Cheval O'Vert - Gestion des prairies et Nutrition équine

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—> Ingénieurs : Nutrition, Prairies, Biodiversité, Plantes toxiques

[ Bilan nutritionnel, Design, Diagnostic prairial ]

Analyses : foin, sol, herbe

Cartographie : plan, aménagements, pâturage tournant

Visites – Conseil à distance – Stages – Formations

🤔💭 Quel sel pour mon cheval ? 🐴🧂Vous êtes nombreux à nous avoir posé la question ces derniers jours... voici un petit to...
04/06/2026

🤔💭 Quel sel pour mon cheval ? 🐴🧂

Vous êtes nombreux à nous avoir posé la question ces derniers jours... voici un petit tour d'horizon pour répondre à vos interrogations !

⚠️ Nous vous invitons à lire les articles précédents, sur la sensation de soif, les électrolytes, les besoins en sel, les effets de la canicule...

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La base : du NaCl pur (sel de table raffiné), éventuellement iodé.

👉 C'est l'option la plus fiable pour couvrir les besoins en sodium et en chlore de nos chevaux.

💧 L'ajout d'iode se justifie dans la grande majorité des cas, sauf si d'autres sources sont déjà présentes dans la ration (algues, CMV…) et en restant vigilant, surtout chez les juments gestantes, entre carence et excès : les deux pouvant provoquer un goitre congénital chez le poulain.

NB. Dans certaines régions proches de la mer, les foins peuvent présenter des teneurs un peu plus élevées en iode (embruns), mais cela reste rarement suffisant pour couvrir les besoins.

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❌ À éviter en usage systématique : Le sel de l'Himalaya.

👉 Pollutions aux métaux lourds possible et concentrations en minéraux trop variables, souvent à l'état de traces (c'est à dire trop faibles pour être utiles).

⚠️ Problématique éthique et environnementale réelles liée à l'extraction et au transport.

❌ Les sels de mer « naturels ».

👉 Qui peuvent régulièrement être pollués par les métaux lourds (plomb et compagnie) et les microplastiques.
.. Ces différents types de sels pourraient éventuellement être apportés ponctuellement, en alternance avec du sel raffiné, et en variant les origines.

❌ Les blocs de sel composites (pierres à lécher de couleur, seaux de prairies, ...) :

👉 Pour les blocs de sel pur (blancs) : leur intérêt existe, mais la consommation des chevaux est aléatoire et souvent insuffisante, ce qui peut conduire à des carences. Un apport complémentaire dans la ration reste donc souvent pertinent.

👉 Pour les blocs composites (de couleurs, avec ou sans plantes) :

Appétence variable, sur- ou sous-consommation possible, difficulté d'objectiver la consommation réelle (plus élevée si le cheval s'ennuie, plus faible s'il a la langue sensible ou irritée…).

De plus, le fer est souvent en excès et le cuivre parfois absent (blocs compatibles avec l'élevage ovin, chez qui le cuivre est toxique).

❌ On oublie les « lick it » et autres gadgets bourrés de sucres, clairement néfastes pour les chevaux.

❌ Attention à la mode des « bars à sel » 🌈 (ces jolies pierres rondes de toutes les couleurs) : éléments marketing, sur- ou sous-dosage (donc inefficacité), ...

👉 Ils pourraient éventuellement présenter un intérêt comme enrichissement mais la surconsommation est à surveiller, et il existe une réelle difficulté d'ajuster le CMV en fonction de la consommation difficile à estimer.

👉 Nous ne les conseillons pas vraiment, d'autant plus que...

Le cheval n'est généralement pas capable d'ajuster sa consommation à ses besoins minéraux. ⚠️

🌻Une certaine zoopharmacognosie (capacité à se soigner par les plantes) est possible côté végétal, mais reste incertaine et n'a pas été démontrée pour les minéraux.

Et on vous rappelle que l'ail est souvent inutile voire dangereux (cf. notre article précédent sur le sujet).

Alors, quel(s) sel(s) utilisez-vous ? 😏🧂

A bientôt,
D&A

🌾🤔 L’analyse d’herbe : Une idée risquée …👉 Faire analyser son herbe semble être devenu "tendance" et c'est une pratique ...
01/06/2026

🌾🤔 L’analyse d’herbe : Une idée risquée …

👉 Faire analyser son herbe semble être devenu "tendance" et c'est une pratique qu'on nous demande régulièrement…

❌ Pourtant, cette nouvelle habitude peut avoir des répercussions problématiques sur nos stratégies alimentaires…

Il nous semblait donc important de remettre un peu d’ordre dans la balance risques/bénéfices d’une analyse d’herbe...

