30/04/2021
HISTORIQUE DU 1ER MAI
L’histoire du 1er mai a commencé à une époque où la précarité du travail était totale.
C’est aux Etats-Unis, en 1886, plus précisément en Pennsylvanie et dans l’état de New-York, que chaque 1er mai avait lieu un bouleversement général de la classe ouvrière du fait du renouvellement des contrats de travail pour une durée de un an.
C’est ainsi que le terme des contrats de location des maisons et appartements étaient également renouvelés. En fait, c’était une remise en cause des conditions de vie de toutes les familles à la même date.
C’est en 1884 que les syndicats américains décidèrent d’imposer par la grève qu’à partir
du 1er mai 1886 la durée d'une journée de travail serait de huit heures.
En ce samedi 1er mai 1886 des centaines de milliers d’ouvriers défilèrent dans tout le
pays pour cette seule revendication. Exemple à Chicago, quelques quarante mille ouvriers
sont en grève.
Le 3 mai un affrontement oppose les briseurs de grève aux grévistes d’une usine de
matériel agricole et fait malheureusement 4 morts.
Un meeting est organisé le lendemain. Alors que les derniers manifestants se dispersent, une bombe éclate. Des dirigeants anarchistes de Chicago seront arrêtés et condamnés à mort.
Dès 1889, lors d’un congrès ouvrier, est déclaré qu’il sera organisé une grande manifestation internationale à date fixe, de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes, le jour convenu, les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail.
Cette date ce fut le 1er mai.
Une date symbole.
Le 1er mai 1891 est organisé un mouvement d’une très grande ampleur, notamment en France. Mouvement malheureusement tragique puisque ce sera le massacre de Fourmies où
les grévistes et leurs familles seront fusillés par la troupe.
Depuis, le 1er mai accompagne chaque année le mouvement général du progrès social et des conquêtes ouvrières.
Quand la journée de revendication devint "fête du travail"
Au fil des années, le retentissement fut tel que les régimes totalitaires voulurent s’emparer du symbole.
Le régime de Vichy enveloppa le sang et la lutte associés au 1er mai dans les drapeaux, de ce que le Maréchal Pétain appellera « la fête nationale du travail ».
En effet le Maréchal ne pouvait tolérer les manifestations d'indépendance. Au lieu de faire tirer sur les défilés syndicaux, il transforma par la loi la lutte en réjouissances insipides.
La devise de Pétain était: "Travail, Famille, Patrie".
C'est le 1er mai 1941 que cette journée a été ravalée au rang d'une distraction. Le même jour, le Maréchal exposait les principes de la charte de travail, qui emprisonne les relations sociales dans un corporatisme à la française.
L'année précédente, le 16 août 1940, le gouvernement de collaboration publiait une loi interdisant les confédérations syndicales. Il fallait que les intérêts particuliers des classes
sociales ne puissent s'exprimer.
En 1937, l'État accordait un jour férié, de fait les fonctionnaires n'auraient plus à faire grève pour manifester le 1er mai.
Déjà le 1er mai 1921 était déclaré par l'Action française, ennemis du syndicalisme, les prémices de la co-gestion telle que pratiquée aujourd'hui chez nos voisins allemands.
Vingt ans plus t**d, sous l'œil attentif de l'armée allemande, la Charte du Travail établit un système de corporations ouvrières et patronales intégrées au sein même de l'Etat de Vichy.
A la libération, tout cet édifice, déjà chancelant, fut balayé.
Le 1er mai jour férié, est avant tout la fête des travailleurs et non du travail.
Le 1er mai est un jour de commémoration à
l’égard des travailleurs qui ont versé leur
sang, perdu la vie pour obtenir des droits.
Le 1er mai est une journée de revendications
et de solidarité internationale.