11/09/2021
TIASSALE : LE POINT LEGENDAIRE DE L’EXODE BAOULE-ASSABOU
Feu nanan Aka Kiédjié Jean, Chef coutumier et héritier de la princesse Tanoh Adjo à Tiassalé, avec dans sa main un tabouret royal et sacré de ces ancêtres.
Selon feu Nanan Aka Kiédjié paix à son âme,’’ le cortège royal de la reine Ablaha Pokou passa le fleuve Bandaman et le confluent N’zi, et s’arrêta quelques temps à Tiassalé. La reine Ablaha Pokou, installa dans cette région, la princesse Tanoh Adjo sa cousine princesse à la tête d’un détachement d’éclaireurs, appelé en langue baoulè « Lomouafouè », devenu « Elomoin » par déformation.
Qui signifie ’’ Les éclaireurs ou les devanciers ’’. Pour assurer la garde de la rive droite du fleuve Bandaman et ses débouchés en direction de la mer (Gd-Lahou), jadis le port flottant.
Pour éviter la montée en crues du fleuve Bandaman jusqu’à leur résidence à « AKAWA 1». Ce qui se traduit littéralement « J’y suis j’y reste » par déformation.
« AKAHIRA », aujourd’hui un site sacré sur l’île du fleuve Bandaman. La reine Pokou, enfonça dans le tronc d’un fromager un clou vers Gblou-Gblou pour délimiter son royaume.
Tiassalé le sommet du triangle renversé du royaume Baoulè, Tiassalé devenait le premier royaume Assabou-Agoua baptisé « Akawa 1», avant « AKAWA 2 » de N’DRANNOUAN, capitale économique et politique des souverains Assabou-Agoua.
AKAHIRA est parti du fait que la reine Pokou, était entourée de l’eau et son avenir restait sombre. C’est pourquoi la population Assabou décida de déplacer le palais de la reine Pokou sur le bord du cours d’eau appelée « Pétémé », derrière l’actuelle résidence du Préfet de la ville de Tiassalé. Ce cours d’eau fait l’objet d’adoration par les membres de la famille royale de la princesse Tanoh Adjo ici à Tiassalé.
Après le départ de la reine Pokou et les Assabou-Agoua dans le centre du pays, Akahira deviendra le cimetière royal des Elomoin spécialement de la lignée de Tanoh Adjo. Le dernier souverain inhumé dans ce cimetière fut « Krouramani » en 2006 paix à son âme.
Il faut signaler que, pour accéder à ce site hautement sacré, on y aille en pirogue avec les corps des défunts de la ligné de Tanoh Adjo. Akahira, est le 1er site occupé par la reine Ablaha Pokou dès son arrivé dans la région de Tiassalé, avant sa marche vers le centre du pays de la Côte d’Ivoire. Elle confia un trône en bronze à Tanoh Adjo sa cousine pour pérenniser son royaume.
Les Dida font partis des populations akans et ils sont aussi des peuples de l’exode d’Ablaha Pokou jusqu’à Tiassalé, vers la fin du XVIIe siècle.
C’est à partir de Tiassalé qu’ils se sont séparés du groupe principal (Baoulè), avant de se fondre définitivement dans la forêt. Chargés de procurer des lianes pour la construction du palais de la reine Pokou, ils ne sont plus jamais revenus, égaré dans la forêt pour devenir un peuple de forêt et seront appelés Dida.
Le mot « Dida » est un terme péjoratif de deux (2) expressions : « Dida-Mamli », qui se traduit littéralement ’’ Manger et dormir ’’ et sont égarés. Cette expression est attribuée par leur frère baoulè. Ces populations vont se constituer en plusieurs tribus et villages. Parmi lesquels, Dabori est l’un des premiers villages.
Tiassalé est l’un des points importants d’éclatements des peuples de l’exode Baoulè.
Le cortège de la reine Pokou, s’ébranla vers les régions de Taabo à l’orée de la savane. La reine procéda l’installation des populations Souamlin.’’ Les porteurs d’Eponges ’’ qui servaient autrefois à charger les mousquets ou les fusils de traite. Ces populations étaient chargées d’indiquer aux nouveaux arrivants de l’exode, la nouvelle direction prise par le cortège royal en partance pour le centre du pays.
« TA-YA-BO » par déformation « TAABO », qui signifie, la forêt de cent tas d’or, qui est l’un des points légendaires de l’histoire de l’exode des Baoulè. C’est ce lieu précis qui a servi le paiement des amandes des 100 tas d’or exigés aux peuples Souamlin par la reine Ablaha Pokou, que découla le nom «TAABO».
Ensuite le cortège de la reine Pokou, remonta vers le nord à travers les savanes à rôniers au sud de la ville Toumodi. Il longea le cours d’eau le kan jusqu’à Klaklassou dans la sous-préfecture actuelle de Dimbokro. La reine installa dans cette région une colonne militaire « Agba et N'gban » pour garder le confluent N'zi au sud.
Ce rassemblement d’une longue durée, en pleine savane vers la sous-préfecture actuelle de Tiékiékro, connu une grande transformation. Ce groupe s’éclata en plusieurs tribus : Agba et N’gban. Ce site est aujourd’hui désigné sous l’appellation « AGBAKPLI-KLOFFOIN », qui servait anciennement le site des populations « AGBAKPLINOU ».
