09/09/2026
Ce qui n'est pas imposé — ou l'est de façon allégée : les exceptions à connaître
C'est ici que se trouve la vraie valeur ajoutée pour un contribuable averti : connaître les hypothèses où l'impôt ne s'applique pas, ou s'applique à taux réduit.
a) Les exonérations liées à la nature de l'opération
Les exportations de biens sont taxées au taux zéro en matière de TVA : l'entreprise exportatrice ne facture pas de TVA sur ses ventes à l'étranger, tout en conservant le droit de déduire la TVA supportée sur ses achats.
Les opérations bancaires et d'assurance, ainsi que certains produits agricoles de première nécessité, bénéficient d'exonérations sectorielles de TVA prévues par le CGI.
Les plus-values professionnelles réinvesties : lorsque le contribuable prend l'engagement, dans sa déclaration de résultat, de réinvestir le produit de cession d'un élément d'actif immobilisé dans de nouvelles immobilisations au Bénin dans un délai de trois ans, la plus-value n'est pas comprise dans le bénéfice imposable de l'exercice de cession.
Les opérations de fusion, scission ou apport partiel d'actifs entre sociétés béninoises passibles de l'IS sont exonérées d'IS, sous réserve d'engagements techniques précis pris dans l'acte (calcul des amortissements sur la valeur d'origine, etc.).
b) Les régimes incitatifs temporaires
Les start-ups labellisées bénéficient, depuis 2022, d'une exonération d'IS et de versement patronal sur les salaires pendant leurs deux premières années d'activité, puis d'une réduction de 50 % la troisième année.
Certaines entreprises industrielles (hors industries extractives) et les écoles privées bénéficient d'un taux réduit d'IS de 25 % au lieu du taux normal de 30 %.
Les zones et régimes d'investissement privilégiés (zones économiques spéciales, codes des investissements) offrent des avantages fiscaux et douaniers spécifiques, généralement conditionnés à un agrément préalable.
c) Les exonérations liées au statut du bénéficiaire
Les organisations non gouvernementales (ONG) régulièrement accréditées bénéficient, selon les termes de leur accord de siège, d'exonérations sur les droits et taxes à l'importation de matériel, sur la TVA relative à leurs projets, et parfois sur l'impôt sur les traitements et salaires de leur personnel expatrié.
L'État, les collectivités publiques béninoises et leurs démembrements ne sont pas soumis à l'impôt sur les sociétés pour leurs activités non lucratives.
d) Le cas particulier de l'impôt minimum
Attention à une idée reçue : « pas de bénéfice » ne veut pas dire « pas d'impôt ». Le CGI prévoit un impôt minimum forfaitaire de 1 % des produits encaissables, avec un plancher de 250 000 FCFA, dû même lorsque l'entreprise est déficitaire ou réalise un bénéfice très faible. C'est l'exemple parfait d'une situation où le réflexe « je n'ai rien gagné, donc rien à payer » se révèle faux — et coûteux s'il n'est pas anticipé.