03/24/2026
J'me suis rendu compte, étant en train de reprendre l’entreprise de ma mom, *un marché de quartier*, que reprendre, ...c’est pas tout à fait ce que je pensais.
On parle souvent de chiffres, d’opérations, de continuité.
Mais honnêtement ?
Le plus difficile, c’est pas ça.
***C’est de prendre ma place.***
Pas dans l’organigramme : *Dans le regard des autres.*
- Être “la fille de”… avec des employés qui me connaissent depuis longtemps.
- Savoir que y'a des discussions dans mon dos.
- Expliquer des décisions… et voir que ça passe pas quand même sans raison.
Et là, j’ai réalisé quelque chose :
➡️ Reprendre une entreprise, pour moi, c’est d’abord gérer des humains.
Pas toujours simple. Pas toujours mature. Pas toujours ouvert.
On parle beaucoup de leadership et d’innovation.
Mais on parle très peu de ce que ça implique concrètement :
- composer avec des résistances silencieuses
- gérer des perceptions déjà installées
- faire sa place sans casser ce qui existe
- avancer même quand tu sens que tout le monde n’embarque pas
De mon côté, je suis pas arrivée en mode “je prends le contrôle”.
J’ai plutôt choisi de commencer en posture basse.
Observer. Écouter. Comprendre.
J’ai pris du temps avec chaque employé.
Pour créer un lien. Pour comprendre comment ils fonctionnent, comment ils apprennent.
J’ai ajusté ma façon de communiquer.
Et tranquillement, j’essaie de démontrer ce que j’apporte.
Mais soyons honnêtes : ça fait pas disparaître les tensions.
Parce qu’au fond, le vrai défi, c’est ailleurs.
- C’est de réussir à m’assumer comme entrepreneure.
- De prendre des décisions, même quand elles dérangent.
- De transformer quelque chose… sans renier d’où ça vient.
Et plus j’avance, plus je me dis qu’on passe à côté de quelque chose dans le discours sur le transfert d’entreprise.
On parle de reprendre.
Mais on oublie qu’il faut réentreprendre.
Et ça, c’est un travail profondément humain.
À la CSE du Québec, c’est exactement cette réalité-là qu’on veut adresser.
On a fait un choix clair :
***accompagner le plan humain du transfert.***
Celui dont on parle peu, mais qui est partout.
- prendre sa place
- naviguer les dynamiques avec les employés
- s’affirmer sans briser les relations
- comprendre ce qui se joue dans l’équipe
- développer une posture solide dans un contexte souvent chargé
Concrètement, on crée des espaces pour permettre aux repreneurs de prendre du recul, de mettre des mots sur ce qu’ils vivent… et d’ajuster leur posture et leurs actions.
Parce que ce n’est pas ce qui est visible qui fait dérailler un transfert.
C’est souvent ce qui se joue en dessous.