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Déploie son savoir-faire au service des organismes internationaux, des TPMEA au Congo/BZ

17/06/2026

A titre de rappel:

CONGO-BRAZZAVILLE : LE FMI REVIENT À LA CHARGE. MÊMES REMÈDES, MÊME MAL ?

Analyse RVBK Conseil

Rapelons que le 11 mai 2026, le Congo-Brazzaville a demandé un nouveau programme au FMI, un an seulement après la fin du précédent. L'objectif de ce nouveau programme est de " soutenir la relance économique et renforcer la maîtrise des finances publiques". Dixit le Gouvernement.

Mais le FMI repond : des recommandations. Encore. Presque mot pour mot les mêmes qu’hier. Cela s'apparente à une sorte de "dépit" et d’"errements répétés".

RVBK Conseil en décrypte sur 5 points:

1. LE DIAGNOSTIC FMI : 90% DE DETTE/PIB, IL FAUT ASSAINIR MAINTENANT

Le FMI pose le constat sans détour : la dette publique du Congo dépasse 90% du PIB fin mars 2026. Le pays est surendetté, principalement auprès de 3 créanciers : la Chine, les banques africaines du marché CEMAC, et les détenteurs d’Eurobonds sur les marchés internationaux. En langage simple cela signifie que 9 francs CFA sur 10 de richesse créée par le pays servent à rembourser ou refinancer une dette ancienne. La marge de manœuvre budgétaire est quasi nulle. D’où l’exigence du FMI : un "assainissement des finances publiques" avant toute relance.

2. LES 5 EXIGENCES DU FMI POUR VALIDER LE NOUVEAU PROGRAMME

Pour débloquer les fonds du programme de mai 2026, le FMI ne demande pas l’impossible. Il demande d’appliquer, enfin, ce qui était déjà prévu. Voici les 5 axes :

1. Maîtrise de l’endettement:

Réduire les dépenses publiques non prioritaires. Apurer les arriérés dus aux entreprises congolaises qui étranglent l’économie. Utiliser les surplus pétroliers, quand le baril monte au-dessus du prix budgétaire, pour rembourser la dette extérieure et non pour de nouvelles dépenses. Le but : casser le cycle "on emprunte pour rembourser".

2. Réforme fiscale et douanière:

L’État dépend à 75% du pétrole. Le FMI exige d’élargir l’assiette fiscale : faire payer l’impôt à ceux qui ne le paient pas. Rationaliser les exonérations accordées aux entreprises. Dématérialiser les procédures à la douane et aux impôts pour réduire la fraude et accélérer les recettes. L’objectif : faire rentrer plus d’argent sans pétrole.

3. Diversification économique:

75% des recettes = pétrole. C’est trop risqué. Le FMI pousse sur 3 secteurs moteurs : agriculture pour nourrir le pays et créer des emplois, télécommunications pour capter la croissance numérique, transports pour désenclaver et réduire le coût de la vie. Sans diversification, chaque chute du baril = crise budgétaire.

4. Gouvernance et transparence:

Moderniser l’État, rendre traçable chaque franc CFA qui entre et qui sort. Optimiser la transparence budgétaire : publier les contrats, les marchés publics, les comptes de la SNPC. Pour le FMI, pas de prêt sans confiance. Pas de confiance sans transparence. Sur ce point , les comptes de SNPC sont bien publiés tous les ans!

5. Protection sociale:

La protection sociale au Congo est un paradoxe: il faut réduire les dépenses, mais protéger les plus vulnérables. Le FMI demande de maintenir les dépenses sociales prioritaires : santé de base, écoles, transferts sociaux. Et de préserver le pouvoir d’achat face à l’inflation. L’ajustement ne doit pas écraser les ménages. En d'autres termes ce n'est pas à la SNPC de construire les écoles!

3. LE DÉPIT DE RVBK Conseil : POURQUOI "ENCORE LES MÊMES RECOMMANDATIONS" ?

C’est là que le bât blesse. Ces 5 axes, le FMI les répète depuis 2019. Programme 2019-2022, r***e 2024, nouveau programme 2026 : le discours ne change pas.