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❗1️⃣ Représentativité de l’échantillon ? Très compliquée !

Contrairement au foin (relativement homogène, stable dans le temps), la qualité de l’herbe est très variable.

⚠️ Une prairie est très souvent hétérogène du point de vue des communautés végétales qui la composent dans l'espace.
Espèces différentes, stades de végétation variés, zones plus ou moins riches…

⚠️ Les chevaux trient ce qu’ils mangent ! Et coupe l’herbe à une hauteur variable, ce qui change tout...

Ils sélectionnent certaines plantes, certaines parties, certains stades.
Donc même un "bon" échantillon en termes d'hétérogénéité spatiale, ne représenterait pas ce que le cheval consomme réellement !

Et l’astuce : " j’observe finement et je fais comme lui " n’est pas réaliste, ni dans le temps, ni dans l'espace, ni en termes de hauteur de prélèvement, etc...

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❗2️⃣ L’herbe évolue … tout le temps !

Sa composition nutritionnelle bouge au fil des heures, des jours, des conditions météo, etc.

👉 Energie, Protéines, Sucres… Tout ça bouge tout le temps et parfois très vite !

⚠️ S’appuyer sur les résultats du labo pour mettre en place l’alimentation de son cheval est donc très risqué : c’est la porte ouverte à la sur- ou sous-nutrition.

Car, le temps d’envoyer l’échantillon et de recevoir les résultats (plusieurs jours voire semaines), la valeur de l'herbe n'est déjà plus la même.

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❗3️⃣ Les analyses minérales ? ... Pas toujours fiables non plus.

Même pour les minéraux et oligoéléments, il y a beaucoup de flou :

* Les chevaux trient

* Les teneurs varient selon le sol, la flore, la saison ...

* Les mesures (surtout pour les oligoéléments comme le sélénium) sont délicates car les concentrations sont très faibles et la fiabilité du résultat dépend fortement de la méthode analytique utilisée par le laboratoire et de la qualité de l'échantillonnage.

Bref : plutôt que de payer une analyse pour des chiffres bancals, il vaut souvent mieux s’appuyer sur l'observation de la flore, sur des analyses de sang ou de sol, sur la bibliographie scientifique disponible et sur les données concernant le sol de sa région.

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⚠️ Attention à la matrice :

❌ Vous envoyez de l’herbe fraiche ? Mauvaise idée ! Elle sera flétrie en quelques heures et largement dégradée le temps d’arriver jusqu’au labo, ce qui faussera les résultats.

❌ Vous envoyez des branches, des algues, ou autres plantes exotiques que votre cheval semble apprécier ?

⛔ Les analyses ne sont pas calibrées pour ce type de substrats et les prédictions pourraient donc être chaotiques et non interprétables.

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❗4️⃣ Un coût élevé pour un bénéfice minime.

Analyser régulièrement l’herbe pour piloter une ration… ça coûterait très cher. Et ça ne serait pas forcément plus fiable que d’utiliser des valeurs de référence bien choisies, croisées avec l’observation de la prairie et des chevaux.

🤔💭 Donc, que faire ?

👉 Observer la flore et les stades de végétation,

👉 Connaître son sol (type, richesse minérale, pH, région, etc.),

👉 Utiliser les références bibliographiques (avec recul et esprit critique !)

👉 Adapter selon les besoins, le comportement, les pathologies existantes et l’état corporel des chevaux (observation encore et toujours !) sans négliger la prise de sang quand c'est pertinent.

👉 Faire appel à des professionnels compétents, en cas de besoin, pour vous aider à y voir clair et à éviter les dépenses inutiles.

NB. Bien entendus, les scientifiques vont parfois avoir recours à l'analyse d'herbe ; mais cela se fait dans le contexte de protocoles très spécifiques, complexe à suivre, rigoureux et onéreux.

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En résumé, dans de rares cas très spécifiques, l'analyse d'herbe peut être intéressante. Cependant très généralement, elle est superflue, voire risquée...

Et vous, vous avez déjà pensé à faire analyser votre herbe ?

