand de Lesseps, le père du canal de Suez, avaient échoué entre 1881 et 1904.

5% du commerce maritime mondial

Il convient de rappeler que le canal, qui relie plus de 1 900 ports dans 170 pays, représente 5% du commerce maritime mondial, a profondément transformé la navigation et le commerce mondial.

Les navires passent d’un océan à l’autre en huit heures environ sans avoir à se rendre au cap Horn, à la pointe sud de l’Amérique. De New York à San Francisco, un navire économise ainsi 20 300 kilomètres.

D’autre part, le canal est essentiel pour l’économie du Panama : 6% du PIB. Depuis l’an 2000, le canal a reversé plus de 28 milliards de dollars au Trésor panaméen. Au cours de l’exercice 2023/2024, le canal de Panama a engrangé un chiffre d’affaires record de 4,9 milliards de dollars. Il a vu transiter quelque 11 200 navires et 423 millions de tonnes de marchandises.

Le canal est essentiel pour l’économie du Panama : 6% du PIB. Depuis l’an 2000, le canal a reversé plus de 28 milliards de dollars au Trésor panaméen. Au cours de l’exercice 2023/2024, le canal de Panama a engrangé un chiffre d’affaires record de 4,9 milliards de dollars.



Le canal « n’est pas un cadeau des États-Unis »
Face aux convoitises américaines, la Chine a souligné, mercredi 22 janvier 2025, n’avoir « jamais interféré » dans les affaires liées au canal du Panama. « La souveraineté et l’indépendance du Panama ne sont pas sujettes à négociation, et le canal ne doit être soumis à aucun contrôle direct ou indirect de grandes puissances », a déclaré Mao Ning, porte-parole de la diplomatie chinoise.

Pour sa part, le président panaméen José Raul Mulino a répondu lundi 20 janvier à Donald Trump par la voie d’un communiqué posté sur son compte X : « Le canal appartient et continuera d’appartenir au Panama. Nous exercerons le droit qui nous protège, la base juridique du traité, la dignité qui nous distingue et la force que nous donne le droit international ». L’administration du canal « restera sous contrôle panaméen dans le respect de sa neutralité permanente » et sans « la présence d’aucune nation dans le monde pour interférer », a-t-il ajouté.

D’autre part, dans une lettre envoyée au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président panaméen a martelé que le canal de Panama « n’a pas été une concession ou un cadeau des États-Unis ».

Interrogé par une journaliste à l’issue de la table ronde organisée mercredi 22 janvier 2025 à Davos sur le risque de voir les États-Unis envahir le Panama, le président a répondu en anglais à deux reprises : « Soyez sérieuse » !

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