Pour RVBK Conseil , c’est le signe de 2 problèmes :

1. Côté FMI : l’institution a peu de leviers hors "discipline budgétaire". Elle ne peut pas créer du pétrole ni des usines. Son seul outil, c’est la rigueur.

2. Côté Congo : les réformes structurelles butent sur l’exécution. Une loi votée n’est pas une loi appliquée. Une exonération supprimée sur le papier revient sous une autre forme. La douane se dématérialise à Brazzaville mais pas à Pointe-Noire. Et , le résultat : on tourne en rond. Le Congo revient voir le FMI tous les 12-18 mois pour éviter le défaut. Le FMI ressort le même carnet de recettes. Les populations subissent l’ajustement sans voir la diversification promise.

4. L’ENJEU DE CE NOUVEAU PROGRAMME 2026 : UN PROGRAMME DE SURVIE OU DE TRANSFORMATION ?

Ce nouveau programme n’est pas un chèque en blanc. C’est un contrat de confiance. Si le Congo applique vraiment les 5 axes, il peut passer de "pays qui gère sa dette" à "pays qui réduit sa dette". La clé est dans l’ordre :

1. Apurer les arriérés pour relancer les PME.

2. Rentrer plus de recettes hors pétrole.

3. Mettre les surplus pétroliers dans le remboursement.

4. Investir dans l’agriculture et le transport.

5. Protéger les plus pauvres pendant l’ajustement.

Si une seule étape saute, le programme échoue comme les précédents.

CONCLUSION RVBK CONSEIL

Le FMI ne découvre rien. Il exige ce que toute entreprise en difficulté ferait : réduire les charges, encaisser plus, rembourser ses dettes, investir dans l’avenir, protéger ses salariés. Le dépit de RVBK Conseil est compréhensible. Mais la solution n’est pas de changer de recommandations. La solution est de les appliquer jusqu’au bout, 5 ans de suite. C’est là que le Congo gagnera sa crédibilité et sortira du cycle des programmes d'urgence.

VR Au Carré

DETTE PUBLIQUE DU CONGO: LE VÉRITABLE RISQUE N’EST PAS LE MONTANT, MAIS LA STRUCTUREPar RVBK Conseil – Analyse financièr...
17/06/2026

DETTE PUBLIQUE DU CONGO: LE VÉRITABLE RISQUE N’EST PAS LE MONTANT, MAIS LA STRUCTURE

Par RVBK Conseil – Analyse financière à partir du Rapport mensuel de la Caisse Congolaise d’Amortissement (CCA), mars 2026.

À fin mars 2026, la dette publique de la République du Congo s’établit à 9 227 milliards FCFA. En apparence, cette dette progresse modérément (+0,67 % en un mois), ce qui pourrait laisser penser que la situation est sous contrôle.

Pourtant, une lecture approfondie des chiffres révèle une réalité plus complexe : le principal défi du Congo n’est pas tant le niveau de sa dette que sa structure, son coût et les contraintes de remboursement qui pèsent sur les finances publiques.

Le premier enseignement du rapport concerne la place prise par le marché financier de la CEMAC dans le financement de l’État.
Avec 2 844 milliards FCFA, soit près de 31 % de l’encours total, cette catégorie représente désormais le premier poste d’endettement du pays. Une dette de plus en plus dépendante du marché financier régional. Cette situation appelle toutefois à la prudence. Une part importante de ces financements repose sur des Bons du Trésor Assimilables (BTA), dont les maturités varient entre 26 et 52 semaines. En pratique, cela signifie que l’État doit revenir régulièrement sur le marché pour refinancer ses échéances. Le risque n’est donc pas uniquement financier ; il est également lié à la liquidité. Si les investisseurs devenaient plus prudents ou si les conditions de marché se dégradaient, le refinancement pourrait devenir plus difficile et plus coûteux.