A bientôt,
D&A

☀️🐴 Spécial Chaleurs - episode 2 :🪣💧🤔🧂... Les électrolytes : une dépense inutile ?🌡️☀️👉 Dès le retour de la chaleur, on ...
29/05/2026

☀️🐴 Spécial Chaleurs - episode 2 :

🪣💧🤔🧂... Les électrolytes : une dépense inutile ?

🌡️☀️👉 Dès le retour de la chaleur, on voit passer diverses recommandations, notamment visant la distribution d’électrolytes concentrés aux chevaux (via diverses formules commerciales).

Cependant, ces compléments sont loin d’être systématiquement nécessaires et peuvent représenter un achat superflu, voire un apport néfaste…

💭💧 Qui sont ces électrolytes et quel est leur rôle ?

Principalement : le sodium (Na+), le chlore (Cl-), le potassium (K+), le magnésium (Mg2+) et le calcium (Ca2+).

Comme d’autres minéraux, ils interviennent dans diverses réactions métaboliques et participent à l’équilibre ionique de l’organisme.

💭💧Pourquoi en parle-t-on en été ?

Un cheval qui transpire va perdre beaucoup de ces minéraux (et d’autres nutriments, d’ailleurs). C’est encore plus vrai pour les chevaux de sport travaillés aux heures chaudes, qui peuvent transpirer de manière spectaculaire.

Or, 1 litre de transpiration chez le cheval, c’est environ :

🧂 5,3 g de Chlore

🧂 3 g de Sodium

🧂 1,5 g de Potassium

🧂 0,1 g de Calcium

🧂 0,05 g de Magnésium

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À titre informatif, il existe une échelle visuelle (le « score de sueur », d'après Zeyner et al. 2013) pour vous aider à estimer les quantités perdues par un cheval de 500 kg :

1️⃣ La zone sous la selle est partiellement sèche, foncée, collante et humide. La gorge est collante et les flancs sont plus foncés que la normale. Perte : 1 à 4 litres.

2️⃣ La zone sous la selle et la gorge sont humides, de petites zones blanches apparaissent aux coins de la selle et de la mousse peut se former aux points de frottement entre la gorge et les rênes ainsi qu’entre les membres. Perte : 4 à 7 litres.

3️⃣ Présence de mousse à l’arrière du bridon et de la muserolle, flancs visiblement humides, et zone sous la selle et la sangle constamment mouillée. Perte totale de transpiration : 7 à 9 litres.

4️⃣ La gorge et les flancs sont complètement mouillés, le contour des yeux est moite et présente des rides foncées, et on observe une importante formation de mousse entre les membres. Perte : 9 à 12 litres.

5️⃣ Le cheval transpire abondamment au-dessus des yeux et dégouline sous le ventre. Perte : 12 à 18 litres.

⚠️☀️ Gardez en tête que par temps chaud (30°C et au-delà), et surtout si la chaleur est humide, les chevaux peuvent transpirer naturellement jusqu'à plus de 10 litres par jour.

⚠️❄️ En hiver, sous une couverture inadaptée ou sous un long poil aussi...

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👉 Vous comprendrez donc qu’il est nécessaire de compenser ces pertes… D’autant qu’un cheval a naturellement besoin d’apports quotidiens de ces éléments, même sans travailler.

🪣💧 Du coup, les mélanges d’électrolytes semblent bien utiles…
.. Sauf que !

🤔🌾 L’alimentation (saine !) d’un cheval est déjà naturellement riche en potassium et en calcium. De son côté, le magnésium est généralement suffisant également (à valider par une analyse de fourrage).

Ils sont absorbés tout au long de la digestion. Si l'intestin grêle en capte une partie, le gros intestin joue un rôle essentiel puisqu’il sert de grand réservoir d’eau et d’électrolytes dans lequel le cheval va puiser naturellement pour s’équilibrer.

🧂❗ Le vrai problème, c’est le sel !

Donc le sodium et le chlore.

Eux sont très peu apportés par l’alimentation et les fourrages.

Pour y remédier, l’accès à une pierre à sel blanche et l’ajout de sel (NaCl) dans la ration (idéalement divisée en plusieurs apports) sont primordiaux.

Cet apport s'ajuste en fonction du niveau de sudation de nos équidés, du climat, du travail, etc.

N’oubliez pas : le sel est un déclencheur de la prise d’eau si donné en petite quantité. (Attention, en trop grandes quantités, il peut à l'inverse aggraver la déshydratation).

