16/05/2014
Tambours
C'est l'instrument national. Pas seulement pour faire du bruit. Le, ou plutôt, les tambours au Burundi ont un rôle dans la société traditionnelle qui va bien au-delà du plaisir de l'ouïe. On les utilisait dans des rituels sacrés, dans des cérémonies religieuses ou royales, et ils avaient un "maître", le Karyenda, le tambour royal, utilisé lors de la fête nationale, l’Umuganuro, la fête des semailles du sorgho. Alors toute la nation célébrait les moissons. Et chaque tambour était attaché à une spécificité : un tambour pour la danse, un autre pour les déplacements du roi, un autre pour garantir la fertilité. Ils avaient des noms : comme le Nyabuhoro, dévoué à la paix et la sécurité, caché au secret à la cour royale. Le Rukinzo accompagnait le roi lors de ses voyages.
Les Batimbo autrefois gardiens de la tradition sacrée des tambours, existent toujours. Quant à l'instrument lui-même, on doit le fabriquer dans un bois spécifique, l’umuvugangoma, dont le nom scientifique est Cordia Africana. C'est un bois dur, très résistant. « Umuvugangoma », signifie littéralement en langue kirundi "faisant résonner les tambours".
La tradition perdure, grâce aux spectacles donnés par les tambourinaires, qui font vibrer les couleurs du Burundi à travers le monde dans des spectacles étourdissants.