Le second sujet de préoccupation concerne la dette intérieure conventionnée et non conventionnée, qui représente plus de 2 593 milliards FCFA, soit près de 28 % de la dette totale. Derrière ces chiffres se trouvent notamment les créances des entreprises, fournisseurs et prestataires ayant travaillé pour l’État. Lorsque ces paiements sont re**rdés, les conséquences dépassent largement le cadre budgétaire. Les entreprises concernées voient leur trésorerie se détériorer, réduisent leurs investissements, re**rdent le paiement de leurs propres fournisseurs et peuvent être contraintes de diminuer leurs effectifs. Autrement dit, les arriérés de paiement de l’État finissent par affecter l’ensemble de l’économie et fragiliser la base fiscale nationale. La dette intérieure continue de peser sur l’économie réelle.

L’analyse du service de la dette met également en évidence un calendrier particulièrement exigeant. Entre avril et décembre 2026, le Congo devra mobiliser 1 425,88 milliards FCFA pour honorer ses engagements financiers, soit près de 158 milliards FCFA par mois en moyenne. Plus préoccupant encore, près de 80 % de ces remboursements concernent la dette intérieure, avec des pics significatifs attendus en juin, octobre et décembre. Ces concentrations d’échéances créent une forte pression sur la trésorerie publique et augmentent le risque de tensions financières en cas de baisse des recettes ou de perturbation des marchés financiers. L'année 2026 est marquée par d’importantes échéances.

Un autre signal à surveiller est l'évolution récente des conditions de financement. Les émissions obligataires réalisées en 2026 se négocient désormais à des taux compris entre 6 % et 6,5 %, alors qu’il était possible d’emprunter à des conditions nettement plus favorables quelques années auparavant. Cette hausse des taux se traduit mécaniquement par une augmentation de la charge d’intérêts supportée par l’État. Pour le seul mois de mars 2026, près de 30 milliards FCFA d’intérêts ont été versés aux créanciers. Cette dépense réduit d’autant les marges de manœuvre budgétaires disponibles pour financer les infrastructures, la santé, l’éducation ou les politiques sociales.

Se pose alors la question de savoir : quelle stratégie pour renforcer la soutenabilité de la dette ? Face à cette situation, plusieurs axes d’action apparaissent prioritaires:

1- La première urgence consiste à allonger la maturité moyenne de la dette afin de réduire la dépendance aux refinancements fréquents. Une dette longue est généralement plus coûteuse à court terme, mais elle offre davantage de visibilité et de stabilité.

2- La deuxième priorité concerne l’apurement progressif des arriérés dus aux entreprises nationales. Au-delà d’un enjeu financier, il s’agit d’un levier essentiel de relance économique.
Le recours accru aux financements concessionnels des institutions multilatérales pourrait également permettre de réduire le coût moyen de la dette et d’améliorer son profil de remboursement.

3- La troisième priorité, est de mettre en place un mécanisme d’épargne alimenté par une partie des recettes pétrolières, ce qui contribuerait à mieux préparer les échéances futures et à limiter les risques de tension de trésorerie.

Pour conclure, ce rapport montre que l'encours actuel de la dette publique congolaise n’apparaît pas, à lui seul, insoutenable. Toutefois, sa structure révèle plusieurs vulnérabilités : une forte exposition au refinancement de court terme, un coût de financement en hausse et un poids important des arriérés intérieurs. Le véritable enjeu pour les années à venir sera donc moins de réduire rapidement le stock de dette que d’en améliorer la qualité, la maturité et la soutenabilité. La question centrale n’est plus seulement : "Combien l'Etat doit ?", mais davantage : "Comment doit il rembourser durablement sans freiner le développement économique du pays ?" C’est cette équation qui déterminera la trajectoire budgétaire et financière du Congo au cours des prochaines années.

VR Au Carré

SNPC 2024 : 534 MILLIARDS GÉNÉRÉS , 862 MILLIARDS BRÛLÉS. LA SURVIE NE TIENT QU'À UN FILPar RVBK Conseil Analyse financi...
15/06/2026

SNPC 2024 : 534 MILLIARDS GÉNÉRÉS , 862 MILLIARDS BRÛLÉS. LA SURVIE NE TIENT QU'À UN FIL

Par RVBK Conseil Analyse financière - Brazzaville, 15 juin 2026.