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💭💧 Les exceptions et les points de vigilance

👉 Il existe toujours des exceptions et des chevaux plus ou moins sensibles. Chez les chevaux de sport, par exemple, ces apports se réfléchissent au cas par cas.

C’est en endurance de haut niveau que la stratégie devra être la plus fine, car les chevaux peuvent perdre plusieurs dizaines de litres de sueur en quelques heures ! Chez ces chevaux, l’apport de mélanges commerciaux peut éventuellement se justifier.

⚠️ Points d'attention essentiels

💧🪣💧 La règle de l'eau :

👉 On ne donne jamais de formule concentrée sans apport simultané d’eau.

Le risque est de brûler les muqueuses, de perturber la digestion et d’aggraver la déshydratation.

On privilégiera les solutions diluées à moins de 9 g de sel par litre d’eau (isotonie) ; une eau qui peut servir à réhydrater de la pulpe ou des bouchons, par exemple.

🗨️🧂 Les électrolytes encapsulés :

👉 Ils ne se dissolvent qu’une fois arrivés dans l’intestin grêle, ce qui évite le goût salé et l’irritation de l’estomac. Mais ils ne peuvent pas non plus être donnés sans une bonne hydratation, sous peine de créer un appel d'eau dans l'intestin (choc osmotique) qui aggraverait la déshydratation globale !

❤️‍🩹🐴 La génétique :

👉 Chez certains chevaux (notamment les Quarter Horses porteurs de la mutation génétique HYPP), il faut absolument éviter les mélanges commerciaux qui contiennent du potassium.

❤️‍🩹🩺 Les profils à risque :

👉 Certains chevaux, notamment les séniors ou ceux atteints de la maladie de Cushing, peuvent avoir tendance à moins ressentir la soif ou à moins bien se réguler. Ils doivent être surveillés de près.

Chez eux, l’ajout de sel pour stimuler l'abreuvement est encore plus fondamental.

🤔🧂 Au-delà des minéraux :

👉 Un cheval qui transpire perdra aussi des protéines (notamment la lathérine, responsable de cet aspect mousseux et blanc de la sueur) et certaines vitamines hydrosolubles.

Chez les grands sportifs, ces pertes sont compensées par l’alimentation à condition que celle-ci soit équilibrée et que le microbiote digestif soit pleinement fonctionnel.

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En conclusion

👉 Un cheval au pré ou qui travaille de manière modérée n’a généralement pas besoin d'électrolytes, à condition que son alimentation soit correcte et que les apports en sel pur (NaCl) soient suffisants.

Dans certains cas particuliers, des mélanges commerciaux peuvent être recommandés, mais cela se fera toujours sur la base d’une évaluation professionnelle préalable.

👉 N’oubliez pas que la meilleure manière de gérer ces grandes chaleurs reste la base de l'hébergement :

🏡Toujours fournir un abri frais, ombragé et ventilé.

Il doit être accessible par tous (même aux moins dominants) et tout le temps. Les arbres et autres abris naturels peuvent représenter un environnement intéressant à ce niveau, mais ils ne doivent jamais être la seule option disponible (cumulez les choix possibles !).

🏇 Ne faites pas bouger ou travailler les chevaux aux heures chaudes, même si votre emploi du temps est chargé. Une petite balade en forêt à la fraîche sera toujours plus tolérable qu’un entrainement intensif de CSO en plein soleil.

🌾 Laissez le foin accessible en permanence. Un apport continu de foin = un système digestif rempli = un réservoir d’eau et d’électrolytes naturel pour votre cheval.

👩‍🏫 Faites évaluer la ration et/ou l’environnement de votre cheval par un professionnel compétent. Il n’y a pas de honte à ne pas tout maîtriser, et un conseil pour un hébergement ou une alimentation adaptée coûtera toujours moins cher que de multiplier les bricolages et les poudres de perlimpinpin :D

🌾🌾 Dans un prochain article, nous vous parlerons de comment aborder la gestion des prairies sous la canicule... Car elles aussi ont besoin de soins ;)

Prenez soin de vous, de vos prairies et de vos chevaux,
A bientôt,
D&A

☀️🐴 Spécial Chaleurs - épisode 1 :❌ Le danger du : "Il ne boit pas, c'est qu'il n'a pas soif !" ❌Saviez-vous que nos équ...
27/05/2026

☀️🐴 Spécial Chaleurs - épisode 1 :

❌ Le danger du : "Il ne boit pas, c'est qu'il n'a pas soif !" ❌

Saviez-vous que nos équidés pouvaient se déshydrater sans s'en rendre compte ? C'est-à-dire, sans aller boire suffisamment d'eux mêmes pour compenser les pertes d'eau liées à la transpiration ?

