28/08/2026
VENDREDI ROUGE : DE LA COMPASSION À L’ACTION POLITIQUE
Je m’associe pleinement à la douleur, à la colère et à l’indignation exprimées à travers cette campagne du Vendredi Rouge. Derrière chaque féminicide, il y a une vie fauchée, une famille brisée, des enfants traumatisés et une société qui, trop souvent, semble s’habituer à l’horreur.
Je salue donc cette initiative et celles qui la portent. Mais il faut aller plus loin. Le féminicide doit être juridiquement reconnu et spécifiquement criminalisé au Cameroun. Notre arsenal pénal ne peut continuer à traiter comme de simples faits divers des meurtres de femmes commis dans un contexte de violences fondées sur leur condition de femme. Il faut changer de paradigme, inverser l’échelle de nos valeurs et faire de la protection des femmes et des enfants une véritable priorité de l’action publique.
Mais une question fondamentale se pose : qui vote les lois ? Ce sont les institutions issues de nos choix électoraux.
Alors, aux initiatrices du Vendredi Rouge, je voudrais lancer un appel : faites de cette campagne un mouvement citoyen et électoral. Demandez à toutes les femmes, à toutes les filles majeures et à tous les citoyens attachés à la protection de la vie de s’inscrire massivement sur les listes électorales et d’aller voter. Le 31 août est la date butoir. Nous sommes déjà le 28. Le temps presse.
Parce qu'il ne suffit plus de porter du rouge, de publier une photo et de dénoncer après chaque drame. Il faut aussi conquérir le pouvoir de changer la loi.
Femmes du Cameroun, inscrivez-vous.
Votez.Choisissez celles et ceux qui feront de vos droits une priorité. Et demain, votez des lois qui protègent réellement les femmes et les enfants.
Le Vendredi Rouge ne doit pas être seulement une campagne de sensibilisation. Il doit devenir le commencement d’un sursaut citoyen. Une femme assassinée n’est pas un fait divers. Un enfant violenté n’est pas une fatalité. Et protéger les vies doit enfin devenir une priorité politique.