Le tableau de flux de trésorerie 2024 de la Société Nationale des Pétroles du Congo, que RVBK Conseil a analysé, révèle une situation financière paradoxale : l’entreprise publique génère encore du cash mais le brûle 1,6 fois plus vite qu’elle n’en produit. L'entreprise se retrouve avec une trésorerie finale de 9,6 milliards FCFA, soit 4 jours d’autonomie si les fournisseurs exigent d’être payés à temps.

De cette analyse, il en ressort les points suivants:

1- L’exploitation tient, mais au prix d’un crédit fournisseurs :

La SNPC a généré 537,7 milliards FCFA de cash via son exploitation en 2024, contre 790,3 milliards en 2023. Soit une chute de 32% en un an. La Capacité d’Autofinancement Globale recule elle aussi de 18% à 397,1 milliards.

Mais le vrai moteur du flux d’exploitation 2024 n’est pas l’activité : c’est le re**rd de paiement. La variation du passif circulant affiche +707,6 milliards. En langage simple, cela veut dire que la SNPC a payé ses fournisseurs 707 milliards moins vite qu’en 2023. Sans ce "délai artificiel", le flux d’exploitation serait négatif de 170 milliards. La SNPC survit aujourd’hui grâce à la patience de ses créanciers, pas grâce à sa rentabilité.

2- L’investissement dévore le cash:

Pendant ce temps, la SNPC a décaissé 862,2 milliards FCFA pour ses investissements en 2024, dont 829,7 milliards en immobilisations corporelles. Soit +13,5% par rapport à 2023. Ce qui soulève un problème: la capacité d'autofinancement ( CAF) 2024 n’est que de 397 milliards. La SNPC investit donc 2,17 FCFA pour 1 FCFA de cash généré. Ce Ratio est insoutenable.C’est donc ce sur-investissement qui explique le fonds de roulement négatif révélé par le bilan 2024. La SNPC construit l’avenir avec l’argent qu’elle n’a pas.

3- L’État actionnaire aux abonnés absents:

Le plus inquiétant vient du cycle de financement : 0 FCFA d’augmentation de capital en 2024. L’État congolais, actionnaire à 100%, n’a injecté aucun franc alors que la SNPC perdait du cash. Pire encire: la SNPC a quand même versé 45 milliards de dividendes en 2024. Avec 9,6 milliards de trésorerie finale, cela représente 4,7 fois son cash disponible. Cette politique financière est "suicidaire" dira tout bon expert. La conséquence est que la SNPC rembourse sa dette à hauteur de 39,9 milliards tout en n’empruntant que 21,8 milliards. Ce qui conduit à un désendettement net de 18 milliards. Ceci est vertueux sur le papier, dangereux quand la trésorerie est à sec.

RECOMMANDATIONS RVBK Conseil:

Au regard de ce qui précède, et face à ces chiffres , quatre leviers s’imposent d'urgence

1- Moratoire sur les CAPEX :

Les CAPEX, ce sont les dépenses d'investissement. La SNPC doit geler pendant 6 mois tous les investissements non vitaux et ramener les décaissements d’investissement sous 300 milliards/an, soit 75% de la CAF, car continuer à investir autant de milliards avec une faible capacité d'autofinancement revient à creuser sa propre tombe.

2- Stop aux dividendes 2025-2026 :

En effet, quand la trésorerie finale est faible , il n'est pas "bon" de distribuer les dividendes. Chaque franc CFA doit servir à sécuriser la liquidité.

3- Recapitalisation de l’État:
L'Etat actionnaire à 100% doit , ou aurait dû augmenter le capital en 2024. Ne pas le faire est intenable. Une injection minimum de 300 milliards aurait été nécessaire pour recoller le fonds de roulement.

