10/09/2026
🥾 DU PÈLERIN AU LEADER : DEUX CHEMINS, BIEN PLUS DE RESSEMBLANCES QU’ON NE LE PENSE.
Voilà maintenant 10 ans que je parcours des chemins de Compostelle. Dix années de rencontres, de découvertes, de dépassement de soi, de moments de doute et fatigue, de silences, de fous rires et de leçons de vie.
Au fil des kilomètres, j’ai découvert bien plus que des paysages. J’ai appris à observer l’humain, les dynamiques de groupe, les besoins de chacun et la manière dont nous avançons, ensemble ou individuellement, malgré les défis rencontrés.
Lors de mon récent Compostelle sur l’île d’Orléans, j’ai encore été touchée par ces petites choses qui, mises bout à bout, font toute la beauté du chemin.
Et plus je marche, plus je constate à quel point le chemin du pèlerin ressemble à celui du leader dans son organisation. Et plus le choix du nom de mon entreprise Le Chemin du Leader prend tout son sens.
Voici quelques-unes de ces ressemblances qui me touchent particulièrement.
🥾 1. Persévérer, un pas à la fois
Le pèlerin ne parcourt pas des centaines de kilomètres en une seule journée. Il avance un pas à la fois, même lorsque les jambes sont lourdes, que les pieds font mal ou que le découragement s’installe.
Le leader, lui aussi, doit apprendre à avancer malgré les obstacles, les décisions difficiles, les périodes d’incertitude et les défis humains.
La persévérance ne consiste pas à ne jamais faiblir. Elle consiste à retrouver la capacité d’avancer, même lorsque le chemin devient plus exigeant. Et à plusieurs, le chemin parait moins lourd.
🤝 2. Comprendre que nous n’avons pas à tout porter seuls
Sur les chemins, j’ai été témoin de magnifiques gestes de solidarité et d’entraide. Un encouragement, un pansement, un repas partagé, quelques kilomètres parcourus ensemble peuvent faire toute la différence ou simplement d’une personne qui ralentit pour marcher à nos côtés.
En organisation, le leader ne consiste pas à être celui ou celle qui a toutes les réponses ou qui porte tout sur ses épaules. Le fait de créer un environnement sécurisant où l’on peut demander de l’aide, offrir son soutien, partager les responsabilités et reconnaître que la réussite collective dépend de chacun.
Un leader qui prend le temps d’écouter, un collègue qui offre son aide, une personne qui remarque que l’autre traverse une période difficile… Ce sont souvent ces gestes tout simples qui nous permettent de continuer.
Parce que derrière chaque rôle, chaque fonction et chaque responsabilité, il y a d’abord un être humain.
🧭 3. Respecter le rythme et les différences de chacun, sans lui demander de marcher comme nous
Tous les pèlerins n’avancent pas à la même vitesse. Certains marchent seuls, d’autres en groupe. Certains ont besoin de silence, d’autres de conversations. Certains s’arrêtent souvent, tandis que d’autres poursuivent leur route.
Et pourtant, chacun a sa place sur le chemin (merci encore Éric Laliberté et Brigitte Harouni pour cela :).
Dans nos organisations, c’est la même chose. Les personnes n’ont ni les mêmes besoins, ni les mêmes forces, ni les mêmes rythmes d’apprentissage et d’adaptation.
Le rôle du leader n’est pas de faire marcher tout le monde au même pas, mais de créer les conditions permettant à chacun de contribuer, tout en avançant vers une destination commune. Comme leaders, nous avons aussi ce privilège et cette responsabilité : apprendre à regarder au-delà des comportements, accueillir les différences et nous intéresser sincèrement à la personne devant nous.
Nous n’avons pas besoin de nous ressembler pour avancer ensemble.
💪 4. Développer sa résilience face aux imprévus
La météo change. Les hébergements ne sont pas toujours ceux qu’on avait imaginés. Une douleur apparaît. Une rencontre modifie nos plans. Le parcours nous réserve parfois des surprises désirées… et d’autres beaucoup moins. Le pèlerin apprend à composer avec ce qu’il ne contrôle pas à faire de notre mieux avec ce qui se présente.
La vie organisationnelle nous demande la même souplesse. Les priorités changent, les équipes évoluent, les défis se transforment. Le leader aussi doit composer avec les changements, les imprévus, les tensions, les départs de collaborateurs et les décisions qui bousculent les plans initiaux Nous ne pouvons pas toujours choisir les circonstances, mais nous pouvons apprendre à les traverser avec plus de recul, d’ouverture et d’humanité.
La résilience, ce n’est pas simplement endurer. C’est apprendre à s’ajuster, à trouver de nouvelles possibilités et à poursuivre son chemin sans perdre complètement ses repères.
Nous pouvons être engagés sans être inépuisables. Compétents sans tout savoir. Résilients sans avoir à tout supporter seuls. Et surtout, nous rappeler que nous n’avons pas à avoir toutes les réponses immédiatement.
