14/12/2012
CHARLEROI - La troisième révolution industrielle, credo de l’économiste américain, a été présentée devant une salle comble.
Une économie non plus centrée sur la distribution d’énergie, mais sur le partage des ressources vertes : c’est la révolution qu’a présenté, devant 1200 spectateurs ce mardi soir au PBA, l’économiste américain Jeremy Rifkin, invité à prendre la parole par la société régionale d’investissements de Wallonie et ses partenaires locaux. Ex-ministre du Climat, Paul Magnette s’est chargé de l’introduction. C’est l’un des artisans du plan Marshall wallon qui a conclu : Jean-Claude Marcourt.
Rifkin n’y va pas par quatre chemins pour plaider l’urgence à changer de modèle : la dépendance au carbone favorise les dérégulations climatiques. Il n’est pas exagéré de dire qu’un réchauffement non contrôlé tuerait plus de gens et provoquerait l’extinction de plus d’animaux, d’insectes et de plantes que n’importe quelle autre pollution industrielle.
Pour Rifkin, cela impose une nouvelle vision de l’économie mondiale. C’est ce que cet expert qui conseille les États, dont l’Union européenne, appelle la troisième révolution industrielle. Exploiter le gisement infini de ressources qu’offrent le soleil et les océans, la transformation des déchets, voilà le défi majeur. «Et nous n’avons pas le choix car il n’existe aucun plan B.»
Rifkin identifie cinq piliers pour parvenir à cette «métamorphose». La première priorité, c’est se mettre en capacité de remplacer les énergies fossiles par des ressources vertes. Mais il s’agit aussi de convertir tous les bâtiments en les rendant non énergivores et d’organiser le stockage des réserves qui seront partagées. De même, les transports non polluants doivent se développer. Enfin, il est primordial d’organiser le partage de l’énergie sur le modèle de celui de l’information, à travers le réseau des réseaux.
Réinventer la production en généralisant l’impression en 3D qui permettrait de créer ici ce que l’on fabrique là-bas? Les technologies sont prêtes à cette mutation. S’il se veut optimiste, Rifkin réinsiste sur l’urgence : l’humanité doit réussir à le faire en l’espace d’une génération. Il appartient aux gouvernements de s’en donner les ambitions et les moyens.
D.A.
Vers l'Avenir sur la conférence de Jérémy Rifkin La troisième révolution industrielle