4- Restructuration de la dette fournisseurs :
En 2024, la SNPC avait environ 707 milliards de re**rd de paiement. C'est une dette à court terme qu'il faudrait transformer en dette long terme structurée. Sinon, le moindre resserrement des créanciers plongera la SNPC en cessation de paiement.

Conclusion :

Le tableau de flux 2024 dit une vérité brutale : La SNPC n’a plus le droit à l’erreur. Avec 9,6 milliards de trésorerie pour 862 milliards d’investissements annuels, l’entreprise vit à crédit. Tant que le ROI de l’outil industriel restera négatif à -0,40% comme en 2024, et que l’État ne recapitalisera pas, chaque nouveau franc investi détruira de la valeur.
La question n’est plus la SNPC peut-elle investir plus ? Elle est : la SNPC peut-elle survivre sans recapitalisation immédiate ?. La réponse du flux de trésorerie 2024 est sans appel : non.

VR Au Carré

SNPC 2024 : Analyse Financière du Bilan, du Compte de Résultat, Solvabilité, Rentabilité.L'analyse du Bilan et du Compte...
15/06/2026

SNPC 2024 : Analyse Financière du Bilan, du Compte de Résultat, Solvabilité, Rentabilité.

L'analyse du Bilan et du Compte de Résultat de la SNPC , exercice clos le 31 /12/2024 peut faire l'objet d'un cas d'étude intitulé : " quand le cash d’exploitation masque une structure financière à risque.

La Société Nationale des Pétroles du Congo clôture 2024 avec 3 556 milliards FCFA de total bilan et 705 milliards FCFA de chiffre d’affaires. À première vue, la SNPC reste un géant.

Mais l’analyse croisée du bilan et du compte de résultat révèle un paradoxe : la SNPC génère encore du cash mais détruit de la valeur. Le fonds de roulement(FR) est négatif, le résultat d’exploitation négatif, la rentabilité financière( ROE ) en grande baisse. Il y a donc urgence à améliorer la structure financière de l'entreprise.

RVBK Conseil vous présente l'analyse du Bilan et du compte de résultat SNPC au 31/12/2024. L'analyse financière c'est deux choses à la fois: " Savoir lire et Interpréter les états financiers".

1- Lecture du bilan et du compte de résultat

La lecture du Bilan 2024 de la SNPC montre un déséquilibre structurel masqué par le Besoin en fonds de roulement( BFR). La survie de la société passe par les dettes d'exploitation.
Les Ressources stables de l'entreprise ne couvrent que 48% des immobilisations. Autrement dit, 52% des immobilisations sont financées par du court terme. Ce qui constitue une violation de la règle de prudence ou de l'équilibre financier. La SNPC n’a pas de fonds de roulement. Elle survit car ses fournisseurs, l’État et ses partenaires lui font crédit. Si ces dettes deviennent exigibles, cela entraînerait une cessation de paiement. Tel est le paradoxe!

La lecture du Compte de Résultat montre l'effondrement du chiffre d'affaires , et le constat que la SNPC a créé moins de valeur en 2024 par rapport à 2023. Le point le plus critique , véritable alerte rouge , c'est l'effondrement du Résultat d'Exploitation de -103%.

La lecture croisée du bilan et du compte de résultat montre que la SNPC investit sans rentabiliser. C’est ce qui creuse le fonds de roulement ( FR) négatif : l’actif augmente mais la capacité d’autofinancement ne suit pas.

2- L'interprétation:

L'analyse de la solvabilité montre que les indicateurs de solvabilité appellent une vigilance particulière. Ce qui signifie qu'elle ne tient que grâce à la tolérance de ses créanciers. Toute exigence de remboursement serait un risque systémique.

L'analyse de la rentabilité montre une destruction de valeur pour l'actionnaire État. La SNPC n’est plus rentable par son exploitation. Le résultat net positif en 2024, n’existe que grâce aux revenus financiers. Par conséquent, sans ces revenus financiers, la SNPC serait déficitaire.

