20/08/2026
Cette pensée résonne particulièrement pour moi quand on évoque, lors de nos séances, cet équilibre toujours mouvant entre action et accueil.
Souvent, je peux remarquer une chose : ce qui nous freine, ce n'est pas tant le manque de courage que la façon dont on se regarde quand on trébuche. Dans ma pratique de l'ACT, j'observe que la rigidité épuise, tandis que la flexibilité permet de tenir sur la durée. Ce n'est pas une vérité absolue, juste un constat qu'on fait ensemble, jour après jour.
Contrairement aux idées reçues, « oser repousser ses limites », ce n'est pas juste sortir de sa "zone de confort". C'est bien plus : c'est la capacité d'entrer, parfois en tremblant, dans une zone d'apprentissage pour se rapprocher de ce qui compte vraiment pour soi. C'est décider d'agir même si la peur est là, même si l'incertitude est présente. Et c'est là que ça se corse : comment faire cela sans se déclarer la guerre ?
Accueillir ses pas avec douceur, ce n'est pas se donner des bons points ou se forcer à être gentil avec soi-même. C'est simplement reconnaître qu'on est humain. C'est observer ses émotions, ses pensées critiques ou ces sensations désagréables non pas comme des ennemis à abattre, mais comme des compagnons de voyage. Ils peuvent être bruyants, insistants, parfois effrayants, mais ils ne sont pas obligés de tenir le volant.
Je sais bien que distinguer « se dépasser » et « se maltraiter » n'est pas évident. On a souvent appris que pour grandir, il fallait souffrir un peu, se serrer la ceinture, étouffer le doute. Pourtant, l'expérience montre souvent autre chose : la rigidité finit par casser, tandis que la souplesse permet d'aller loin, même sur des terrains accidentés.
La pleine présence, ce n'est pas devenir un expert de la béatitude, c'est juste apprendre à devenir l'observateur curieux de sa propre marche. Quand la difficulté surgit, au lieu de s'enfermer dans le « je suis nul », on peut simplement noter : « Tiens, voici de la peur. Voici de la fatigue. Et pourtant, je choisis de faire un pas de plus ».
Choisir la bientraitance plutôt que l'autocritique, ce n'est pas se rendre la vie artificiellement facile. C'est une stratégie de survie. Une façon de ne pas s'épuiser à lutter contre soi-même pour garder son énergie pour ce qui a du sens. Je vous propose simplement de voir cette douceur non pas comme une obligation morale, mais comme un sol plus ferme pour explorer vos projets. C'est ça, l'écologie intérieure : prendre soin du terrain, même dans les zones d'ombre, pour voir ce qui peut y fleurir.