06/10/2025
⛏ Mise en lumière sur l’avancée de la post-fouille de Vendine (Haute-Garonne). Ce site, fouillé au printemps 2024, avait révélé les vestiges d’une occupation rurale antique, au travers de plusieurs épandages, bâtiments et fossés (cf. post du 20/12/2024).
🔎 Désormais en phase d’étude, divers spécialistes et archéologues se penchent sur l’interprétation des vestiges et leurs relations, leurs datations chronologiques, leur environnement… Ainsi, F***y Bellet et Clara Sarradin , respectivement spécialistes de la céramique et du métal antiques, réalisent actuellement deux études mobilières importantes pour la compréhension du site.
🔬 Identification des objets
Chaque objet ou fragment d’objet est dans un premier temps nettoyé, puis analysé minutieusement. Les éléments déterminants sont dessinés, photographiés, mesurés. Quand l’objet est suffisamment conservé, la céramologue s’aide notamment d’un conformateur pour en dessiner le profil ou bien recherche son diamètre d’ouverture au travers d’un réglé. Des radios peuvent également être réalisées sur les objets métalliques, aidant dès lors la spécialiste en révélant leur forme originelle, cachée sous une gangue de corrosion.
Tout en s’appuyant sur des référentiels déjà existants, ces étapes constituent autant d’informations clés pour l’interprétation du mobilier.
🏺 Que racontent ces objets
Les deux études mobilières ont permis de confirmer la vocation domestique de l’occupation rurale antique de Vendine. La vaisselle céramique est constituée de bols, coupes et assiettes en sigillée, mais également de céramique commune utilisée pour le service ou la cuisson. De nombreux fragments d’amphores de Tarraconnaise témoignent par ailleurs de l’importation de vin espagnol. On retrouve parmi le mobilier métallique des objets liés à l’artisanat (lame de couteau) et à l’ameublement (ferrures). Des objets plus fins associés au soin et à la parure sont également présents, tels des fibules, une cuillère-sonde (cosmétiques) ou des fragments de miroir en alliage cuivreux. Si tous ces objets sont attribués à la période romaine, certains d’entre eux disposent de formes caractéristiques du Ier siècle ap. J.-C, permettant ainsi d’affiner la chronologie du site.
À l’issue de ces deux études mobilières, le quotidien d’un établissement rural gallo-romain du tout début de notre ère a pu être mis en lumière. Ces données seront par la suite complétées par d’autres analyses, tant mobilières que paléoenvironnementales ; les structures identifiées seront comparées à d’autres vestiges analogues, afin de caractériser avec le plus de précision possible l’occupation antique. Affaire à suivre donc ! 😊