29/05/2024
TERRITOIRES DE l’ALTERNANCE. C'est le titre de mon livre publié en juin. Je vous en présente un extrait.
À quoi pourrions-nous échapper ? A rebrousse poil, le scénario « au fil de l’eau »..
En Europe, nous n’avons guère de mégalopoles, ces entités à plusieurs dizaines de millions d’habitants qui parsèment les autres continents. Ce que ces mégalopoles donnent à voir, c’est avant tout leur soumission vertigineuse au capitalisme prédateur, l’accaparement du pouvoir et le creusement généralisé des inégalités. Servons-nous-en comme épouvantail plutôt que de miroir (aux alouettes).
D'autre part, la littérature et le cinéma « Cli’Fi » (pour Climate Fiction) font fureur. Destinés à faire peur, les amateurs y sont incités à s’effrayer des exploits d’êtres (sur)naturels - plutôt qu’à commenter les derniers potins de la Windsor Broadcasting Company, ou à s’étonner de la perte de calories d’une cuillerée de sperme.
Certains récits Cli’Fi n’ont pas toujours tort. Du moins en ce qui concerne notre premier scénario « au fil de l’eau » examiné ici : en l’absence de basculement des valeurs et des comportements, confrontons-nous à quelques scènes urbaines de ce qui adviendrait.
Nous parcourrons donc dans l’ouvrage les lieux-phares de la globalisation, les cœurs de l’économie dominante, les zones de la technodépendance, les nouveaux ghettos de riches, les territoires de l’économie collaborative, ceux de la dépendance, de la sujétion, des délaissés, ceux de la séparation productiviste. Ces territoires sont dominés par la technodépendance au capitalisme, soumis au paradigme de la séparation, celui lié à la vision machiniste et productiviste et modélisé par le fonctionnalisme façon Le Corbusier.
Les villes initiatrices du nouveau « savoir-faire territoire », dès les années ’80, refusent ce modèle et inaugurent la transition. Le livre examine pour suivre un demi-siècle d’action ; il relève les pratiques qui constituent, à des degrés divers, des formes d'alternance par rapport au modèle dominant.
On visitera Bologne, qui a inauguré une nouvelle forme de culture de la ville, Barcelone et l’art retrouvé de la rue, Berlin la créative, Naples et les biens communs, Bruxelles et la revitalisation holistique des quartier, La Haye et ses quartiers colorés.
Ces basculements initient des modes d’action nouveaux : l’élargissement des modes de participation, les projets issus de la base, les partenariats ouverts aux appels à contribution de chaque citoyen, la co-construction des projets, l’implication des acteurs.
Le temps de la ville et des territoires est nécessairement long : ce qui a été initié il y a un demi-siècle éclot aujourd’hui et s’est enrichi de nouvelles dimensions. Retrouver les fondements permet d’éviter de tout réinventer, d’accélérer l’empirisme par essai-erreur.