20/10/2026
💋 CARTE BLANCHE 💋
On nous interroge très souvent ces dernières semaines sur l'état du marché Horeca bruxellois, sur ce que nous pensons de cette crise particulièrement injuste que le secteur traverse, sur ces faillites sans fin et les drames qui s'y jouent. Certains semblent même s'agacer que nous persistions à y voir du positif, tandis que d'autres s'évertuent à penser que nous en tirons profit, nous, courtiers, en gagnant notre vie sur le malheur des autres. Certains encore estiment qu'il faudrait maintenir un climat de sinistrose afin que le Politique prenne enfin conscience de la gravité de ce qui se passe. Tout cela est faux.
Même si l'étiquette de "courtier" nous colle à la peau, parce que c'est notre métier, il est faux de penser que nous pourrions, ne fût-ce qu'une seconde, nous réjouir de la situation de nos clients. Nous travaillons depuis si longtemps avec des personnes que nous connaissons personnellement, que nous suivons parfois depuis le début de leur projet, et qu'en tous cas nous apprécions pour ce qu'elles sont. Cela nous affecte, c'est une évidence. Voir un projet de vie sombrer n'a rien de réjouissant.
Ensuite, penser que nous en tirons profit est une idée absolument saugrenue. Qui connaît le marché Horeca et les dynamiques qui s'y jouent, connait forcément le mécanisme de l'offre et de la demande. La demande est stable, voire en augmentation, même si elle n'est pas toujours financée à la hauteur de ses ambitions. L'offre, elle, explose littéralement. A demande stable et offre élevée, nous ne vous ferons pas l'affront de vous expliquer ce que cela induit : une diminution des prix de cession, voire parfois une pression accrue sur les loyers. Pour ce qui nous concerne, et loin de nous l'idée de nous en plaindre, nous courrons comme des lièvres pour faire aboutir des opérations devenues particulièrement complexes, à des conditions au rabais, dans un marché totalement disruptif et instable.
Si nous devions, comme le pensent certains, continuer à agiter le spectre de la fin de temps et nous ensevelir dans un climat de morosité et de sinistrose, nous alimenterions plus encore une crise qui a déjà produit assez de victimes. Car ne leur en déplaise, le négatif attire le négatif. Il ne faut être ni béat, ni naïf, mais le réalisme qui doit s'imposer à tous démontre, tel l'adage, que le malheur des uns fait le bonheur des autres, ainsi vont les affaires. On peut trouver cela injuste, abject, mais c'est ainsi que les lois du marché façonnent l'Horeca d'aujourd'hui. Il faut se réinventer, trouver la formule, et faire fi des obstacles, ou mourir sur le champ de bataille, avec tous les honneurs. Un autre suivra de toute façon, y voyant une opportunité. Et heureusement d'ailleurs. A vous, développeurs de tous poils, merci de continuer à faire plaisir et créer des moments de partage et de magie. Crédit photo : Grégory Sorgeloose