08/05/2024
LA DESTRUCTION DES INSTRUMENTS DE L'ECONOMIE INFORMELLE
Un vaste programme d'assainissement et d'amenagement du Grand Abidjan, conduit, dit-on par le District, est en train d'opérer un bouleversement économique sans précedent en Côte d'Ivoire.
La destruction des quartiers précaires, de l'occupation du domaine public par des kiosques, étables, des pousse-pousse, la repression du commerce sur la voie publique, des marchés sponstanés ...etc, a pour effet également de réduire de manière significative les instruments de l'économie informelle à Abidjan.
Les textes, depuis l'Ohada, jusqu'aux lois de finances n'autorisent plus que les acteurs économiques soient inconnus et ne paient pas de taxes ou impôts.
Mais la pratique est que beaucoup de gens de métiers et de petits commercants sont inconnus et ne contribuent pas au prélèvement fiscal.
La société a majoritairement cautionné cette économie parallèle, qui absorbe une grande partie de la liquidité monétaire en circulation. Sans registre de commerce, sans autorisation d'occupation, des individus issus surtout des classes défavorisées et de l'immigration se livrent à des activités génératrices de revenus, peu ou prou avec l'approbation des autorités communales. De petites taxes journalières et des macarons apposés donnaient à ces personnes un semblant de légalité.
Mais avec le grand ménage actuel, on constate:
- les lieux de résidence de fortune détruits
- les occupations du domaine public détruits
- la saisie des marchandises
- la destruction des outils de travail ou leur saisie.
L'impact social est désastreux, mais du point de vue économique, cette concurrence déloyale faite aux vrais acteurs regulièrement installés prend fin. Leurs bénéfices vont croître et consolider leurs entreprises.
Mais il est trop tôt pour se prononcer, car il n'est pas facile de mettre fin à une économie qui repose sur la survie. Coupez la tête de l'hydre, il en repoussera deux autres.
Paul Zirimba,
Directeur de Jurismedia
+225 07 77714400.