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07/07/2026

Les décisions prises par la Commission bancaire de l'UMOA lors de sa 152ᵉ session marquent un véritable durcissement de la supervision bancaire. Deux établissements perdent leur agrément et sont placés en liquidation : ZEYNA au Niger pour de graves manquements à la réglementation bancaire et à la LBC/FT, et la SOBCA au Burkina Faso, dont le redressement était devenu impossible. Trois autres banques, au Niger, au Mali et au Togo, sont sanctionnées d'un blâme et d'une amende de 300 millions FCFA chacune, sans que leur identité ne soit révélée. En deux sessions seulement, les sanctions pécuniaires atteignent près de 1,65 milliard FCFA.
Ces décisions renforcent la crédibilité du régulateur et contribuent à assainir le secteur bancaire. Mais le choix de ne pas dévoiler l'identité des banques sanctionnées pose une vraie question de transparence : protéger la stabilité financière est une chose, priver les déposants et les investisseurs d'une information essentielle en est une autre.
Au-delà de ces sanctions, je pense que le débat est plus profond. La régulation bancaire ne transforme pas la logique du système ; elle en assure le fonctionnement. L'État intervient lorsque certaines banques menacent la stabilité de l'ensemble, non pour remettre en cause les rapports économiques, mais pour préserver le marché. La question fondamentale reste donc la même : le système financier est-il organisé au service du développement des peuples ou avant tout de la valorisation du capital ? Tant que cette logique perdurera, les crises et les interventions du régulateur resteront l'expression des contradictions propres au capitalisme.

Joyeuses Pâques à tous les chrétiens du Burkina Faso; entre espérance spirituelle et réflexion sur notre avenir économiq...
05/04/2026

Joyeuses Pâques à tous les chrétiens du Burkina Faso; entre espérance spirituelle et réflexion sur notre avenir économique

En ce jour sacré de Pâques, j’adresse mes vœux les plus chaleureux à toute la grande famille chrétienne du Burkina Faso. Que cette fête soit pour chacun une source de paix, de résilience, de renouveau et d’espérance. La résurrection que nous célébrons aujourd’hui nous invite à croire en un avenir meilleur pour notre nation, car l’espérance reste notre phare dans les défis économiques et sociaux que nous traversons.

Cette espérance doit aussi nourrir une réflexion lucide sur le PND 2026-2030 RELANCE, qui affiche une ambition de souveraineté productive et de transformation structurelle sous la conduite d’un État stratège. Mais au-delà du volontarisme politique, ce modèle réorganise surtout les conditions de l’accumulation dans une économie périphérique où coexistent secteurs modernes capitalisés et masses de travailleurs vulnérables. Le cœur de cette logique se lit dans la promotion du travail décent, de l’emploi formel et surtout de l’entrepreneuriat des jeunes. Or, sous une lecture inspirée de David Harvey (2005), cela traduit une individualisation du risque économique : le chômage structurel devient auto-emploi, l’absence de salariat stable devient “autonomisation”, et la vulnérabilité est rebaptisée “initiative privée”. La précarité n’est donc pas supprimée ; elle est rationalisée comme condition de compétitivité à travers les bas coûts du travail, la flexibilité maximale et la sous-protection sociale.

Comme l’a si bien résumé le Pr Mahamadou Diarra (1er avril 2026), « notre modèle économique n’est pas viable à long terme (…) nous perpétuons ce modèle d’économie de rente dont la main-d’œuvre est faiblement productive et les emplois majoritairement précaires. Un tel modèle tiendrait encore pour combien de temps ? Juste le temps du boom minier ! ? » Cette interpellation confirme qu’en l’absence d’investissements massifs dans l’éducation, la formation technique et la transformation productive profonde, la rente minière ne fera que retarder la crise d’un modèle fondé sur la précarité du travail et la faible productivité de la main-d’œuvre.

En ce jour de foi et de renaissance, puissions-nous aussi croire à la résurrection d’un modèle économique plus juste, plus productif et plus humain pour le Burkina Faso.

Et vous, pensez-vous que le boom minier prépare réellement l’avenir du pays, ou masque-t-il simplement la crise structurelle du travail et de la formation ?
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