06/17/2026
Éditorial no 5 : Quand le silence est un message
Dans les derniers éditoriaux, nous avons abordé les micro-comportements.
Comme vous vous en doutez, ce ne sont pas les seules causes de l'effritement d'un climat de travail.
L'humain est habile et rempli de subtilités qui ne sont pas toujours évidentes à détecter. Il utilise parfois des moyens plus discrets pour exprimer son inconfort, son désaccord, sa peur ou encore sa volonté de se protéger.
Ici, vous aurez deviné que je parle du retrait, de l'isolement et, plus particulièrement, du silence.
Pour pouvoir l'identifier adéquatement, plusieurs situations nécessitent de l'observation, une écoute attentive ou tout simplement une véritable considération pour autrui.
Pour un climat de travail, les silences révèlent souvent beaucoup plus que les mots ne le feraient.
Mais comment les identifier réellement?
En voici quelques exemples :
• Vous est-il déjà arrivé d'assister à une réunion où personne ne questionne, ne contredit, mais où personne ne semble réellement adhérer au discours?
• Un collègue qui s'isole de plus en plus et qui ne prend plus le temps d'aller dîner avec l'équipe comme il le faisait auparavant.
• Une situation malsaine où un comportement déplacé est observé par plusieurs témoins, mais que personne ne souhaite dénoncer.
• Des employés qualifiés et performants qui choisissent soudainement de démissionner.
• Des employés qui quittent l'organisation et qui, lors de leur entrevue de départ, n'ont rien à dire sur les raisons de leur décision, sinon qu'ils ont trouvé mieux ailleurs ou qu'il s'agit simplement d'un choix personnel.
• Des ret**ds et des absences qui se multiplient sans explication apparente.
À première vue, ces situations peuvent sembler banales ou isolées.
Pourtant, elles ont souvent un point en commun : elles peuvent être l'expression d'un silence.
Un silence qui prend différentes formes: Parfois, le silence de la peur, le silence d’un retrait ou encore d’une résignation. Et parfois même, le silence de ceux qui voient, qui comprennent, mais qui choisissent de ne pas intervenir.
Ce qui est particulièrement troublant, c'est que ces silences passent souvent inaperçus. Nous les voyons, les entendons mais nous n'en saisissons pas toujours la signification.
Nous poursuivons nos activités car après tout, on est ici pour faire notre boulot. Les échéanciers eux n’attendent pas et le travail continue de s’accumuler et ce « n’est pas de mes affaires ». J’en ai bien assez avec mes défis, mes problèmes.
Et la vie suit son cours.
Puis un jour, nous apprenons qu'une personne est en arrêt de travail, qu'elle vit une détresse psychologique, qu'elle a quitté l'organisation ou qu'elle n'en pouvait tout simplement plus.
Et là, on ne comprend pas trop et nous sommes tous étonnés!Pourtant, les signes étaient peut-être déjà présents.
Le silence n'est pas le problème en soi mais plutôt le signal.
C’est un signe qu’il y a quelque chose qui ne va pas et que cela mérite qu’on y porte attention. Le silence est un signal clair qu’un inconfort s’installe, se vit.
C’est le signal qu'un climat est fort possiblement en train de se transformer.
Et si les silences qui nous entourent n'étaient pas simplement une absence de mots mais plutôt des messages que nous avons cessé d'entendre?
Dans le prochain éditorial, nous poursuivrons notre réflexion sur ces dynamiques souvent invisibles qui façonnent le climat de travail, parfois davantage que les événements eux-mêmes.