07/01/2017
Les APE, un coup de pouce au développement du Cameroun
La piètre qualité des produits « made in Cameroon » n’est plus à démontrer. Il suffit de se rendre sur nos marchés pour le constater. Il est triste de constater que personne ne se donne plus la peine de produire des biens de qualité. L’usage général est de mal imiter ce qui se fait de mieux ailleurs. Production pour des besoins alimentaires, d’appât du gain… En effet, la conjoncture ne donne pas du temps au producteur camerounais pour peaufiner sa création. Soit parce qu’il a faim, ses enfants et le reste de sa famille, soit parce qu’il veut devenir très rapidement richissime. Vous me direz certainement qu’à cause de cette même conjoncture, l’entrepreneur camerounais n’a pas les moyens en termes de matériels d’assurer une production de biens et de services de qualité concurrentielle. La vérité c’est que les productions sont aussi médiocres à cause de l’absence de la notion justement de concurrence dans le quotidien des chefs d’entreprises camerounais. De la revendeuse au marché en passant par les très petites entreprises jusqu’aux PME, le seul mérite de ces acteurs est d’avoir eu le courage de se jeter dans la fabuleuse aventure qu’est l’entrepreneuriat.
La chance que nous autres avons eue est que nous sommes nés à la fin d’un siècle et pas n’importe lequel, c’est celui qui a suivi le siècle des lumières. Celui qui a permis à l’Homme de se rendre compte que tout est possible. Nous vivons dans le siècle présent avec l’espoir de voir le prochain grâce à nos connaissances scientifiques. Nous avons vu finir un millénaire et vu commencer un autre. Alors sachant ce que nous avons, comment pouvons nous nous permettre de penser que l’arrivé de la concurrence nous fera du mal ? Une concurrence avec de meilleurs produits, une concurrence qui nous ouvre encore plus son marché dans lequel nous opérons déjà avec 46% de nos exportations. Nous ferrons là d’une pierre plusieurs coups : nous produirons mieux, nous produirons du neuf (innovation), nous réfléchirons pour garder notre part de marché tout en nous créant de nouvelles parts, nous aurons un management moins opaque, des PME dynamiques le tout pour un consommateur satisfait. Il serait donc préférable de se demander que faire pour tirer meilleur partie du libre échange entre l’Union européenne et nous ?
D’abord, ne pas avoir peur. Si vous êtes un chef d’entreprise ce n’est pas pour rien. Des gens comptent sur vous (employés, clients et même l’Etat). L’échéance est proche il faut se préparer pour ne pas avoir de regrets.
Ensuite, s’informer. Quel genre de produit l’UE vendra sur notre territoire ? Quelles entreprises les vendront ? Pourrais-je devenir leur partenaire, leur représentant sur place ? Est ce qu’en fusionnant avec d’autres PME camerounaises, je pourrais m’en sortir ? Quel produit pourrais-je vendre dans l’UE ? Dans quel pays en particulier mes produits pourront prospérer ? Etc. détenir ce genre d’information sera capital pour les PME opérant dans les secteurs visés.
Enfin, élaborer des stratégies managériales. N’hésitez pas à prendre des consultants et experts. Le pays en regorge. Ressources humaines, comptabilité, contentieux, commercial, communication, marketing, recherche et développement, prospective, télécommunication, sidérurgie, agro-alimentaire, mécanique auto et que sais-je encore.
Sans doute, je ne vois que le meilleur dans ces accords, mais c’est pour notre bien à tous. Pour notre développement, notre croissance, notre émergence. Inexorablement, nous nous rapprochons de la date fatidique. Avons-nous arrêté de nous plaindre ? Sommes-nous mis au travail ? Car du travail il y en aura. Jusqu’à ce jour, la seule évolution palpable dans le développement des PME au Cameroun c’est l’ouverture de leur banque. Demandez-vous à quoi elle servira si les principaux concernés demeurent dans l’inertie en attendant les grâces d’un quelconque réseau pour gagner un marché. Les APE sont là, la banque est là, les PME sont légions…il nous manque quoi ?
Clément Emaga