29/05/2026
☀️🐴 Spécial Chaleurs - episode 2 :
🪣💧🤔🧂... Les électrolytes : une dépense inutile ?
🌡️☀️👉 Dès le retour de la chaleur, on voit passer diverses recommandations, notamment visant la distribution d’électrolytes concentrés aux chevaux (via diverses formules commerciales).
Cependant, ces compléments sont loin d’être systématiquement nécessaires et peuvent représenter un achat superflu, voire un apport néfaste…
💭💧 Qui sont ces électrolytes et quel est leur rôle ?
Principalement : le sodium (Na+), le chlore (Cl-), le potassium (K+), le magnésium (Mg2+) et le calcium (Ca2+).
Comme d’autres minéraux, ils interviennent dans diverses réactions métaboliques et participent à l’équilibre ionique de l’organisme.
💭💧Pourquoi en parle-t-on en été ?
Un cheval qui transpire va perdre beaucoup de ces minéraux (et d’autres nutriments, d’ailleurs). C’est encore plus vrai pour les chevaux de sport travaillés aux heures chaudes, qui peuvent transpirer de manière spectaculaire.
Or, 1 litre de transpiration chez le cheval, c’est environ :
🧂 5,3 g de Chlore
🧂 3 g de Sodium
🧂 1,5 g de Potassium
🧂 0,1 g de Calcium
🧂 0,05 g de Magnésium
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À titre informatif, il existe une échelle visuelle (le « score de sueur », d'après Zeyner et al. 2013) pour vous aider à estimer les quantités perdues par un cheval de 500 kg :
1️⃣ La zone sous la selle est partiellement sèche, foncée, collante et humide. La gorge est collante et les flancs sont plus foncés que la normale. Perte : 1 à 4 litres.
2️⃣ La zone sous la selle et la gorge sont humides, de petites zones blanches apparaissent aux coins de la selle et de la mousse peut se former aux points de frottement entre la gorge et les rênes ainsi qu’entre les membres. Perte : 4 à 7 litres.
3️⃣ Présence de mousse à l’arrière du bridon et de la muserolle, flancs visiblement humides, et zone sous la selle et la sangle constamment mouillée. Perte totale de transpiration : 7 à 9 litres.
4️⃣ La gorge et les flancs sont complètement mouillés, le contour des yeux est moite et présente des rides foncées, et on observe une importante formation de mousse entre les membres. Perte : 9 à 12 litres.
5️⃣ Le cheval transpire abondamment au-dessus des yeux et dégouline sous le ventre. Perte : 12 à 18 litres.
⚠️☀️ Gardez en tête que par temps chaud (30°C et au-delà), et surtout si la chaleur est humide, les chevaux peuvent transpirer naturellement jusqu'à plus de 10 litres par jour.
⚠️❄️ En hiver, sous une couverture inadaptée ou sous un long poil aussi...
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👉 Vous comprendrez donc qu’il est nécessaire de compenser ces pertes… D’autant qu’un cheval a naturellement besoin d’apports quotidiens de ces éléments, même sans travailler.
🪣💧 Du coup, les mélanges d’électrolytes semblent bien utiles…
.. Sauf que !
🤔🌾 L’alimentation (saine !) d’un cheval est déjà naturellement riche en potassium et en calcium. De son côté, le magnésium est généralement suffisant également (à valider par une analyse de fourrage).
Ils sont absorbés tout au long de la digestion. Si l'intestin grêle en capte une partie, le gros intestin joue un rôle essentiel puisqu’il sert de grand réservoir d’eau et d’électrolytes dans lequel le cheval va puiser naturellement pour s’équilibrer.
🧂❗ Le vrai problème, c’est le sel !
Donc le sodium et le chlore.
Eux sont très peu apportés par l’alimentation et les fourrages.
Pour y remédier, l’accès à une pierre à sel blanche et l’ajout de sel (NaCl) dans la ration (idéalement divisée en plusieurs apports) sont primordiaux.
Cet apport s'ajuste en fonction du niveau de sudation de nos équidés, du climat, du travail, etc.
N’oubliez pas : le sel est un déclencheur de la prise d’eau si donné en petite quantité. (Attention, en trop grandes quantités, il peut à l'inverse aggraver la déshydratation).