(Et c'est encore plus vrai pour les sportifs qui transpirent plus à cause du travail ou les séniors qui ressentent moins la soif...).

🪣💧 Une histoire d'eau et se sels... (électrolytes).

Contrairement à l'humain, le cheval qui transpire perd des quantités très importantes d'électrolytes (notamment du chlore, du sodium et du potassium...).

Or, chez les mammifères, la soif est principalement déclenchée par une augmentation de la concentration en sel dans le sang. Puisque le cheval perd proportionnellement autant de sel que d'eau via sa sueur, son osmolalité sanguine n'augmente pas. Ce qui implique que son cerveau ne reçoit pas le signal chimique de la soif, et ce, même s'il se trouve dans un état déjà déshydraté.

🧂 Utilité du bloc de sel ? Oui et non...

Un cheval carencé en sodium et en chlore ira-t-il naturellement lécher sa pierre à sel pour compenser de lui-même ? Pas forcément.

La consommation volontaire de sel est aléatoire, souvent insuffisante pour couvrir les besoins et, surtout, n'augmente pas en corrélation avec l'effort ou la sudation. Face à une fuite massive de sodium, le cheval souffre d'une sous-compensation chronique.

⚠️ Les risques réels :

Cette double "défaillance métabolique" : manque de sensation de soif et d'appétit en sel, conduit à des urgences médicales graves telles que l'épuisement, le coup de chaleur, des coliques liées à la baisse de l'irrigation intestinale, etc.

Alors... n'oublie pas de :

🧂💧 Stimulez la soif avec du sel (NaCl) :

Une pierre à sel (blanche et simple) d'une part, et un ajout de sel de cuisine, d'autre part. Les doses doivent être raisonnées en fonction de l'effort notamment et peuvent aller de 30 à plus de 100 gr par jour !

(On oublie le sel de l'Himalaya, les pierres composites de couleurs enrichies en minéraux, les likits, etc.).

🪣💧 Privilégiez les seaux et les bassines :

Les études comportementales montrent que les chevaux boivent des volumes significativement supérieurs dans un grand seau ouvert plutôt que sur un abreuvoir automatique à faible débit.

🌡️💧Surveillez la température :

Proposez régulièrement une eau tempérée (autour de 20°C, et propre !). Une eau glacée refroidit la gorge et induit un faux signal qui coupe la soif prématurément, tandis qu'une eau trop chaude peut être dissuasive.

Attention aux bassines en plastique noir qui peuvent vite chauffer et aux proliférations d'algues et de bébêtes diverses...

🩺❤️‍🩹 Et, bien évidemment, surveillez tout signe d'inconfort, de faiblesse, température corporelle, rythme cardiaque, transpiration excessive, etc.

Et veillez à ce que l'eau soit bien accessible et pas à l'autre bout du pré (!), surtout pour les plus vieux...

Alors, le saviez-vous ?

Dans un prochain épisode, on parlera des électrolytes (utiles ou non) et de la ration spéciale canicule :)

A bientôt,
D&A

⚠️🌾 Risque de fourbure : pourquoi une appli ne peut pas le prédire avec certitude ? ❌Avec le retour des beaux jours, vou...
21/05/2026

⚠️🌾 Risque de fourbure : pourquoi une appli ne peut pas le prédire avec certitude ? ❌

Avec le retour des beaux jours, vous êtes nombreux à vous interroger sur la dangerosité de l’herbe pour vos chevaux :

🤔💭 Puis-je les laisser sortir ?

🤔💭 Avec ou sans panier ?

🤔💭 Combien d’heures ?

🤔💭 À quel moment de la journée ? ...

👉 Le moment nous semble venu d’une petite mise au point :

Les applications et modèles prédictifs que vous pouvez avoir sur votre téléphone doivent être consultés avec prudence et recul.

En effet, ces outils ne prennent pas en compte toute une série de facteurs pourtant fondamentaux lorsqu’on s’intéresse aux taux de sucres dans l’herbe ; et donc au niveau de risque pour certains chevaux sensibles.