3- Synthèse croisée:

L’analyse combinée fait apparaître 3 boucles dangereuses formant un cercle vicieux:

1- Boucle Investissement :
Les investissements d'immobilisation produisent des amortissements qui réduisent le résultat d'exploitation et au final font baisser la capacité d'autofinancement( CAF), ce qui a rendu négatif et aggravé le fonds de roulement ( FR) en 2024.

2- Boucle Financement :
Avec un FR négatif, la SNPC se finance par son BFR négatif , ce qui accroît son endettement et degrade sa solvabilité.

3- Boucle Rentabilité :
La baisse du chiffre d'affaires malgré la hausse des amortissements, la baisse de la marge nette ,de la rentabilité financière ( ROE), tout cela montre l'incapacité de la société à recapitaliser. D'où la dépendance au BFR négatif continue.

Conclusion croisée:

SNPC 2024 est une entreprise “cash positive mais valeur négative ”. Elle génère du cash mais détruit les capitaux de l’État.

4- Recommandations RVBK Conseil:

Priorité 1 : recapitaliser pour tuer le FR négatif.
Sans FR > 0, tout est à risque. L’État doit convertir une partie des “ Autres dettes” en capital. L'objectif est d'avoir une couverture immo > 1.

Priorité 2 : geler les investissements et rentabiliser l'existant. La SNPC doit adopter un moratoire sur les immobilisations tant que le ROE < 8% et mettre les KPI ROI sur chaque actif.

Priorité 3 : relancer le résultat d’exploitation par un plan d’urgence sur 3 leviers :
- Renégocier “Services extérieurs ” et “Impôts/taxes ”.
- Optimiser le taux d'utilisation des installations
- Sécuriser le prix de vente pétrole par rapport au coût.

Priorité 4 : sécuriser la trésorerie réelle par une ligne crédit confirmée conséquente. Accélérer le recouvrement des créances , surtout de l' État. Couvrir le risque change car les écarts de conversion en 2024 plombent la trésorerie nette.

Conclusion générale pour cette publication:

L’analyse financière SNPC 2024 démontre qu'une trésorerie nette positive , plus un excédent brut d'exploitation( EBE) élevé ne garantissent pas la santé d’une entreprise.

En 2024, la SNPC affiche une trésorerie nette positive, un EBE important , mais son fonds de roulement( FR) négatif et son résultat d'exploitation négatif la placent en zone rouge.

VR Au Carré

LOI DE FINANCES 2026 : TPE ET PME DU CONGO FACE À DE NOUVELLES RÈGLES DU JEU FISCALBrazzaville, juin 2026 – Par RVBK Con...
14/06/2026

LOI DE FINANCES 2026 : TPE ET PME DU CONGO FACE À DE NOUVELLES RÈGLES DU JEU FISCAL

Brazzaville, juin 2026 – Par RVBK Conseil

Six mois après son entrée en vigueur, la loi de finances 2026 continue de faire parler les chefs d’entreprise. Entre incitations fortes à la formalisation et durcissement sur les paiements en espèces, le texte redessine les habitudes fiscales des TPE et PME du secteur formel.

1- Des avantages concrets pour qui joue le jeu

La première mesure marquante concerne l’impôt sur le revenu. L’ancien IRPP disparaît au profit de quatre impôts distincts : ITS, IRF, IRCM et IBA. Résultat, le calcul du salaire devient plus simple. Fini la notion de parts familiales et de quotient familial. L’ITS s’applique directement sur le salaire après abattement. Attention toutefois : les salariés qui cumulent plusieurs employeurs devront désormais faire une déclaration annuelle.

Côté investissement, l’Etat mise gros. Toute TPE ou PME qui achète du matériel, de l’outillage ou un bâtiment à usage professionnel bénéficie d’un crédit d’impôt de 15%. Un achat de 10 millions FCFA génère donc 1,5 million FCFA d’économie sur l’impôt sur les sociétés, reportable sur cinq ans. L’objectif est clair : pousser les entreprises à moderniser leur outil de production.