La reine Ablaha Pokou y laissa : Agba Yassiélou, Agba Kolia, Agba N’gahï et Agba Saha, qui sont des principaux chefs de file de la division Agba, avec des consignes strictes d’attendre ses instructions. Elle se dirigea ensuite sur le site actuel du royaume N’Drannouan, avec nanan Akpindrin Mlan le chef d’État-major de l’armée Assabou pour y fonder le royaume Baoulè à quelques kilomètres de la ville actuelle de Bouaké, situé sur l’axe routier Bouaké-Didiévi en passant par la Léproserie de Manikro-Didiévi, distant de 12 Km.
La 1ère version Elomoin précise que le 1er Curé qui à servir dans cette localité était un Blanc Français et cela remonte depuis l’époque coloniale. Il estima que le trône en bronze de la princesse Tanoh Adjo, était un objet banal et sans valeur. Il le confisqua, aujourd’hui ce symbole ancestral se trouve dans un Musée privé à Toulouse en France.
La 2ème version de feu Ettien Aka Louis ex-sous-préfet de son état, paix à son âme fils, d’Ettien Koménan ancien roi de Tiassalé. Précisait dans son manuscrit : les objets royaux authentiques et sacrés ont été jalousement conservés par ses descendants jusqu’à nos jours, à l’exception du trône authentique de la princesse Tanoh Adjo. Ce trône qui contient le crâne Tano Moro a été brûlé en 1903 (sur l’ordre d’un missionnaire français) pour empêcher qu’il ne devienne sujet d’idolâtrie. Mais comment diantre un objet sans valeur peut-il se retrouver dans un Musée français ?
La situation géographique de Tiassalé fit d’elle plus t**d une métropole, un centre commercial.
Les gens venaient de tous horizons pour effectuer des achats; des marchandises Européennes arrivaient de Grand-Lahou autrefois Brignan ancien port flottant. On y trouvait de grands magasins.
Cependant il arrivait que pour certains produits, qui manquaient des acheteurs fussent contraints d’attendre longtemps le retour des pétrolettes et des piroguiers. Cela les amenait à dépenser tout ou une grande partie de l’argent destiné à l’achat de leurs marchandises. Cette situation a fait dire à des commerçants que « Hôtchè hô sallo ! » ou « Atchè hô sallo ». Ce qui signifie ’’plus ça dur, plus ça se décolore ’’. Le nom « Tiassalé », est une déformation qui trouve là son origine.
Il existe trois (3) clans Elomoin repartis en trois groupes (Akpassoua) à savoir:
1- Manko fouè
2- Wanguié fouè
3- Kpakobo fouè
Ces populations sont reparties sur cinq (5) villages à savoir :
1- Kpakobo (Tiassalékro)
2- Niamoué ou Wanvouè
3- Tabakien
4- Ahua
5- N’zianouan
Ces populations Elomoin forment le Baoulè-sud. Le territoire du grand groupe baoulè s’inscrit, dans la forme triangulaire dont le sommet renversé du royaume Baoulè à pour repère Tiassalé. Il est limité au nord par une ligne horizontale (la base du triangle) partant de la montagne l’Owrogo à quelques kilomètres au nord de la ville de Toumianou et traversant la ligne au nord de ce village le Bandaman en suivant la limite des tribus N’zikpli, et Nanafouè du sud. Tiassalé constitue l’un des points d’éclatements des peuples de l’exode des Baoulè, conduits par la reine Ablaha Pokou.
La déformation de leur langage est due au faite des brassages ou à cheval sur les autres populations voisines.
Le cortège royal remonta vers le nord à travers les savanes à rônier à l’orée de la savane de «Tayabo », qui signifie,’’ la forêt de cent tas d’or 100 tas d’or ’’, qui constitue l’amende versée à la reine Ablaha Pokou. « TAABO » Par déformation.
La reine, installa en ces lieux les populations Souamlin. « Les porteurs d’Eponges ». Eponge, servant à charger les mousquets, ou fusils de traite. Les Souamlin devaient indiquer aux nouveaux arrivants de l’exode la direction prise par le cortège de la reine en direction du centre du pays de la Cote d’Ivoire.
La caravane ensuite passa au sud de la ville actuelle de Toumodi et longea le cours d’eau de la rivière kan jusqu’à Klaklassou en pays Agba-Alanguira dans la sous-préfecture de Dimbokro. La reine Pokou installa, en ces lieux d’autres populations Assabou-Agoua donc, les Agba-Sakiaré, Agba–Assabou et N'gban pour garder le confluent N'zi au sud.
Je dis qu’à N’DRANNOUAN à AKAWA, nous savons toujours, faire les choses avec des preuves matérielles historiques et irréfutables des faits et non en moitié.
C’est juste pour apporter des éclaircissements que les Elomoin et les Souamlin font parties des populations Assabou et sont arrivées avec la reine Ablaha Pokou, dans ces régions. C’est elle qui installa et donna aussi des noms.
Que ceux qui font des publications des ouvrages, sans faire le contact avec les sachant des localités revoyaient leurs copies.
A suivre…
NANAN MOUNGOH 2
D’AKAWA