👉 Ils s’appuient principalement sur des données météorologiques plus ou moins locales.

❌ Or, la météo varie parfois à quelques mètres près dans nos parcelles, selon la pente, l’orientation, l’exposition, le vent, l’humidité du sol, la présence de haies ou d’ombre, etc.

D’ailleurs, si vous avez des chevaux en prairie, il est possible que vous passiez beaucoup de temps sur les applications météo. Et dans ce cas, vous savez à quel point celles-ci peuvent parfois "oublier" de prédire une averse… généralement pile au moment où vous aviez décidé de sortir. 😁☔

👉 Prédire un risque de fourbure est en réalité très compliqué !

D’abord parce que la fourbure est un trouble complexe, aux origines multiples : alimentation, troubles métaboliques, gestion du poids, maladies endocriniennes, surcharge mécanique, inflammation, traitements, etc.

❌ Même si l’on se limite au risque lié à l’ingestion d’herbe riche en sucres, sa prédiction reste dépendante de nombreux facteurs que ces modèles ne peuvent pas connaître précisément :

* la composition botanique du couvert végétal ;

* le stade de développement des plantes ;

* le niveau de fertilité du sol ;

* les caractéristiques du sol ;

* l’orientation et l’exposition de la parcelle ;

* la quantité d’herbe disponible ;

* le niveau de stress hydrique ;

* les modalités de gestion ;

* le profil du cheval ;

* et surtout : la quantité d’herbe réellement ingérée...

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👉 Pour donner un exemple chiffré, en 2021 au Luxembourg, un niveau différent de fertilité, sur la MÊME parcelle, a donné une partie du fourrage à 15,3 % de sucre et l'autre à 7,7 % !

La même parcelle d'herbe, même entité géographique, même météo... et un danger pourtant très différent !

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👉 Ces applis peuvent donc avoir un intérêt comme support pédagogique basique ou en guise d'outil à la sensibilisation. En revanche, un usage trop confiant de ces modèles peut conduire à des décisions inadaptées.

D’ailleurs, les applications sérieuses indiquent généralement elles-mêmes ce type de mise en garde :

* Ne remplace pas une bonne gestion de l’animal ;

* Ne remplace pas l’avis vétérinaire ;

* Sert d’outil additionnel d’alerte précoce.

Autrement dit : une appli ne remplace ni l’observation du cheval, ni la connaissance de votre prairie, ni un accompagnement par des professionnels compétents.

Alors, est-ce que vous utilisez ce type d’outil ?
Et si oui, avec quel recul ?

Prenez soin de vos chevaux et de vos prairies,
À bientôt.
D&A

🧄 🐴 Donner de l’ail à nos chevaux : réel intérêt ou dangereuse habitude ?👉 Dans nos audits alimentaires, nous sommes con...
08/05/2026

🧄 🐴 Donner de l’ail à nos chevaux : réel intérêt ou dangereuse habitude ?

👉 Dans nos audits alimentaires, nous sommes confrontés à de nombreux type de compléments, dont certains sont composés de mélanges de plantes.

Si la phytothérapie est une discipline passionnante, son exploration et les mises en garde qui en découlent ne doivent pas être oubliées et font partie intégrante de notre travail.

A cet égard, nous observons que l'ail est encore trop souvent recommandé pour éloigner les insectes et autres parasites digestifs, malgré une efficacité non prouvée et un danger avéré…

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🧄 Effet répulsif : mythe ou réalité ?

👉 On entend souvent que l'ail modifierait l'odeur de la sueur pour repousser les mouches, taons et les tiques.

Or, des études contrôlées (sur chevaux, bovins et humains) concluent que l'ingestion d'ail n'a aucun effet mesurable sur le nombre de piqûres ou la présence d'insectes sur le corps .

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🪱 Impact sur le parasitisme : une tradition ancrée…

👉 L'IFCE a testé l'ail (40 g/jour) pendant 15 jours sans réussir à mettre en évidence un impact sur l'excrétion des œufs de petits strongles.

En revanche, l'ail a des vertus respiratoires prouvées (mucolytique) et peut aider les chevaux emphysémateux à évacuer le mucus.

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⚠️ Un risque réel : L’Anémie à corps de Heinz.

L'ail contient du disulfure de propyle, souvent identifié sous le nom de disulfure d'allyle et de propyle (ou allyl propyl disulfide), une molécule que le cheval métabolise mal.

