06/02/2021
: le papayer
Les inflorescences mâles typiques se caractérisent par leur longueur pouvant atteindre 5 à 120 cm. Les fleurs mâles sont du type pentamère gamosépales, gamopétales. Les sépales sont petits, soudés à leur base, verdâtres. Les étamines sont soudées à la corolle. Dans la grande majorité des cas, ces plants ne donnent jamais de fruits, mais dans certains cas, sur de vieux plants de plus de 2 ans, des fleurs bisexuées peuvent apparaître et produire des fruits.
Les inflorescences femelles sont trapues et possèdent beaucoup moins de fleurs
que les cymes mâles. Après fécondation, nous obtenons un fruit sphérique qui est
une baie. Il n'y a aucune trace d'étamine.
Les inflorescences sont trapues, un peu plus allongées que celles des fleurs femelles.
Ces fleurs possèdent étamines et pistils et peuvent s'auto féconder. Les fruits sont
des baies de forme oblongue.
Les climats chauds et humides offrent les meilleures conditions de culture pour le papayer, et la qualité des fruits, cette plante nécessitant chaleur et humidité. Des températures trop froides retardent la maturité des fruits et peuvent entraver la fécondation. En dessous de 25°C la longueur du cycle est allongé et les fruits peuvent perdre leur saveur. Ces climats peuvent également favoriser le développement de maladies fongiques qu'il convient de circonscrire avant récolt.
Elle demande une pluviométrie abondante et bien répartie, de 1 800 à 2 000 mm par an. Au cours des mois de saison sèche, il faut avoir recours à l'irrigation pour obtenir un total/mois de 150 à 200 mm.
Les sols acides et les périodes de sécheresse réduisent la résistance naturelle des plantes aux infections d'ordre fongique et promeuvent ladéformation des fruits (carence en bore notamment). Des carences en calcium durant la croissance des fruits les sensibilisent aux dégâts du froid("chilling injury"). Les sols devant recevoir une culture de papayers doivent être humifères, aérés et drainés parfaitement avec un pH compris entre
4.5 et 7.0. Si le taux d'argile ou de limons fins est trop élevé, le risque d'échec est important.
- Ne pas planter sur des sols lourds et restant humides.
- Faire un important apport de fumier (50 à 100 tonnes/ha).
Les premières fleurs dans une plantation bien tenue apparaissent 2 mois après la plantation et la floraison est continue, tout au long de l'année, sauf en zone fraîche (durant l'harmattan) ou la pollinisation ne pourra se réaliser du fait des abaissements de température. Dans ces zones un trou de récolte apparaîtra 100 à 190 jours après (écart floraison récolte moyen).
Les premiers fruits exportables sont récoltables au huitième ou au neuvième mois après plantation.
Les densités peuvent varier de 2 000 à 2 500 plants à l'hectare suivant le type de culture. Il est possible de planter en quinconce à 2 x 2 en culture non mécanisée, et à 2 x 2 x 4 (1666 plants/ha) en double rang pour la culture mécanisée.
Les distances de plantation suivantes peuvent être utilisées :
• 2.m x 2 m => 2500 plant/ha,
• 2.5m x 1.60m => 2500 plant/ha,
• 2.5 m x 1.8 m => 2222 plants/ha,
• 2.7 m x 1.8 sur le rang => 2060 plant/ha,
• 2.7 m sur le rang x 3m => 1230 plants/ha.
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Le papayer a des besoins élevés en matière organique et en éléments fertilisants principaux. En dehors de quelques cas particuliers comme les plantations sur tourbes, il s’avère nécessaire d’effectuer des apports importants de matière organique. Un épandage de 20 kg par pied correspond à 40 à 50 tonnes à l’hectare. Il faut donc disposer d’une source de matière organique et des moyens de transport adéquats.
Si le sol est compact, il est nécessaire de sous-soler profondément (60-70 cm), ensuite selon la disponibilité, faire un apport de 50 à 100 tonnes/ha de fumier de bovin et labourer en formant des ados.
Creuser pour chaque plant un trou de 50 cm x 50 cm x 50 cm, et mélanger la terre de sortie du trou avec 20 kg de fumier bien décomposé et reboucher le trou en formant une butte ; incorporer 500 g de superphosphate ou de phosphate tricalcique 200 g de sulfate de potassium et si
nécessaire de la dolomie.
Effectuer un piquetage soigné en veillant au bon alignement des rangs et des diagonales ainsi qu'à la perpendicularité des alignements. Lors de la trouaison, pour ne pas perdre le bénéfice d'un bon tracé, le piquet marquant l'emplacement de chaque arbre sera remplacé par deux autres piquets à l'aide d'une règle à planter. Ceci permettra de planter l'arbre à l'emplacement exact piqueté lors du tracé.
Avant de réaliser la plantation, il est judicieux de se renseigner auprès d'un pépiniériste sérieux sur la disponibilité en plants. En effet, les plants doivent être issus de semis, de semences certifiées, de fleurs autopollinisées ensachées contre toutes pollinisations intempestives.
La meilleure période de plantation, dans les zones humides, est le début de la saison des pluies, car la reprise et la croissance y sont meilleures; dans ces conditions, la production débutera environ 8 à 9 mois après la plantation suivant les zones. En zone sahélienne, les meilleures dates de plantation se situent après la saison des pluies de façon à ce que les plants puissent croître correctement durant la période d'harmattan.