Autre coup de pouce : la prise en charge par l’Etat de 100% de l’IRPP des salariés et de 50% des cotisations patronales. Condition : être parmi les 25 000 premières entreprises à déclarer ses employés à la CNSS et à l’AMU. Pour une petite structure de cinq salariés, l’économie annuelle peut atteindre plusieurs millions de francs CFA. Le quota étant limité, la rapidité est essentielle.

La loi supprime aussi deux impôts : la Taxe Spéciale sur les Sociétés et l’impôt spécial sur les bons de caisse. Deux déclarations en moins, donc moins de paperasse pour les comptables.

2- Le revers de la médaille : fin du cash au-delà de 200 000 FCFA

En face, la loi serre la vis sur les flux financiers. Depuis janvier 2026, tout paiement supérieur à 200 000 FCFA toutes taxes comprises ne peut plus se faire en espèces. Il faut passer par la banque, le virement, le chèque ou le Mobile Money.

Pourquoi 200 000 FCFA TTC ? Parce qu’au Congo la TVA ne s’arrête pas à 18%. Il faut ajouter la centime additionnelle de 5% qui se calcule sur le montant de la TVA. Le taux réel est donc de 18,9%. Concrètement, le plafond de 200 000 TTC correspond à un montant hors taxes de 168 126 FCFA. Au-delà, le paiement cash est sanctionné.

La sanction est double. D’abord, l’entreprise perd le droit de récupérer la TVA. Ensuite, seule une partie de la dépense reste déductible de l’impôt sur les sociétés. Le reste est réintégré au bénéfice imposable. Sur un achat de ciment facturé 250 000 FCFA hors taxes, la facture TTC atteint 297 250 FCFA. Payé en cash, cet achat fait perdre à l’entreprise plus de 47 000 FCFA de TVA non récupérée, plus l’impôt supplémentaire sur la partie de charge réintégrée.

L’administration fiscale va plus loin : si une entreprise affiche un crédit de TVA sur plusieurs mois, elle doit désormais tenir un inventaire physique de ses stocks. Sans inventaire, pas de remboursement.

3- Fini les exonérations "sur mesure"

Dernier point, les exonérations d’impôt sur les sociétés accordées en dehors de la Charte des Investissements deviennent caduques. Seules les entreprises agréées à la Charte conservent leurs avantages. Les autres repassent au taux normal de 28%. L’objectif : plus d’équité entre entreprises locales et filiales étrangères, taxées à 35%.

4- Mi-2026, il est encore temps d’agir

Contrairement aux idées reçues, on n’est pas "trop t**d" en juin. La loi court jusqu’au 31 décembre. Il reste donc six mois pour corriger le tir.

RVBK Conseil recommande trois réflexes immédiats aux TPE et PME : déclarer tous les salariés à la CNSS pour capter l’aide de l’Etat, programmer les investissements du second semestre pour profiter du crédit d’impôt de 15%, et fixer la règle interne "plus d’achats supérieurs à 168 000 FCFA hors taxes en cash".

La loi de finances 2026 envoie un message simple : elle récompense ceux qui se formalisent et investissent, elle pénalise ceux qui restent dans l’opacité du cash. Pour les entreprises du secteur formel, c’est l’occasion de transformer une contrainte en opportunité de trésorerie.

RVBK Conseil, cabinet de formation, de conseil et d’accompagnement des TPE/PME au Congo-Brazzaville.

ANALYSE DU BUDGET DE TRESORERIE CG 2026 ET IMPACT DE LA DETTE INTERIEURE BANCAIRE OTA +BTA DE 800 MILLIARDS FCFA EN 2026...
14/06/2026

ANALYSE DU BUDGET DE TRESORERIE CG 2026 ET IMPACT DE LA DETTE INTERIEURE BANCAIRE OTA +BTA DE 800 MILLIARDS FCFA EN 2026

Voici ce que disent les articles 29 à 32 de la Loi de finance 2026 et le tableau en photo :

RVBK Conseil vous explique de façon simple , les chiffres clés :

1- Les Ressources de trésoreries sont de l’ordre de 1 240,36 milliards de FCFA. Cette somme, c’est l’argent que l’Etat compte emprunter ou émettre en 2026. C’est donc de la dette.

