18/03/2026
Ministère des Affaires Etrangères du Burkina Faso IOM - UN Migration in West and Central Africa ONU au Burkina Faso The International Organization for Migration- CHAD JE SUIS MIGRANT RTB IOM - UN Migration BF1 TV Burkina 24 OIM Niger OIM Mali Nouffou Ouedraogo @
Bonjour à toutes et a tous,
Les hautes herbes peuvent cacher les pintades, mais elles ne peuvent pas étouffer leur cri.
Le Burkina Faso traverse une période cruciale où l'engagement de chaque citoyen est sollicité pour bâtir une nation résiliente et souveraine. Dans ce contexte, la gouvernance migratoire représente un pilier essentiel du développement socio-économique et de la protection de nos concitoyens en générale et en particulier de notre diaspora.
Je salue l'engagement indéfectible des membres du gouvernement, dont la détermination à œuvrer pour le bien-être de la population burkinabè n'est plus à démontrer.
Cependant, il est important d'attirer l'attention des autorités sur des situations préoccupantes qui, si elles ne sont pas corrigées, risquent de compromettre les efforts nationaux et d'éroder la souveraineté de l'État dans un domaine aussi stratégique que la migration.
Mes observations récentes révèlent des agissements tendancieux de certains acteurs, se présentant comme des partenaires d'appui à l'État burkinabè, mais dont les actions tendent à se substituer aux prérogatives des institutions nationales.
Ces comportements sont d'autant plus alarmants qu'ils semblent bénéficier de l'appui, ou du moins de la complaisance, de certaines personnes occupant des postes de responsabilité au sein des institutions publiques de l'État.
C’est avec regret qu’un bras technique du ministère des Affaires étrangères, par complexe ou par manque de volonté, se laisse piétiner, entravant ainsi la bonne marche de la gouvernance migratoire. Cette situation permet à des individus, agissant dans l'ombre d'un système opaque, d'étouffer les acteurs locaux qui sont pourtant les yeux et les oreilles de ces bras techniques sur le terrain.
Ces acteurs locaux, dont la mission est de garantir que la migration des Burkinabè reflète une dynamique innovante pour le développement socio-économique du pays, se retrouvent marginalisés.
Je partage avec vous quelques situations qui illustrent ces dysfonctionnements et la fragilisation de notre gouvernance migratoire :
• Retards de réintégration des migrants de retour, ils sont censés bénéficier d'une réintégration dans un délai de 3 à 6 mois, mais attendent parfois jusqu'à un an et demi, témoignant d'une inefficacité manifeste dans la gestion des programmes.
• Le centre d'accueil de Bassinko, dont la vocation est essentielle pour l'accueil et l'orientation des migrants, n'est toujours pas fonctionnel, ce qui représente une lacune majeure dans le dispositif national.
• Le traitement alarmant des agents locaux de l'OIM Burkina soulève des interrogations sur le respect des normes sociales et la valorisation du capital humain national.
Une situation particulièrement préoccupante concerne une tentative de manipulation financière. Un acteur de la société civile a refusé d'aider les membres du système de l'OIM Burkina pour détourner plus de vingt millions de francs CFA, destinés à des activités de réintégration de migrants bénéficiaires du programme MPRR-SSA, a entraîné des représailles.
L'acteur ayant dénoncé cette tentative, ainsi que la non-prise en charge de migrants et le traitement inégalitaire des agents locaux, se voit aujourd'hui sommé par un dignitaire de ce système de ne plus participer aux activités organisées par la direction de la migration et de la réinsertion au sein du ministère des affaires étrangères, et financées par l'OIM Burkina.
Cette exclusion se manifeste par :
• L'interdiction de participer à l'accueil des migrants burkinabè de retour.
• La non-invitation à la Journée internationale des Migrants.
• L'exclusion du Groupe de travail migrations mixtes.
• La non-convocation à l'atelier de validation du rapport du Pacte Mondial pour les Migrations (PMM), etc…
Ces agissements, constituent une entrave grave à la liberté d'action des acteurs de la société civile et une tentative d'étouffer les voix critiques, essentielles à une gouvernance transparente et efficace.
Je m’interroge sur la volonté de certains individus d'œuvrer pour le bien commun. A mon avis pour que la gouvernance de la mobilité des Burkinabè reflète les objectifs escomptés et serve réellement les intérêts nationaux, il est impératif que l'État et ses institutions publiques, la société civile et le secteur privé dialoguent et définissent clairement la manière dont ils souhaitent que nos populations exercent leur mobilité.
Il est crucial de ne pas laisser les partenaires financiers internationaux se substituer aux acteurs nationaux. Une telle substitution conduirait inévitablement à une dévalorisation du capital humain burkinabè à travers la migration.
Je recommande à nos autorités d’avoir un regard sur les dysfonctionnements et manipulations au sein des structures impliquées dans la gouvernance migratoire.
Dans la mise en œuvre des politiques migratoires, on doit veiller à ce que les partenariats Internationaux soient complémentaires et non substitutifs aux efforts nationaux.
Il faut offrir un soutien nécessaire aux acteurs locaux pour qu’ils remplissent pleinement leur rôle.
Il faut également garantir la transparence et l'équité dans la gestion des programmes de réintégration et l'utilisation des fonds alloués à la migration.
Il faut protéger et associer pleinement les acteurs locaux engagés dans la défense des droits des migrants et l'amélioration de la gouvernance migratoire.
Je conclue en demandant que la voix des migrants et des acteurs dans la gestion de la gouvernance migratoire soit entendue et que les dérives soient corrigées.
A suivre...
Juste la Voix du Migrant