16/06/2026
Ce week-end était beau. Riche. Choisi.
Le lundi, j'ai payé.
Samedi matin comme coutume. Le dojo.
Le zazen s'installe sans bruit. Pas un silence vide, un silence dense, presque compact. Les corps alignés, la respiration qui descend d'un cran sans qu'on lui demande rien.
Le système nerveux cesse de négocier.
Tu repars avec une clarté et serenité après une semaine bien chargée.
Le soir, le soufisme.
La musique tourne sur elle-même. Les voix s'empilent, se répondent, se dilatent et au centre, la musique et la robe. C'est beau. Trop peut-être. Blanche. Le tissu se soulève en corolle parfaite, comme si la gravité avait accepté de négocier. Le derviche disparaît dedans, mes sens aussi.
Dimanche. Eglise * 2 dont L'église de Pérols.
Le quatuor Aurore. La pierre qui renvoie le son comme une mémoire ancienne. La lumière filtrée, douce mais insistante. clin d'oeil à la vierge Marie.
Tout est beau, mais une beauté qui demande une forme de tenue intérieure.
Et puis les applaudissements.
Dans cet espace-là, ils résonnent autrement. Plus secs. Plus frontaux. Une rupture de texture.
Tu applaudis. Tu souris. Tu restes dans le lien car tu aimes ça!!!
Mais quelque chose, très discrètement, a déjà changé de densité.
Lundi matin.
Le corps ne négocie pas. Il ne refuse pas. Il s'éteint partiellement.
La lumière passe les volets comme si elle était trop proche. Les sons arrivent avec un léger décalage et l'arrivée des cigales perdent de leur poésie.. 😢
Tout ce qui est à faire est visible. Intact. Accessible en théorie.
Mais rien ne passe, c'est l'épuisement.
L'après-midi, la pinède de Saint-Sauveur.
Elle ne demande aucun ajustement. Elle n'interprète rien. Elle ne s'intensifie pas.
Les pins tiennent leur place. La lumière glisse entre les aiguilles sans forcer le regard. L'odeur de résine reste à la même hauteur dans l'air.
Le corps ne se défend plus.
Mon organisme retrouve, brièvement, un environnement où il n'a pas besoin de se contracter.
Le TDAH et le TSA ne se voient pas dans les intensités choisies.
Ils se voient dans le coût.
Le TDAH ne fait pas l'économie de l'intensité. Il l'est. Et le coût, de facto, l'est aussi.
Le cœur de ma démarche: sensibiliser, encore et encore, ceux qui ne savent pas encore regarder.
Et pour celles et ceux qui sont encore dans le masking qui sourient, qui tiennent, qui font comme si, sachez que vous n'avez pas à continuer à vous rendre invisibles pour être acceptés.
Le masking protège. Il épuise aussi. Et il vous prive de vous autoriser à vivre en paix avec votre trouble et les autres de vous connaître vraiment.
N'ayez pas peur de perdre. Ce qui part quand vous vous montrez vraiment, ça n'aurait pas tenu de toute façon. Le trouble, lui, restera. Pour la vie. Autant l'accueillir à visage découvert.
Peace and love