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💭💧 Les exceptions et les points de vigilance
👉 Il existe toujours des exceptions et des chevaux plus ou moins sensibles. Chez les chevaux de sport, par exemple, ces apports se réfléchissent au cas par cas.
C’est en endurance de haut niveau que la stratégie devra être la plus fine, car les chevaux peuvent perdre plusieurs dizaines de litres de sueur en quelques heures ! Chez ces chevaux, l’apport de mélanges commerciaux peut éventuellement se justifier.
⚠️ Points d'attention essentiels
💧🪣💧 La règle de l'eau :
👉 On ne donne jamais de formule concentrée sans apport simultané d’eau.
Le risque est de brûler les muqueuses, de perturber la digestion et d’aggraver la déshydratation.
On privilégiera les solutions diluées à moins de 9 g de sel par litre d’eau (isotonie) ; une eau qui peut servir à réhydrater de la pulpe ou des bouchons, par exemple.
🗨️🧂 Les électrolytes encapsulés :
👉 Ils ne se dissolvent qu’une fois arrivés dans l’intestin grêle, ce qui évite le goût salé et l’irritation de l’estomac. Mais ils ne peuvent pas non plus être donnés sans une bonne hydratation, sous peine de créer un appel d'eau dans l'intestin (choc osmotique) qui aggraverait la déshydratation globale !
❤️🩹🐴 La génétique :
👉 Chez certains chevaux (notamment les Quarter Horses porteurs de la mutation génétique HYPP), il faut absolument éviter les mélanges commerciaux qui contiennent du potassium.
❤️🩹🩺 Les profils à risque :
👉 Certains chevaux, notamment les séniors ou ceux atteints de la maladie de Cushing, peuvent avoir tendance à moins ressentir la soif ou à moins bien se réguler. Ils doivent être surveillés de près.
Chez eux, l’ajout de sel pour stimuler l'abreuvement est encore plus fondamental.
🤔🧂 Au-delà des minéraux :
👉 Un cheval qui transpire perdra aussi des protéines (notamment la lathérine, responsable de cet aspect mousseux et blanc de la sueur) et certaines vitamines hydrosolubles.
Chez les grands sportifs, ces pertes sont compensées par l’alimentation à condition que celle-ci soit équilibrée et que le microbiote digestif soit pleinement fonctionnel.
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En conclusion
👉 Un cheval au pré ou qui travaille de manière modérée n’a généralement pas besoin d'électrolytes, à condition que son alimentation soit correcte et que les apports en sel pur (NaCl) soient suffisants.
Dans certains cas particuliers, des mélanges commerciaux peuvent être recommandés, mais cela se fera toujours sur la base d’une évaluation professionnelle préalable.
👉 N’oubliez pas que la meilleure manière de gérer ces grandes chaleurs reste la base de l'hébergement :
🏡Toujours fournir un abri frais, ombragé et ventilé.
Il doit être accessible par tous (même aux moins dominants) et tout le temps. Les arbres et autres abris naturels peuvent représenter un environnement intéressant à ce niveau, mais ils ne doivent jamais être la seule option disponible (cumulez les choix possibles !).
🏇 Ne faites pas bouger ou travailler les chevaux aux heures chaudes, même si votre emploi du temps est chargé. Une petite balade en forêt à la fraîche sera toujours plus tolérable qu’un entrainement intensif de CSO en plein soleil.
🌾 Laissez le foin accessible en permanence. Un apport continu de foin = un système digestif rempli = un réservoir d’eau et d’électrolytes naturel pour votre cheval.
👩🏫 Faites évaluer la ration et/ou l’environnement de votre cheval par un professionnel compétent. Il n’y a pas de honte à ne pas tout maîtriser, et un conseil pour un hébergement ou une alimentation adaptée coûtera toujours moins cher que de multiplier les bricolages et les poudres de perlimpinpin :D
🌾🌾 Dans un prochain article, nous vous parlerons de comment aborder la gestion des prairies sous la canicule... Car elles aussi ont besoin de soins ;)
Prenez soin de vous, de vos prairies et de vos chevaux,
A bientôt,
D&A