18/03/2025
La fiscalité coloniale en Algérie : un système discriminatoire et oppressif
Je me suis penchée sur ce sujet dans le contexte actuel, où le débat en France met en avant les prétendus bienfaits de la colonisation, relayés depuis des mois par les médias mainstream.
Cela m'a amenée à me poser plusieurs questions :
- Qui a financé les infrastructures coloniales : l’État français, les colons, ou les populations autochtones ?
- Quel était le rôle des impôts et taxes imposés aux autochtones dans ce financement ?
- Dans quelles conditions la main-d'œuvre autochtones a-t-elle été mobilisée (travail forcé, corvées, salariat sous-payé) ?
Je me suis donc d'abord intéressée à la fiscalité de l'époque, élément clé pour comprendre les mécanismes de financement.
Sous le régime colonial français, les autochtones algériens étaient soumis à un système fiscal injuste. Non seulement ils payaient presque tous les impôts européens, mais ils devaient également s’acquitter de contributions spéciales réservées aux populations locales. L'application de cette fiscalité discriminatoire a duré de 1830 jusqu'en 1919 (89 ans !) et même après la fiscalité est restée inégalitaire.
Voici un aperçu de ce système fiscal colonial :
1. Les impôts autochtones :
- Achour : Un impôt sur les récoltes, fixé à 10 % du rendement net (après déduction des semences).
- Zekkat : Un impôt sur le bétail.
- Lezma : Un impôt de capitation (par tête) appliqué principalement en Kabylie.
- Hockor : Un impôt spécifique à Constantine, perçu sur les terres collectives, fixé à 20 francs par charrue.
Ces impôts, hérités de la période précoloniale, ont été maintenus et adaptés par l’administration française, mais ils pesaient lourdement sur les populations locales.
2. Les taxes supplémentaires : une double peine
En plus des impôts autochtones , les Algériens étaient soumis à des taxes assimilées :
- Taxe militaire : Destinée au financement des troupes coloniales.
- Droits d’inspection et de licences : Applicables aux commerçants et artisans.
- Contribution des patentes : Instaurée dès 1830.
3. Un système fiscal discriminatoire
Ce système fiscal colonial était complexe et inéquitable :
Les autochtones payaient des impôts spécifiques en plus des taxes européennes.
Les recettes fiscales autochtones représentaient une part significative du budget colonial.
4. Pourquoi en parler aujourd’hui ?
Il est important de comprendre les héritages coloniaux et leurs impacts sur notre société.
📚 Pour en savoir plus, je vous invite à lire : "Les impôts indigènes en Algérie" d’Alexandre Henry Dupuy (1910), une source précieuse pour comprendre ce système fiscal complexe.