2- Les Charges de trésorerie sont prévues à hauteur de 1 470,73 milliards de FCFA. C’est le montant que l’Etat doit rembourser ou payer en 2026 au titre de la dette.

3- Le déficit de trésorerie est de – 230,37 milliards de FCFA. C’est ce qu’on appelle aussi le « Gap de financement ». Cela signifie qu’il manque 230,37 milliards de FCFA pour boucler le budget.
Un déficit se finance. Ce gap de financement sera donc comblé par l’excédent budgétaire de +230,37 milliards de FCFA.

En langage simple : en 2026, l’Etat congolais va emprunter 1 240 milliards, mais il doit rembourser 1 470 milliards de dettes anciennes. Il a donc un trou de 230 milliards. Ce trou est censé être couvert par un excédent budgétaire comme stipulé dans la Loi de finance 2026 en son Article 31 : Le déficit de 230,37 milliards est "totalement financé par l’excédent budgétaire". Cela signifie que cet excédent sert uniquement à boucher le trou de trésorerie. Il ne reste donc rien pour investir ou épargner. C’est un équilibre "zéro".

Commentaire RVBK Conseil :

Une trésorerie 100% dépendante de la dette car les 1 240 milliards de ressources viennent uniquement d’emprunts : Bons/Obligations du Trésor OTA+BTA : 691,5 milliards. C’est la plus grosse ligne. L’Etat va beaucoup se financer sur le marché CEMAC. Emprunts extérieurs + projets : 411,2 milliards. Emprunt obligataire : 137,6 milliards.

Cette dépendance à la dette comporte un risque. En effet, si les marchés financiers se ferment ou si les taux montent, l’Etat peut avoir du mal à lever ces fonds. La charge de la dette intérieure écrase tout puisque sur les 1 470 milliards de remboursements, la Dette intérieure bancaire OTA+BTA (800 milliards), soit 54% du total. C’est énorme. La Dette commerciale (180,5 milliards ) et la Dette extérieure (295,6 milliards). Le poids de la dette intérieure montre que le Congo roule beaucoup à crédit court terme sur le marché régional. C’est coûteux et ça renouvelle le risque chaque année. Les Situations du 4 mars : 32,5 milliards. C’est une ligne récurrente dans les budgets du Congo. Elle fait référence aux arriérés accumulés après les événements du 4 mars 2012. Le fait qu’elle soit encore là en 2026 montre que le passif social n’est pas encore résorbé.

Recommandations pratiques de RVBK Conseil, au regard des lois en vigueur :

L’article 32 donne déjà les marges de manœuvre au ministre des Finances. RVBK Conseil propose 4 axes :

1- Alléger le coût de la dette intérieure 800 milliards en négociant les termes de la dette par la renégociation de l’échéancier des OTA +BTA pour lisser les remboursements. 800 milliards sur un an est une pression énorme sur la trésorerie.

2- Sécuriser les ressources externes en négociant les appuis budgétaires : les 238 milliards de prêts extérieurs + 172 milliards d’emprunts projets dépendent des partenaires. Il faut boucler les conventions tôt pour éviter un trou de trésorerie en cours d’année. Quant au PforR de 7,7 milliards, ce sont des prêts basés sur les résultats d’un programme ou des programmes précis. C’est-à-dire ces prêts sont décaissés seulement si les objectifs sont atteints.

3- Résorber le passif social et commercial dont la dette est de 109,7 milliards (pensions + autres) en priorisant le paiement régulier pour éviter l’accumulation. Quant à la dette commerciale de 180,5 milliards, il faudrait négocier des plans d’apurement avec les fournisseurs locaux.

4- Réduire la dépendance année après année car le modèle "j’emprunte pour rembourser" n’est pas tenable à long terme. Avec 139 programmes et 2 005 milliards de crédits de paiement, l’enjeu est d’augmenter les recettes non-pétrolières pour créer un vrai excédent, pas juste comptable. