07/02/2024
Le carcinome épidermoïde ou tumeur de l’œil chez les bovins :
Le carcinome épidermoïde est également appelé épithélioma spinocellulaire (squamous cell carcinoma dans les données publiées anglo-saxonnes). Il est parfois simplement baptisé “tumeur” ou “cancer” de l’œil en pratique courante, malgré la possibilité d’autres localisations de ce type tumoral. L’œil et ses annexes sont la principale structure concernée . La vulve et le périnée peuvent aussi être affectés, ainsi que les cornes d’après les publications.
La localisation oculaire est de loin la mieux documentée. Comparée aux autres tumeurs des bovins, elle serait la plus fréquente et à l’origine des pertes économiques les plus importantes au niveau mondial, par saisie de carcasses aux abattoirs et réforme anticipée.
La localisation vulvaire est décrite partout dans le monde, mais son incidence est plus faible et elle est moins étudiée. Selon une r***e de 2004, le carcinome épidermoïde affecterait essentiellement des vaches européennes élevées en Afrique, alors que Hartnagel rapporte, en France, 2 cas chez des montbéliardes dont 1 présentait conjointement une lésion au niveau de l’œil.
Bien que l’origine exacte de l’affection soit toujours incertaine, l’influence de différents facteurs a été reconnue dans la carcinogenèse : l’exposition aux rayons ultraviolets (UV) et l’absence de pigmentation épidermique (péri-oculaire, périvulvaire, etc.). Une implication virale a aussi été fortement suspectée.
Les divers éléments pourraient agir de concert . En France, les deux cas rapportés en 2002 par Hartnagel ont été observés en altitude (les UV y sont moins filtrés par l’atmosphère) chez des montbéliardes (races dépourvues de pigmentation péri-oculaire, à berceau génétique étroit). Le même type de lésion était présent chez la mère de ces 2 vaches (sœurs), mais aussi chez d’autres animaux du troupeau. Pareille observation est compatible avec les trois facteurs étiologiques avancés vis-à-vis du carcinome épidermoïde (pigmentation, composante génétique, implication virale), sans qu’aucun n’ait été confirmé dans ce cas particulier .
→ L’exposition prolongée aux UV serait le facteur de risque majeur. Les radiations actiniques et notamment les UVB ont un effet carcinogène par diminution de la réponse immune et par activation virale. Ils entraînent des mutations d’oncogènes et de gènes suppresseurs de tumeurs, ainsi que des mutations spécifiques de la protéine p53 induisant une prolifération cellulaire incontrôlée. Des facteurs génétiques sont également mis en cause (impliqués dans 17 à 40 % des cas) dans le développement de ce cancer.