05/02/2025
BON A SAVOIR : L’endettement de la Belgique - 43.100 euros de dette par habitant ! 😢
A tous ceux qui trouvent que les mesures prises sont trop dures, trop contraignantes, anti-sociales, etc. Voici quelques chiffres :
507 milliards d’euros de dettes : comment la Belgique en est-elle arrivée là ?
Ce qui fait que chaque habitant de la Belgique a une dette de 43.100 euros à rembourser, cela ne vous inquiète pas ?
En 2023, la dette wallonne représentait 37,5 milliards d’euros, soit plus de cinq fois la dette flamande.
À l’échelle nationale, le déficit budgétaire de la Belgique pour l’année 2024 est estimé à 27,5 milliards d’euros, soit 4,6% du PIB. Et au 31 janvier 2024, l’Agence Fédérale de la Dette estimait la dette publique à 507,8 milliards d’euros, soit plus de 106% du PIB. C’est plus que la moyenne européenne. Ainsi, en 2022 (dernière année pour laquelle les statistiques européennes sont disponibles), la dette de l’ensemble des administrations publiques de la Belgique était de 104,3% du PIB contre 91% pour la Zone Euro et 83,5% pour l’Union européenne. Le déficit, plus contrasté, s’élevait à 3,5% du PIB en Belgique contre 3,6% dans la Zone Euro et 3,3% dans l’Union européenne.
Et cette différence pourrait se marquer encore un peu plus prochainement. Selon le Bureau fédéral du Plan, le déficit budgétaire de la Belgique devrait être le plus important d’Europe dans les années à venir en raison de l’inflation, du vieillissement de la population et de la hausse attendue des taux d’intérêt à long terme notamment. En 2028 la dette publique pourrait ainsi atteindre 114% du PIB selon les estimations.
Mais comment la Belgique, l’un des pays qui excelle le plus en matière de taxation en Europe, en est-elle arrivée là ?
Plusieurs facteurs l’expliquent. Selon le professeur de Finances publiques de l’UMons Joseph Pagano, la Belgique est par tradition "interventionniste", "c’est-à-dire un pays où l’État (les administrations publiques), intervient beaucoup, et prend en charge un large éventail de tâches", explique-t-il. "Ainsi, on peut considérer que l’Etat belge est 'actif' à l’égard de ses citoyens. C’est, par exemple, manifestement le cas pour notre système public de sécurité sociale qui offre une large couverture, mais dont le coût est très élevé 21% du PIB (contre 21% pour la Zone Euro et 20,4% pour l’Union). Autrement dit, en Belgique, la 'tradition' est que, face à un problème, c’est l’Etat qui tente d’apporter une solution. On a pu le constater lors de la crise financière, avec l’intervention de l’Etat belge pour sauver les banques, ou lors de la crise sanitaire, avec la vaccination gratuite pour tous et toutes, mais aussi un soutien aux entreprises et aux indépendants."
Le problème, c’est que l’État dépense trop. Ses dépenses sont même plus élevées que dans le reste de la Zone Euro et de l’Union européenne (respectivement 53,12% du PIB contre 50,5% et 49,6%). Mais si ses recettes publiques (impôts, taxes, cotisations, autres recettes fiscales et non fiscales) sont certes plus importantes que la Zone Euro et l’Union Européenne (respectivement 49,6% contre 46,9% et 46,3%), elles ne permettent pas de suivre la cadence. "Dans le budget 2024, même si on exclut des dépenses de dette, l’Etat prélève à charge des citoyens (et des entreprises) moins que le coût de ses politiques", affirme Joseph Pagano. "Le phénomène se reproduit à des degrés divers depuis la nuit des temps, pratiquement depuis 1830.
Pour résumer, on pourrait donc dire que notre niveau élevé de déficit, et donc, de dette est le résultat d’une 'tradition' de large intervention au bénéfice des citoyens, mais sans que la couverture fiscale soit assurée."
Des dépenses mal gérées
Au-delà de trop dépenser, les économistes Etienne de Callataÿ et Bertrand Candelon estiment aussi que la Belgique dépense mal. "Les dépenses publiques ne génèrent pas assez de croissance, la gare de Mons est un exemple de gâchis", estime Bertrand Candelon. "Il faut suivre les recommandations européennes et continuer à dépenser l’argent public… mais de façon efficace, dans des secteurs porteurs."
Il convient toutefois de bien les choisir. "Il y a des choses dont on ne peut plus se permettre", ajoute Etienne de Callataÿ. "En 2024, la question en Wallonie n’est plus de savoir si l’on va créer un centre sportif de haut niveau à un peu moins de 100 millions d’euros, mais où on va le créer ! Ce serait sympa d’en avoir un, mais nous n’en avons pas les moyens."
En parallèle on l’a dit, le gouvernement dépense chaque année une bonne partie de l’argent public dans la sécurité sociale, la défense militaire, la santé ou encore l’éducation, des secteurs indispensables. "Mais si le système ne fonctionne pas, il faut arrêter de croire que tous les problèmes se résoudront avec de l’argent en plus. Bien qu’il y ait des salaires à relever, ce n’est pas en payant les infirmières 10% de plus que tout ira mieux. Il faut se concentrer sur le vrai fond du problème."
Source : RTBF