29/06/2025
CHAPITRE I : LE KOULBA DE KOURA, UN ELAN D'ÉVEIL DE CONSCIENCE
-Mère : Koura je t'ai déjà demandé de laver ton koulba. On dirait un vieux torchon.
-Koura : Est-ce que je vais à une soirée de gala ? Ce n'est qu'en brousse.
-Mère : Tu finiras par attraper la gale.
-Koura : Je compte aller me chercher en ville. Nous sommes en 2025. Les discours des uns nous promettent un avenir meilleur.
-Mère : Si vieillesse pouvait si jeunesse savait...
-Koura : Nous sommes confiants.
-Mère : Je me rappelle de plusieurs campagnes électorales. Ton oncle s'était même rallié à l'opposition pour une bonne cause. L'ancien pont Allemand de l'époque était rouillé. Les deux rives étaient reliées par des billes de bois pour permettre aux enfants d'aller à l'école. Ils étaient obligés d'y aller... Les malades guérissaient en pensant à la traversée du pont à risques sur la route du dispensaire. Les fidèles n'allaient plus à l'église parce que la route était si boueuse...
-Koura : Cette année, nous irons aux meetings en koulba. Aucun t-shirt, ni tissu pagne d'aucun parti politique ne sera arboré sur nous. Nous allons arborer ce qui ne nous déçoit pas. Seul le koulba, quand tu le portes, tu prends ta machette, ta houe et la hotte, tu contournes la maison et tu regardes vers la direction de la brousse pour implorer les larmes du ciel de couler afin d'arroser nos cultures malgré le changement climatique qui déstabilise nos ensemencements...
Mon fils et moi pouvions discuter des misères de notre village et de l'actualité politique comme si ces débats allaient changer nos conditions de vies précaires.
Nous n'avions pas besoin de meeting, de vote, de promesse fallacieuse mais des projets ruraux qui allaient améliorer notre vie. Ces belles initiatives devaient empêcher les jeunes à songer à l'exode rural.
De retour du champ, j'avais retrouvé mon fils assis sur un tabouret. Il écoutait la radio. De nombreux débats et émissions radiophoniques, de l'actualité politique du pays.
Il dormait. Mais ses oreilles écoutaient les commentaires. À peine, il avait défait ses pieds de bottes. Il arborait encore son pantalon sale et noirâtre de saleté des travaux champêtres. Son t-shirt déchiré était recouvert de sueur. Les mouches rôdaient autour. À la récolte. On dirait un futur miel à base de sueur. Certaines s'apposaient même sur son visage.
-Mère : Koura, réveille-toi ! Tu finiras par avaler quelques mouches. Sans aucune vitamine !
-Koura : J'ai rêvé que je me lavais sous la do**he après mon retour des champs dans un village qui peine à boire de l'eau potable...
A suivre...