29/07/2024
𝙇𝙀 𝙋𝙍𝙀́𝙎𝙄𝘿𝙀𝙉𝙏 𝙇𝘼𝙐𝙍𝙀𝙉𝙏 𝙂𝘽𝘼𝙂𝘽𝙊 𝙋𝘼𝙍𝙇𝘼𝙄𝙏 𝘼𝙐 𝙋𝙀𝙐𝙋𝙇𝙀 𝘼𝙏𝘾𝙃𝘼𝙉 𝙇𝙀 𝟭𝟵 𝙈𝙖𝙧𝙨 𝟮𝟬𝟮𝟮 :
" Quelque fois, je vois des choses que les autres ne voient pas. C'est ça mon drame, ma difficulté. Je reflechis à des choses auxquelles les autres ne reflechissent pas".
« Chers amis Ebrié, je vous remercie. La Côte d'Ivoire a eu comme Présidents Felix Houphouet-Boigny Henri Konan Bédié , Gueï Robert , et puis après moi, Laurent Gbagbo . Si vous vous êtes attachés à moi, je prends ça comme un signe d'amitié , de camaraderie et un honneur personnel. Je vous remercie pour cet honneur. Je vous remercie pour ces signes d'amitié et de camaraderie.
Mais ce qui est arrivé aux Ebrié, il faut que nous veillons à ce que cela n'arrive pas aux autres Peuples de Côte d'Ivoire.
C'est en 1930 que le colonisateur qui voulait faire un port sur les côtes de la Côte d'Ivoire a découvert ce qu'on appelle le trou sans fond. C'est un trou, pas loin du canal de vridi, qui est très profond et dont on arrive pas à trouver le fond. Donc ce trou là était très pratique pour le capitaine qui était chargé de chercher une localité pour construire le port parce que pour lui tous les déchets allaient être avalés par ce trou et ce trou là se trouvait au bord de la Lagune Ebrié
Donc en 1930, ils ont décidé de déménager la capitale de Bingerville et de l'emmener a Abidjan à cause de ce trou. Les travaux ont donc continué puisqu'ils avaient commencé. Ces capitaines avaient en charge la constrution du port et la contruction du chemin de fer Abidjan-Niger qui a finalement été un chemin de fer Abidjan -Ouagadougou, à cause des difficultés financières.
Mais quand ils sont venus s'installer à Abidjan, ils n'avaient pas pensé aux Peuples qu'ils allaient trouver à Abidjan, c'est à dire qu'ils n'ont pas pensé aux Ebrié. Ils ont pensé à construire leur ville, leur capitale, un point un trait.
Le premier acte qui a été posé, ça a été de récupérer Anoumabo parce qu'Anoumabo était là où il y avait la gare du Bus au Plateau, près de la Lagune , vers la place de la République . Et ils ont mis Anoumabo derrière la lagune parce qu'il fallait absolument séparer les noirs des blancs. Et nous même quand nous sommes arrivés à Abidjan en 1962, Aby blaise peut le témoigner , j'étais un Gaou dans la capitale. Une fois d'ailleurs, je cherchais où était le Lycée Classique d'Abidjan alors que j'étais devant. Je venais de Treichville à pied et j'ai demandé à un Monsieur où se trouvait le Lycée Classique. Il me dit espèces de gaou (rires).
Donc ils ont déplacé Anoumabo mais tous les problèmes ne se sont pas réglés. Le pont est construit, mais le pont on l'appelait le pont flottant. Le pont qui est le pont Felix Houphouet-Boigny, on l'appelait le pont flottant parce qu'il était fixe qu'à partir de 1958. Parce qu'il fallait que les noirs qui travaillaient au plateau, l'endroit où travaillent les blancs, rentrent chez eux à une certaine heure. Et quand ils rentraient à Treichville, on cassait le pont et plus personne ne pouvait passer jusqu'au lendemain. Le lendemain matin, on remettait le pont pour que les noirs puissent travailler. Et vers 17 heures, on les faisait partir et on recassait le pont.
Adjamé, il n'y avait pas de lagune, donc on ne pouvait pas faire un pont flottant. Donc qu'est ce qu'ils ont fait ? Ils ont construit 02 camps militaires qui à partir de 17 heures fermaient les routes.
Voilà comment la société était organisée.
