07/07/2026
Les décisions prises par la Commission bancaire de l'UMOA lors de sa 152ᵉ session marquent un véritable durcissement de la supervision bancaire. Deux établissements perdent leur agrément et sont placés en liquidation : ZEYNA au Niger pour de graves manquements à la réglementation bancaire et à la LBC/FT, et la SOBCA au Burkina Faso, dont le redressement était devenu impossible. Trois autres banques, au Niger, au Mali et au Togo, sont sanctionnées d'un blâme et d'une amende de 300 millions FCFA chacune, sans que leur identité ne soit révélée. En deux sessions seulement, les sanctions pécuniaires atteignent près de 1,65 milliard FCFA.
Ces décisions renforcent la crédibilité du régulateur et contribuent à assainir le secteur bancaire. Mais le choix de ne pas dévoiler l'identité des banques sanctionnées pose une vraie question de transparence : protéger la stabilité financière est une chose, priver les déposants et les investisseurs d'une information essentielle en est une autre.
Au-delà de ces sanctions, je pense que le débat est plus profond. La régulation bancaire ne transforme pas la logique du système ; elle en assure le fonctionnement. L'État intervient lorsque certaines banques menacent la stabilité de l'ensemble, non pour remettre en cause les rapports économiques, mais pour préserver le marché. La question fondamentale reste donc la même : le système financier est-il organisé au service du développement des peuples ou avant tout de la valorisation du capital ? Tant que cette logique perdurera, les crises et les interventions du régulateur resteront l'expression des contradictions propres au capitalisme.