👉 Cette molécule oxyde l'hémoglobine dans les globules rouges. Elle crée des complexes précipités (corps de Heinz) que la rate finit par détruire, conduisant à une hémolyse extravasculaire : le stock de globules rouges chute plus vite que la moelle osseuse ne peut en produire, ce qui crée l'anémie.

👉 À haute dose (100 g/jour), l'anémie est facilement identifiable mais une étude a montré qu'à seulement 16 g par jour sur 3 mois, on observait déjà une baisse des globules rouges et de l’hémoglobine.

⚠️ A l’effet cumulatif : Ces substances actives se stockent dans les graisses ; un cheval peut sembler aller bien pendant 2 mois, puis déclarer une anémie à cause de cette accumulation.

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🪣 Usage des pierres à sel, seau ou blocs à l'ail...

Un cheval lèche environ 25 à 50 g de sel par jour. À 5 %, il reçoit moins de 3 g d'ail. Au regard de la bibliographie, cette dose s’avère insuffisante pour avoir un effet.

👉 Si vous souhaitez tout de même utiliser l'ail (pour le soutien respiratoire par exemple) :

✅ Viser 7,5 g par jour pour un cheval de 500 kg et ne jamais dépasser 45 g.

✅ Faire des cures de 3 semaines maximum, puis a minima 1 semaine de pause. Ne pas viser une administration régulière.

✅ Être attentif à toute baisse de forme, ou des muqueuses un peu pâles.

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🧄 Les alternatives existent ...

✅ Barrières physiques : Masques et chemises anti-mouches.

✅ Aromathérapie : certaines macérations et huiles essentielles peuvent aider (attention aux précautions : usage, choix, dilution et application méticuleuses, allergies, etc.)... Ils demandent toutefois d'être appliqués régulièrement car ils sont volatils.

✅ Lutte biologique : Favoriser un environnement riche, une haute biodiversité (avec des prédateurs naturels).

✅ Rotation de pâture et pâturage associé (notamment) : pour casser les cycles des parasites.

✅ Design d'hébergement : permettre aux chevaux de s'abriter aux heures chaudes ; aménager des haies ; placer les abris loin des fumières, etc.

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⚠️ ⚠️ Le risque de botulisme : un danger réel et invisible.

Fabriquer sa propre huile à partir d'ail frais (que ce soit pour un usage topique ou alimentaire) est dangereux si les précautions de conservation ne sont pas drastiques :

👉 Les spores de Clostridium botulinum sont naturellement présentes dans le sol et donc fréquemment sur les gousses d’ail. L'immersion dans l'huile crée un environnement anaérobie (sans oxygène) idéal pour leur développement.

Au contact de l'eau contenue dans l'ail frais, la bactérie produit alors la toxine botulique, l'un des poisons les plus puissants connus, qui attaque le système nerveux et peut être mortelle par paralysie respiratoire.

La toxine est inodore et incolore : l'huile ne change ni d'aspect ni de goût, ce qui rend l'intoxication indétectable avant l'apparition des symptômes.

👉 Si vous souhaitez réaliser une huile infusée, voici les règles à respecter :

✅ Utilisation de l'ail séché :

L'usage de flocons ou de poudre d'ail déshydratée élimine quasiment le risque, car la bactérie a besoin d'un taux d'humidité généralement supérieur à 35% pour se développer. Ces huiles peuvent être conservées à température ambiante, bien que le frigo limite le rancissement.

✅ Chaîne du froid stricte pour l'ail frais :

Si vous utilisez de l'ail frais, l'huile doit être immédiatement réfrigérée et consommée dans les 4 à 7 jours maximum. Au-delà, elle doit être jetée.

Et vous, vous utilisez encore l'ail ?

Petit rappel du jour :👉 Le muguet reste une plante toxique pour nos animaux domestiques et pour nous-mêmes (je pense not...
01/05/2026

Petit rappel du jour :

👉 Le muguet reste une plante toxique pour nos animaux domestiques et pour nous-mêmes (je pense notamment aux plus jeunes plus susceptibles d'en ingérer).

📖 Il est repris dans notre guide digital sur les plantes toxiques mais pour ceux et celles qui ne l'auraient pas encore acquis, voici quelques points d'attention :

👉 Les mécanismes d'intoxication sont liés à la présence de principes actifs dont des hétérosides cardiotoniques, cousins de ceux que l'on retrouvera dans la digitale pourpre. Ils vont notamment inhiber la pompe Na+/K+ ATPase des cellules cardiaques, entraînant des perturbations au niveau des contractions cardiaques et un risque de bradycardie voire d'arrêt cardiaque.

