06/10/2022
Canadian Archaeological Association / Association Canadienne d'Archéologie
Joint Statement on Indian Residential School Denialism by the Canadian Archaeological Association (CAA), the Society for American Archaeology (SAA), the Canadian Association for Biological Anthropology (CABA-ACAB), and the Canadian Permafrost Association (CPA)
Content Warning: This statement deals with child death and Indian Residential Schools
If you are experiencing trauma or feeling triggered, help is available 24/7 for survivors and their families through the Indian Residential Schools Crisis Line at 1-866-925-4419. Mental health support for Indigenous peoples in the lands known as Canada is available through the Hope for Wellness chatline at 1-800-721-0066 or using the chat box at https://www.hopeforwellness.ca/. The Indian Residential Schools Survivors Society provides information about these and other supports that are available: https://www.irsss.ca
The CAA, SAA, CABA-ACAB, and CPA are deeply concerned about the increasing frequency of residential school denialism in mainstream media. The one-year anniversary of Tk'emlúps te Secwépemc First Nation's announcement identifying unmarked graves at the former Kamloops Indian Residential School (IRS) in British Columbia prompted a National Post article criticizing the initial reporting on the findings and calling into question additional findings of potential unmarked graves at residential schools and a New York Post article framing them as fake news. Such denialist accounts attempt to downplay the impacts of residential schools and the tragic events that happened to the children who attended them. They are built on flawed logic, as detailed by Daniel Heath Justice and Sean Carleton here and by Kisha Supernant here.
In the year since Tk'emlúps te Secwépemc First Nation's announcement investigators have identified hundreds of additional potential burials at multiple former IRS sites. Denialist arguments call into question the legitimacy of these investigations. The fact that children died or went missing from schools is indisputable. It is supported by the findings of the Truth and Reconciliation Commission (TRC) of Canada, which compiled first-hand knowledge by survivors, extensive archival sources, and employee accounts, among many other lines of evidence.
The location of children who went missing or died at residential schools is often unknown. Families were often not informed of deaths and disappearances, records were not always kept, existing records are not always shared, markers that may have been placed have long since disappeared. For communities wanting to find their missing children, ground penetrating radar (GPR) and other near-surface geophysics and remote sensing techniques can help them locate potential graves in the absence of clear indications of where children were buried.
Disturbingly, some of the denialist arguments point out that to date none of the missing children investigations have located human remains, implying that such discoveries are the only way to “prove” that graves are present. This is profoundly disrespectful to Indigenous communities experiencing the intergenerational trauma inflicted by these schools. While it is true that we can never be 100% certain about the cause of an anomaly without excavation, it is also true that the nature of individual anomalies, and patterns of multiple similar anomalies within a given area can in some cases reduce the uncertainty to almost zero. In other words, in some cases GPR can demonstrate the presence of graves beyond a reasonable doubt, especially when coupled with additional evidence from archives or oral testimony. No one has the right to demand that Indigenous communities excavate potential graves to “prove” the demonstrated fact that there are missing children who died at residential schools. Only Indigenous communities can decide their path forward to healing.
Residential school denialism undermines the tragic loss of innocent Indigenous children. It attempts to mask the horrors that took place at these schools and derail the growing movement by governments and the broader public to redress these harms and their ongoing impact on Indigenous peoples in Canada today. It denies the truth and works against reconciliation.
The CAA, SAA, CABA-ACAB, and CPA call out the misrepresentations and false claims of denialists and strongly supports Indigenous communities’ rights to decide whether and how to search for their missing children, and how to commemorate and memorialize them. We support Indigenous leaders’ calls for access to all remaining residential school records and call upon all levels of government to continue to support communities as they walk this difficult path. The CAA will continue to develop resources to help Indigenous communities make informed decisions and training materials to help them build capacity to conduct their own investigations.
Canadian Archaeological Association Board of Directors
Deborah Nichols, SAA President
CABA-ACAB Standing Committee on Residential School Graves
CPA Board of Directors
Déclaration conjointe de l’Association canadienne d’archéologie (ACA), de la Society for American Archaeology (SAA), de l'Association canadienne d’anthropologie biologique (ACAB-CABA) et de l'Association canadienne pergélisol (ACP) au sujet du déni relatif aux pensionnats amérindiens
Avertissement : ce texte évoque la mort d’enfants et les pensionnats amérindiens
Si vous souffrez d’un traumatisme ou vous êtes en détresse, de l’aide est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 4 pour les survivants et leurs familles via la ligne d'écoute téléphonique de Résolution des questions de pensionnats indiens, au 1-866-925-4419. Des ressources en santé mentale pour les Autochtones d’à travers le Canada sont disponible via la Ligne d'écoute d'espoir pour le mieux-être, au 1-855-242-3310 ou par clavardage à l’adresse suivante : https://www.espoirpourlemieuxetre.ca/.
