26/03/2026
Restauration d'un panneau de bois représentant l'adoration des bergers.
Le goût de la "patine du temps", un sujet auquel se trouvent bien souvent confrontés les restaurateurs.
Sous cette charmante formulation se cache la préférence personnelle de certains pour cette coloration jaune-brunâtre en surface des œuvres. Une envie de conserver ces tons, qui ne sont plus ceux d'origine, mais qui sont alors perçus comme esthétiques et témoins de l'ancienneté de l'œuvre.
Dans l'imaginaire commun s'est ancrée cette vision des œuvres sombres, brunes, aux couleurs chaudes et "écrasées", héritées notamment d'une époque où les œuvres étaient, à l'exception des grands chef d'œuvres, laissées en l'état : leur vernis oxydé et leur composition écrasée par la crasse.
Comme si avant le XXe siècle, la peinture était monochrome, les couleurs chatoyantes inexistantes. Pourtant la peinture n'a rien de l'évolution du cinéma : passant du noir et blanc aux couleurs.
Les pigments naturels, puis synthétiques ont toujours permis des tons vifs, semblables à ceux saisis par l'œil.
Alors quel plaisir quand nous intervenons sur des œuvres, notamment anciennes, que de pouvoir retrouver ces teintes d'origine, riches et vibrantes, comme pour ce panneau.