12/07/2026
Mon meilleur outil de négociation ? Ma culture.
Le programme Greenpreneur ne m'a pas seulement appris à concevoir un projet environnemental.
Il m'a aussi appris à mobiliser une compétence que nous sous-estimons souvent : notre intelligence culturelle.
Dans le cadre de notre projet pilote CÔTE D'IVOIRE RESPIRE, je devais rencontrer plusieurs responsables à la mairie de Yamoussoukro.
Quand j'entre dans un bureau, je vais droit au but. Je me présente, j'explique mon projet, je pose mes questions.
Puis arrive toujours le moment où l'on échange les noms.
C'est là que je sors ce que j'appelle mon... "calage culturel". 😄
"Je m'appelle Jeriel Sé."
Je raconte que Jeriel est un prénom d'origine hébraïque qui signifie "Dieu voit".
Puis vient mon nom.
Beaucoup pensent immédiatement que je viens de l'Ouest ivoirien.
Je souris.
J'explique que le nom de mon père, Agni d'Aboisso, était à l'origine SAY, mais que l'administration coloniale l'a progressivement transformé en SE.
Et je termine toujours par cette petite phrase :
"À défaut, vous pouvez aussi m'appeler Son Excellence... puisque SE en est l'abréviation !" 😄
À chaque fois, les éclats de rire détendent immédiatement l'atmosphère.
À Yamoussoukro, je me suis retrouvée face à deux responsables baoulés d'un certain âge.
Lorsque je leur ai expliqué que j'étais Agni, je leur ai lancé avec le plus grand sérieux :
"Comment pouvez-vous rester assis pendant que votre reine est debout à vous poser des questions ?" 😄
Le fou rire a été général.
L'un d'eux m'a répondu :
"Vous, les femmes Agni, on vous connaît... vous voulez toutes épouser un Baoulé pour devenir femme de Président !"
Nous avons tous ri.
Mais ce moment a surtout créé une relation de confiance.
Depuis, mes échanges sont plus fluides, mes relances plus naturelles et mes démarches beaucoup plus agréables.
Cette expérience m'a rappelé une chose essentielle :
Nos compétences techniques ouvrent des portes. Notre capacité à créer du lien les laisse ouvertes.
J'aime profondément ma culture.
J'ai appris à la connaître.
Aujourd'hui, elle nourrit ma confiance, facilite mes échanges et enrichit ma manière de porter mes projets.
Comme le disait un ancien Président ivoirien :
« Quand on t'envoie, il faut savoir t'envoyer. »
Et parfois... cela commence par une bonne histoire, un sourire et un peu d'humour.