25/05/2021
Pourquoi imposer aux constructeurs automobiles qui convoitent notre marché la réalisation d'usines de montage avec des objectifs de taux d'intégration irréalistes du fait de l'absence d'une sous-traitance nationale et de la taille du marché qui sera d'autant rétrécie avec la multiplication des constructeurs agréés... au moins pour éviter un marché oligopolistique où le client (et même l'Etat) sera à la merci de ces constructeurs. Ceux-ci ne pourront pas, du fait de leur multiplication, atteindre la taille critique pour l'avantage concurrentiel. Cela sera d'autant plus difficile, voire impossible, si ces derniers se lançaient dans l'embouteillage des éléments de carrosserie. Or, sans cela il ne peut y avoir de réelle industrie automobile...
A moins que l'on change totalement d'approche et proposons aux constructeurs automobiles de localiser en Algérie des segments nobles de leurs chaînes de valeur, des segments intenses en technologies et à forte valeur ajoutée. Cette option oriente l'Algérie vers la voie d’exportateur de sous-traitance à haute valeur ajoutée. Donc difficilement substituable et avec un effet d’entrainement fort sur les PME et les universités nationales. Ce peut être par exemple la localisation en Algérie de la fabrication de moteurs électriques, hybrides et hybrides rechargeables, la fabrication de batteries lithium-ion, de systèmes électroniques embarqués (software et hardware) qui vont se généraliser dans les voitures de demain.
Avec une telle approche nous évitons de postuler à être un pays de main-d'œuvre low cost au coût social énorme et aux perspectives bouchées.
Mais, au final, on aura concilié vision ambitieuse de long terme et gestion dynamique et proactive d'une sévère contrainte de court terme (faiblesse des ressources en devises vs très forts besoins en automobiles). Il est certain que sur le court/moyen-terme la balance commerciale tendra vers l'équilibre pour être structurellement bénéficiaire à long terme pour le secteur automobile.
Dr Mourad PREURE
Ceux qui s’attendaient à voir passer à la vitesse supérieure le dossier de l’importation et de construction des véhicules en Algérie, après le limogeage ...