🪞 5. Aller à la rencontre de l’autre pour mieux se rencontrer soi-même
Sur les chemins de Compostelle, les rencontres sont souvent inattendues. Des personnes de tous âges, de toutes origines et de toutes réalités se côtoient, partagent des repas, des histoires et parfois des moments très intimes. Ces rencontres nous confrontent à nos différences, à nos jugements, à nos habitudes et à nos propres limites.
En organisation, la rencontre de l’autre est tout aussi précieuse. Écouter véritablement, accueillir un point de vue différent et chercher à comprendre avant de vouloir convaincre nous permettent de développer une meilleure connaissance des autres… et de nous-mêmes, et au delà de notre cognitif.
🌿 6. Apprendre à ralentir pour pouvoir continuer
Sur un chemin de longue randonnée, vouloir aller toujours plus vite peut nous faire oublier l’essentiel : nous sommes là pour vivre le chemin, pas simplement pour faire le chemin.
Il faut parfois s’arrêter, écouter son corps, prendre une pause, admirer le paysage et accepter d’avancer moins rapidement.
En entreprise, nous valorisons souvent les résultats, l’efficacité et la performance. Mais nous oublions parfois de nous demander comment les personnes vont réellement.
Comment va notre équipe? Comment allons-nous, nous-mêmes? Avons-nous encore l’espace nécessaire pour réfléchir, respirer et retrouver notre équilibre?
Prendre soin de soi n’est pas un manque d’ambition. Prendre soin des autres n’est pas une perte de temps.
C’est aussi une façon de préserver ce qui nous permet d’avancer ensemble, longtemps et durablement.
🌄 7. Créer des liens, accueillir les rencontres et accepter les départs
Sur les chemins de longue randonnée, des personnes entrent dans notre vie parfois pour quelques heures, parfois pour plusieurs jours. Certaines rencontres nous font rire, d’autres nous touchent profondément. Certaines nous font réfléchir ou nous permettent de voir les choses autrement.
Puis vient le moment où les chemins se séparent.
Ces liens, même lorsqu’ils sont de passage, ont leur importance.
Dans nos équipes aussi, nous croisons des personnes qui nous marquent, nous apprennent quelque chose et contribuent à notre parcours. Les équipes changent, les gens partent, de nouvelles personnes arrivent.
Nous ne pouvons pas retenir les gens, mais nous pouvons choisir la manière dont nous les accueillons, dont nous les accompagnons et dont nous reconnaissons ce qu’ils ont apporté, tout en se rappelant qu’ils sont libres de partir, car personne ne nous appartient.
🧘 8. Trouver son propre rythme plutôt que de se comparer
Chaque pèlerin a son histoire, ses capacités, ses défis et son rythme. Nous ne voyons pas toujours les efforts que l’autre doit fournir pour parcourir la même distance.
Il en va de même pour les leaders.
Nous avançons tous avec nos forces, nos zones de vulnérabilité, nos expériences et nos apprentissages. Certains jours, nous inspirons les autres. D’autres jours, nous avons besoin d’être soutenus à notre tour.
Nous n’avons pas à être des leaders parfaits et heureusement !
Nous avons à rester des leaders capables d’apprendre, de se remettre en question et de reconnaître l’humain en soi comme chez l’autre.
✨ Et si, finalement, le leadership était lui aussi un chemin?
Un chemin où l’on apprend autant dans les moments difficiles que dans les réussites.
Un chemin où l’on découvre que la force ne réside pas uniquement dans la capacité de décider, de performer ou de tenir bon, mais aussi dans celle d’écouter, de s’adapter, de demander de l’aide et de reconnaître ses limites.
Un chemin où l’on comprend que nous ne contrôlons pas tout, que nous avons besoin des autres et que notre manière d’avancer compte autant que la destination.
Nous avançons mieux lorsque nous nous donnons le droit d’être humains.
Lorsque nous savons nous entraider sans nous sauver les uns les autres. Lorsque nous respectons le rythme de chacun. Lorsque nous osons demander de l’aide. Lorsque nous comprenons que ralentir n’est pas nécessairement reculer et que la force peut aussi se trouver dans la douceur.
Et lorsque nous nous rappelons que derrière chaque pèlerin, comme derrière chaque leader, il y a une personne qui fait de son mieux avec ce qu’elle vit, ce qu’elle connaît et ce qu’elle est capable de donner aujourd’hui.
Après dix années à marcher sur différents chemins de Compostelle, je réalise que ces expériences continuent de nourrir profondément ma posture de leader, de mère, d’amie, de fille et d’humaine.
Parce qu’au fond, le leadership, comme la marche, ne se résume pas à la destination. Il se révèle dans la manière dont nous avançons, dont nous prenons soin de nous et des autres, et dont nous choisissons de traverser le chemin.
Après tout, nous sommes tous, à notre façon, des êtres humains en chemin. ❤️
C’est aussi cela, pour moi, Le Chemin du Leader.
Mylène