30/07/2026
Ce n' est pas que je partage le contenu,
Je trouve que le texte est bon pour être lu
Cher Oswald,
En ce 30 juillet 2026, tu atteins tes 45 ans.
Je ne voudrais pas me contenter de te souhaiter simplement « joyeux anniversaire ».
Ton parcours politique, tes combats, tes responsabilités, mais aussi les épreuves que tu traverses aujourd’hui donnent à cet anniversaire une résonance toute particulière.
Il y a des anniversaires qui se célèbrent.
Il y en a d’autres qui invitent à méditer sur la vie, la politique, la fidélité, les retournements de l’histoire et les desseins de Dieu.
Je voudrais donc, en ce jour, te parler non pas comme à un ancien ministre, mais comme à un jeune frère de la génération politique de 2016.
2016 : lorsque l’alternance était une espérance
Tu as fait partie de cette jeunesse politique qui, avant et pendant la présidentielle de 2016, s’est mobilisée pour provoquer l’alternance au Bénin.
À travers le Mouvement pour l’Alternance 2016, devenu le Front pour l’Alternance 2016, tu as apporté ta contribution à la dynamique qui a accompagné l’avènement de Patrice TALON au pouvoir en mars 2016.
Tu n’étais alors ni ministre, ni grand dignitaire de la République.
Tu étais un jeune homme qui croyait en une cause, qui prenait des risques politiques et qui mettait son énergie au service d’une vision de changement.
Puis est venu le temps de la reconnaissance politique.
En septembre 2016, tu es entré au Gouvernement comme Ministre des Sports. Quelques mois plus t**d, tes responsabilités ministérielles se sont élargies au Tourisme et à la Culture (2017-2018), faisant de toi l’un des jeunes visages les plus visibles et les plus prometteurs du régime de la Rupture.
Pendant plus de sept années, tu as donc connu les palais de la République, les responsabilités, les honneurs, les succès, les critiques aussi, mais surtout la confiance du pouvoir que tu avais contribué à installer.
Et puis…
6 octobre 2023 : la rupture
Le 6 octobre 2023, après plus de sept années passées au Gouvernement, tu quittais tes fonctions de ministre des Sports.
Ainsi s’achevait brutalement une longue séquence de ta vie politique.
Celui qui avait contribué à faire advenir le pouvoir devenait désormais celui qui n’en faisait plus partie.
C’est ici que commence une autre leçon de la politique.
Car la politique est parfois cruelle.
Elle peut vous conduire du militantisme aux lambris du pouvoir, puis du pouvoir à la solitude ; de la confiance à la suspicion ; de la proximité à la rupture.
Elle peut même transformer les compagnons d’hier en adversaires d’aujourd’hui.
24 septembre 2024 : de la disgrâce à la prison
Mais le plus difficile restait à venir.
Dans la nuit du 23 au 24 septembre 2024, tu étais arrêté dans le cadre de l’affaire dite de tentative de coup d’État contre le pouvoir en place.
Quelle terrible ironie de l’histoire !
Celui qui, quelques années auparavant, avait œuvré à l’avènement de ce pouvoir se retrouvait désormais privé de liberté dans une affaire mettant précisément en cause la sûreté de l’État.
Puis, le 30 janvier 2025, la CRIET te condamnait à 20 ans de réclusion criminelle, dans cette affaire, aux côtés notamment d’Olivier Boko et de Rock Niéri.
Je ne veux pas, en ce jour anniversaire, transformer ton épreuve judiciaire en procès politique.
Mais je veux rappeler une vérité essentielle : l’histoire politique ne s’écrit jamais uniquement avec les verdicts des tribunaux. Elle s’écrit aussi avec le temps, la mémoire, les consciences et le jugement des générations.
Et le temps, souvent, finit par remettre chaque événement à sa juste place.
Une seule rencontre… mais une image demeurée
Pour ma part, je n’ai pas eu le privilège de te côtoyer longuement.
Je ne t’ai rencontré qu’une seule fois, au Popo Beach Hôtel de Grand-Popo.
Mais cette unique rencontre m’a laissé une image qui, malgré les années et les bouleversements, demeure dans ma mémoire : celle d’un jeune homme respectueux, calme, posé et courtois.
Je tiens à le dire aujourd’hui parce que, dans les moments difficiles, il est important de rappeler que derrière les fonctions politiques, derrière les titres, derrière les accusations et derrière les condamnations, il y a toujours un homme.
Et l’homme ne doit jamais être totalement confondu avec la fonction qu’il a occupée, ni avec l’épreuve qu’il traverse.
Cher Oswald, tiens bon !
À 45 ans, ta vie n’est pas terminée.
Ton histoire politique n’est pas nécessairement achevée.
Et surtout, ton avenir n’appartient ni aux hommes, ni aux tribunaux, ni aux circonstances : il appartient aussi à Dieu.
Joseph a connu la fosse avant de connaître le palais.
David a connu la persécution avant de connaître le trône.
Job a connu la ruine avant le relèvement.
Et Jésus nous enseigne que la croix n’est jamais le dernier mot pour celui qui demeure dans la foi.
Alors, mon cher jeune frère, ne laisse pas l’épreuve voler ton espérance.
La prison peut enfermer un corps.
Elle ne doit jamais enfermer une conscience.
La condamnation peut priver un homme de liberté.
Elle ne doit jamais lui enlever sa dignité.
La disgrâce peut faire perdre une position.
Elle ne doit jamais faire perdre ses valeurs.
Et la solitude peut éloigner les hommes.
Elle ne doit jamais éloigner de Dieu.
Je prie donc pour que le Seigneur te donne, dans cette période particulièrement éprouvante, la force de Joseph, la patience de Job, le courage de David et surtout la paix de Jésus-Christ.
Que Dieu te donne également la grâce de traverser cette épreuve sans haine, sans amertume et sans renier ce que ta conscience te commande.
Car il est des combats qui se gagnent devant les hommes.
Et il en est d’autres qui se gagnent dans le secret du cœur, devant Dieu.
45 ans : le temps d’un nouveau commencement
Cher Oswald,
Que ce 45ᵉ anniversaire soit pour toi non pas seulement une année de plus, mais le commencement d’une nouvelle étape.
Que les blessures deviennent enseignements.
Que les humiliations deviennent maturité.
Que les injustices que tu estimes avoir subies ne produisent pas en toi la haine, mais une conscience encore plus forte de la fragilité du pouvoir humain.
Et qu’un jour, lorsque les passions seront retombées, l’histoire puisse regarder chacun de nous avec plus de vérité que les hommes ne le font aujourd’hui.
Je te souhaite donc, mon cher jeune frère, un très heureux 45ᵉ anniversaire.
Je te souhaite surtout courage, force, santé, paix intérieure et espérance.
Et je voudrais terminer avec cette promesse biblique qui, dans certaines circonstances de la vie, prend une profondeur particulière : « Le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse. » Psaume 30 :6
Que le matin de Dieu se lève sur ta vie.
Que la lumière succède aux ténèbres.
Que l’espérance survive à l’épreuve.
Et que le Dieu auquel je crois te donne la grâce de demeurer debout, digne et confiant, quelles que soient les circonstances.
Joyeux anniversaire, cher Oswald HOMÉKY.
45 ans : l’histoire n’est pas finie.
Le livre n’est pas fermé.
Et avec Dieu, même après la nuit, il peut encore y avoir un matin.
Amour – Foi – Espérance. 🙏🏾
DJENONTIN-AGOSSOU Valentin,
Ancien Ministre,
Ancien Député élu.