Placer le plant en motte, débarrassé de son sachet plastique, dans une légère cavité creusée au sommet de l'ados dans le cas d'une préparation mécanique ou de la butte suivant le rebouchage de la trouaison manuelle.
Chausser la motte avec de la terre de surface prélevée dans les interlignes sans dépasser le niveau de la terre de la motte. Tasser modérément la terre rapportée autour de la motte tout au long de l'opération. Bien arroser après plantation. Un paillage du sol après la première irrigation permettra de maintenir une humidité relative favorable à la croissance des jeunes plants.
Comme mentionné précédemment, les besoins du papayer sont de l'ordre de 150 à 200 mm/mois. Durant la saison sèche, il est indispensable d'irriguer pour maintenir le potentiel fleur-fruit. Systèmes intéressants : le micro-jet ou le goutte-à-goutte. En zone sèche l'irrigation par aspersion sur frondaison donne de bons résultats car elle humidifie l’air et réduit les populations d'acariens. L'irrigation à la raie ne se pratique plus guère du fait des pertes en eau dues à ce système.
Pour juger de la qualité de l'irrigation, il faut estimer:
- La dose brute.
- La dose stockable dans le sol.
Le papayer étant sensible aux herbicides, tant que les plants sont jeunes, désherber largement à la main autour des plants et utiliser un cache pour appliquer les herbicides (paraquat) au début et ensuite, dès que les plants ont six mois, glyphosate 8 à 10 ml de produit commercial/10 l d'eau.
Traiter par temps calme et absence de vent, les troncs ne doivent pas être touchés par l'herbicide. En culture irriguée une culture intercalaire à base de pueraria ou d'une légumineuse est toujours bénéfique, car elle permet de maintenir la fertilité des sols et de lutter contre l'érosion. Cette plante de couverture sera fauchée régulièrement afin de ne pas devenir un repaire pour les insectes (acariens, thrips, pucerons)
Il est difficile, voir impossible, de pouvoir donner une fiche technique unique sur la fertilisation. En effet eu égard aux grandes diversités de sols dans lesquels sont cultivées les papayers, les doses à apporter peuvent considérablement changer.
Le principal problème de la protection phytosanitaire des papayers est la sensibilité de cette plante à la phytotoxicité. De nombreux produits utilisés couramment sur des plantes variées sans qu'ils ne causent de dégâts, provoquent de graves brûlures sur papayers.
De nombreux parasites animaux ou végétaux, plus ou moins liés aux stades de la végétation ou aux conditions climatiques, attaquent les papayers. Il est donc nécessaire d'effectuer une protection phytosanitaire. Mais cette protection fait appel à des techniques délicates et à des produits souvent dangereux. L'efficacité d'un traitement dépend au moins autant de sa bonne répartition - litrage de la bouillie, dosage de la matière active,
qualité de la pulvérisation - que de l'efficacité propre du produit utilisé.
Beaucoup de matières actives sont peu sélectives et détruisent à la fois les parasites visés et les auxiliaires, rompant les fragiles équilibres naturels que l'agriculteur a pourtant tout intérêt à protéger.
Enfin, il est impératif de respecter les autorisations d’emplois dans le pays où a lieu la culture, les délais d'utilisation avant récolte.
- Nématodes
- Acariens : Polyphagotarsonemus latus (banks)
- Tetranychus sp.
- Thrips: Thrips tabaci LIND
- Mouches des fruits: C. capitata, D. dorsalis, B. invadens, B zonata, B. cucurbitae
- Cochenilles
- L'oïdium : Oïdium caricae
- Phomopsis sp
- Cercospora papayae
- Pourriture des racines, du collet et du tronc due au Phytophthora et au Pythium.
La récolte peut se faire au moment où la coloration entre les carpelles vire au jaune (point jaune) et est fonction de la durée de conservation désirée.
Récolté vert le fruit ne mûrira pas et sera plus sensible aux dégâts du froid. La récolte exportable débutera vers les 7ème et 8ème mois après la plantation pour continuer sans être interrompue jusqu'au 20-22 mois.
Un plant peut donner jusqu'à 35-40 kg de fruits, donc un rendement de l'ordre de 60 à 80 tonnes/ha sur 22 mois. La récolte est réalisée par du personnel bien formé, muni de gants, de sécateurs ou de couteau (0.5 à 1 cm de pédoncule) qui seront désinfectés régulièrement afin de ne pas transmettre de maladies fongiques d'arbres en arbres, et de caisses plastiques, capitonnées de mousse dans lesquelles les fruits sont disposés délicatement.
Durant la récolte, tous les fruits ayant atteint le stade tournant seront récoltés, les fruits destinés à l'export entreposés dans des caisses différentes
de ceux orientés sur le marché local ou la transformation.
Rapidement après la récolte les fruits sont dirigés sur la station de conditionnement, où ils seront préparés pour l'export. Le fruit ne devrait pas être laissé longtemps dans la plantation ou dans la station d'emballage,(avant de les conditionner) comme cela se fait souvent, car il devient difficile d'éliminer les moisissures (anthracnose) et cela accélère le processus de maturation.