11/02/2026
Suite à un commentaire sous un de mes derniers textes, j’ai eu envie d’aller un peu plus loin.
On parle souvent de respecter nos limites, mais je trouve qu’on mélange deux choses : choisir ses relations… et vivre en société.
Chez moi, je choisis qui j’invite.
Je choisis les gens avec qui j’ai envie d’être proche, vulnérable, vraie. Je ne vais pas me forcer à créer de l’intimité si je sais qu’on ne connectera pas.
Mais quand je sors de la maison, je suis dans le monde. Avec d’autres humains.
Je ne choisis pas la caissière, ni la personne dans la file, ni mes collègues. On partage un espace.
Et ça demande autre chose que juste dire : "je suis comme ça"
Je crois profondément aux vraies limites. Celles qui protègent l’intégrité. Celles que le corps finit par crier quand on ne l’écoute pas.
Mais je crois aussi qu’il existe une zone entre se trahir… et ne plus jamais s’ajuster.
Parce que vivre ensemble, ça demande un minimum de mouvement des deux côtés.
Oui, les personnes neuroatypiques font déjà beaucoup d’efforts pour s’adapter. Mais ça ne peut pas être à sens unique.
Ce n’est pas : "adapte-toi, on a toujours fait comme ça". Et ce n’est pas non plus : "moi je suis comme ça, à toi de t’ajuster". C’est : comment on peut se rencontrer au milieu.
Je réalise aussi ceci : chez moi, la spontanéité vient avec la sécurité.
Avec les enfants ou les personnes âgées en bénévolat, ça coule naturellement.
Mais dans certains contextes mon système se ferme.
Ce n’est pas un manque de bonne volonté. C’est mon corps.
Des fois, dire bonjour ou regarder dans les yeux me demande un effort mental et m'épuise vraiment.
Je me rends compte aussi que c’est très culturel. Dans certains endroits, on respecte davantage le silence, l’espace, la réserve. On ne demande pas une expressivité constante.
Ici, on s’attend souvent à ce que tout le monde soit ouvert, souriant, disponible et te regarde dans les yeux. Comme si c’était naturel pour tous.
Mais ce ne l’est pas.
Moi, certaines conventions sociales me demandent beaucoup d’énergie. Pas parce que je ne veux pas créer de lien. Parce que mon système fonctionne autrement.
Alors non, on ne peut pas être en relation profonde avec tout le monde. Mais on vit quand même ensemble.
Et le vrai défi est là : comment rester fidèle à soi sans se couper complètement des autres.
On peut avoir des limites solides et rester humains. On peut se respecter sans oublier le "nous".
On ne vit pas dans des bulles.
On vit ensemble.
Sabrina entre les lignes 🖤🤍🖤