08/02/2026
Chaque matin, bien avant que le soleil n’embrase l’horizon, Kiedobrankiè était déjà debout.
Silencieux, la houe sur l’épaule, il avançait vers son champ avec cette détermination que seuls connaissent ceux qui n’ont que leur courage pour capital.
Les saisons passaient, mais les résultats tardaient à venir.
Une année, la pluie se faisait rare.
Une autre, les maladies ravageaient les cultures.
Et quand enfin la récolte tenait ses promesses, les prix du marché s’effondraient.
Autour de lui, les voix se faisaient lourdes :
— « Tu te bats trop pour presque rien ».
— « La terre ne t’écoute plus ».
Mais Kiedobrankiè continuait.
Il testait de nouvelles pratiques, observait, apprenait. Il tombait, se relevait, recommençait. Le soir, assis devant sa concession, le regard perdu dans le ciel, il doutait. Pas de son travail, mais du temps : combien d’années faut-il à l’effort pour devenir visible ?
Il y eut des moments de fatigue extrême.
Des jours où abandonner semblait raisonnable.
Mais chaque aube le retrouvait au même endroit : dans son champ, face à la terre.
Puis, sans fanfare, quelque chose changea.
Une parcelle donna mieux que les autres.
Un client revint.
Un voisin demanda conseil.
Kiedobrankiè comprit alors que la victoire ne surgit pas toujours comme un éclair.
Elle avance parfois à pas lents, presque invisibles.
Quand les efforts tardent, ils ne sont pas perdus : ils forgent l’homme qui saura tenir le succès quand il arrivera.
Aujourd’hui, Kiedobrankiè se bat encore.
Les défis persistent.
Mais il marche avec une certitude nouvelle : tant que l’on respecte la terre et que l’on persévère, l’échec n’est jamais définitif.
À vous, producteurs du Burkina Faso…
À vous, producteurs d’Afrique…
À vous, producteurs du monde entier…
Ne mesurez pas votre valeur
à la vitesse des résultats.
La terre met du temps à répondre,
mais elle n’oublie jamais
ceux qui la respectent.
Continuez à apprendre.
Continuez à vous adapter.
Continuez à vous battre, même en silence.
Car chaque effort invisible aujourd’hui
est une fondation solide pour demain.
La persévérance n’est pas une faiblesse.
C’est la force tranquille des vrais producteurs.