À cela s’ajoutent des saponosides responsables d’irritations digestives entraînant nausées, vomissements, diarrhée, coliques, etc. ... (Selon l'animal concerné puisque les chevaux ne vomissent pas).

Toutes les parties de la plante - fleurs, feuilles, tiges, racines, baies, et même l’eau du vase où trempent les fleurs - pourraient donc est susceptibles d'intoxiquer votre compagnon.

Notons tout de même que les doses toxiques restent floues et que les intoxications sont très peu fréquentes, notamment en lien avec son goût peu attractif (on se méfiera plus du foin, même si le muguet est rare en prairie).

⚠️ Mais comme beaucoup de jolies (ou comestibles) plantes sauvages, nos muguets sont souvent la cause de pillages anarchiques des les sous-bois / ou alors ils sont cultivés de manière intensive comme beaucoup d'autres fleurs et plantes ornementales...

Le mieux reste donc d'être parcimonieux dans vos cueillettes et achats et si possible de laisser le muguet vivre sa vie où il est. 🙏

Bon premier mai à tous !

👉 Cette année encore...Nous avons la chance, le plaisir et l'honneur d'être invités au Jumping International de La Baule...
27/04/2026

👉 Cette année encore...

Nous avons la chance, le plaisir et l'honneur d'être invités au Jumping International de La Baule ! 😊🥰

Nous interviendrons au sein du Village Bien-être du cheval (et de l'humain) avec des conférences et des prises de parole sur la nutrition, les prairies et surtout leurs liens avec l'écosystème et la notion de plaisir dans le travail...

Mieux comprendre nos prairies pour mieux nous respecter et pour mieux prendre en compte les besoins comportementaux et alimentaires de nos équidés, c'est possible...

Rendez-vous lors de cet évènement mythique, le second we de juin 🩵

⚠️❌ Les traitements du foin auront toujours un impact sur sa valeur nutritionnelle !Voici quelques points de réflexion g...
22/04/2026

⚠️❌ Les traitements du foin auront toujours un impact sur sa valeur nutritionnelle !

Voici quelques points de réflexion génériques :

1. Le foin trempé pendant un certain temps va perdre en sucres solubles mais également en autres constituants cellulaires (nutriments) dont des minéraux (K, P, Mg...).

👉 Il peut ainsi créer des carences mais également des déséquilibres potentiellement problématiques.

Il présente comme avantage d'être souvent mieux toléré et adapté à certains chevaux asthmatique et SME, fourbus ou obèses. Mais il n'est pas toujours appétent et doit être consommé rapidement. De plus, laissé trop longtemps dans l'eau, il peut se charger en bactéries pathogènes.

👉 Un autre point problématique est que la perte en sucres n'est pas prédictible et dépend, notamment, de la teneur en sucres initiale, du temps de trempage, du stade et de la nature des plantes fourragères, de la température de l'eau...

👉☠️ Autrement dit : c'est bien pour enlever une partie des sucres solubles mais pas toujours suffisant et cela s'accompagne d'autres risques qui doivent être gérés.

2. Le foin "cuit à la vapeur" sera généralement bien adapté aux chevaux allergiques et sensibles au niveau respiratoire.

👉☠️ Mais il perdra une partie souvent conséquente (et peu prédictible) de protéines – et de certains acides aminés en particulier – qui se transformeront et ne seront plus valorisables par le cheval...

En lien avec cette réaction, couplée à des phénomènes de lixiviation, il perdra aussi des sucres.

👉 Les pertes nutritionnelles peuvent, ici aussi, être lourdes !

⚠️ En tant que nutritionniste, nous intégrons ces réflexions à nos bilans pour vous aider à mieux équilibrer les rations de vos chevaux, en évitant des carences, pas toujours visibles immédiatement, mais dont les effets sur le long terme, peuvent être conséquents.

💸 N'oublions pas non plus l'énergie nécessaire au traitement thermique et le coût d'un appareillage professionnel (des bricolages maison sont possibles, mais demandent une grande prudence pour éviter que le steamer ne se transforme en chambre de culture pour petites bactéries ;) ).

Alors, est-ce que ça vous dirait d'explorer un point en particulier ? ☺️

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