Evidemment il n'y avait plus d'Ebrié au Plateau. Évidemment. Mais le Plateau ce n'était rien encore. Plus la ville se développait, plus les Ebrié étaient dépossédés de leurs terres devant nous et vous pouvez demander à Aby blaise. Nous étions en première en 1964 au Lycée Classique d'Abidjan quand on a construit l'hôtel Ivoire sur les terres de Blockauss. Et quand les Ebrié de Blockauss se sont plaints, parce qu'ils faisaient leur champ, un monsieur, dont je ne dirais pas le nom car il vit encore, est allé là-bas et leur a dit, vous avez la chance que le Président Félix Houphouet-Boigny vous laisse encore vos cases et vous vous plaignez. Mais nous on était là, on a vu et on a entendu. On nous demande aujourd'hui pourquoi on a été opposant, mais quand tu as vu tout ça….
Les deux plateaux n'existaient pas. Pourquoi on appele ça aujourd'hui deux plateaux ? C'est à la mort de Degaulle. Degaulle est mort à "Colombe des deux Eglises" . Tous les Chefs D'Etats africains sont allés aux funérailles, certains sont descendus de l'avion en pleurant. Et quand ils sont revenus des funérailles, on a ouvert la route au carrefour de la vie, il n'y avait pas de routes , il y'avait un fossé et nous, jeunes gens, on allait à pied au lycée. Mais tous les villages Ebrié qui étaient là-bas , on a récupéré leurs terres et on a construit ce qu'on a surnommé Cocody les deux plateaux comme colombe les deux eglises.
Entre cocody et bingerville, c'était la forêt quand j'étais petit. C'était des plantations. Aujourd'hui , allez voir. Mais ces forêts là appartenaient à quelqu'un, à des gens, qui en tiraient leur nourriture.
Yopougon , Yopougon , j'ai fait le tour pour expliquer comment progressivement on a spolié les Ebrié. C'est pourquoi je demande au PPA-CI de faire un colloque sur le développement de la ville d'Abidjan pour que si une autre ville se développe, on évite les abus qui ont eu lieu a Abidjan.
Ici encore à Songon, vous avez la chance, vous avez un peu encore la chance que vous êtes un peu loin. Yopougon, il y'avait Koute, et il y'avait quelques villages de Yopougon . Anonkoua koute, yopougon koute c'etait dans la brousse, nous qui allions à Gagnoa, on passait, on voyait une Eglise qui avait une cloche mais c'était dans un village . Plutard, on a vu que cette cloche n'était plus isolée, et que la Sicogi avait fait une vaste opération qui allait de la route à la lagune. Le jour, j'ai vu j'étais surpris. Il n'y avait plus de brousse.
L'urbanisation d'Abidjan a dépouillé totalement les Ebrié. C'est pourquoi quand je suis devenu Président , j'ai fait ce que j'ai pu pour donner à des fils d'Ebrié, des postes qui pouvaient leur permettre d'essayer de corriger un peu eux-mêmes. Parce que je me disais si cela arrivait dans mon village, qu'est ce qu'on deviendrait. Sinon ce n'est pas parce que je suis généreux mais c'est parce que je réfléchis un peu. Donc voila mes frères , et il nous faut continuer à nous battre.
Regardez Abobo aujourd'hui . Regardez Marcory, Port-Bouet , Vridi, Songon, tout, tout est parti. Je vous dis Yako pour ça , je vous dis Yako pour cette grande souffrance, parce qu'en Afrique où les peuples sont paysans, un peuple qui n'a plus de forêt, qui n'a plus de brousse , de surface cultivable est un Peuple misérable . Je vous dis Yako.
Battons-nous, continuons à nous battre pour ça. Déjà en 30 ans, le sort des Ebriés était scellé. Quand nous sommes arrivés à l'indépendance en 1960, ça faisait 30 ans que les blancs s'étaient installés à Abidjan et le sort des Ebriés était scellé. C'est ça qui me préoccupe au lieu des discours politiciens. Quelque fois je vois des choses que les autres ne voient pas. C'est ça mon drame et ma difficulté. Je réfléchis à des choses auxquelles les autres ne réfléchissent pas. »
𝗟𝗔𝗨𝗥𝗘𝗡𝗧 𝗚𝗕𝗔𝗚𝗕𝗢
𝗦𝗼𝗻𝗴𝗼𝗻-𝗔𝗴𝗯𝗮𝗻, 𝗹𝗲 𝟭𝟵 𝗺𝗮𝗿𝘀 𝟮𝟬𝟮𝟮