L’ACA, la SAA, l'ACAB-CABA, et l'ACP sont profondément préoccupées par les fréquentes occurrences de négationnisme au sujet des écoles résidentielles dans les médias de grande diffusion. À l’occasion du premier anniversaire de la déclaration de la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc au sujet de la découverte de tombes anonymes près de l’ancien pensionnat amérindien de Kamloops, en Colombie-Britannique, le National Post dans un de ses articles, a critiqué la couverture initiale de cette découverte et a mis en doute de nouvelles découvertes de potentielles tombes anonymes à proximité des pensionnats amérindiens, tandis qu’un article du New York Post les qualifiait de fake news. Le déni que renferment de telles informations revient à minimiser les impacts des pensionnats amérindiens et les situations tragiques qu’ont vécues les enfants qui y étaient placés. Il repose sur une logique biaisée, comme le montrent en détail Daniel Heath Justice et Sean Carleton ici et Kisha Supernant ici.
Depuis la déclaration de la Première Nation Tk'emlúps te Secwépemc, l’année dernière, les enquêteurs ont identifié des centaines d’autres tombes potentielles sur les anciens sites des pensionnats amérindiens. Les arguments négationnistes mettent en doute la légitimité de ces investigations. Le fait que des enfants soient morts ou aient disparu dans ces écoles est indiscutable, et cela est corroboré par les découvertes de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada (CVR) qui a compilé des témoignages directs de survivants, des sources d’archives exhaustives et des récits d’employés, entre de nombreux autres faisceaux d’indices.
La localisation des enfants disparus ou décédés dans les pensionnats amérindiens est souvent inconnue. Souvent, les familles n’étaient pas informées des décès et des disparitions, les registres n’étaient pas toujours tenus, les écrits existants ne sont pas toujours communiqués, et les marqueurs qui ont pu être placés sur les tombes ont disparu depuis longtemps. Pour les communautés qui veulent retrouver leurs enfants manquants, le radar à pénétration de sol (RPS) et d’autres moyens techniques géophysiques et de télédétection de surface peuvent contribuer à localiser des tombes potentielles en l’absence de claires indications des endroits où les enfants ont été enterrés.
Il est dérangeant de constater que certains des arguments négationnistes signalent que jusqu’ici, aucune des investigations au sujet des enfants manquants n’a localisé d’ossements humains, impliquant que de telles découvertes seraient la seule manière de « prouver » l’existence des tombes. Cela est profondément irrespectueux envers les communautés autochtones ayant vécu le traumatisme intergénérationnel infligé par ces écoles. Bien qu’il soit vrai que nous ne puissions jamais être certains à 100% de la cause d’une anomalie sans effectuer des fouilles, il est également vrai que la nature des anomalies individuelles, et les schémas de multiples anomalies similaires dans une région donnée, peuvent dans certains cas réduire presque totalement les incertitudes. Autrement dit, dans certains cas, le RPS peut prouver la présence de tombes au-delà de tout doute raisonnable, surtout quand on lui associe les preuves supplémentaires provenant des archives ou des témoignages oraux. Personne n’a le droit d’exiger que les communautés autochtones fouillent les tombes potentielles pour « prouver » le fait avéré que des enfants disparus sont morts dans les pensionnats amérindiens. Seules les communautés autochtones peuvent décider de la voie qu’elles peuvent prendre pour guérir.
Le déni au sujet des écoles résidentielles minimise la perte tragique d’enfants autochtones innocents. Il tente de dissimuler les horreurs qui se sont déroulées dans ces écoles et fait dévier la volonté grandissante dans les gouvernements et le grand public de redresser ces torts et leurs conséquences qui impactent encore les peuples autochtones du Canada de nos jours. Il nie la vérité et œuvre à l’encontre de la réconciliation.
L’ACA, la SAA, l'ACAB-CABA, et l'ACP interpellent les fausses représentations et les revendications biaisées des négationnistes et soutiennent fortement les droits des communautés autochtones de décider quand et comment elles se mettront à la recherche de leurs enfants disparus, et quand elles les commémoreront et se souviendront d’eux. Nous soutenons les demandes des leaders autochtones de pouvoir accéder à tous les registres existants des écoles résidentielles (http://nationnews.ca/community/indigenous-groups-push-catholic-church-to-release-residential-school-records/) et nous en appelons à tous les niveaux de gouvernements pour qu’ils continuent d’apporter leur appui aux communautés qui se lancent sur ce chemin difficile. L’ACA continuera de développer des ressources pour aider les communautés autochtones à prendre des décisions informées et à leur fournir du matériel de formation pour les aider à acquérir les capacités de mener leurs propres investigations.
Le bureau de direction de l’Association canadienne d’archéologie
La présidente de la SAA, Deborah Nichols
Le bureau de direction de l’ACP
Le Comité permanent sur les tombes des pensionnats amérindiens de l’ACAB-CABA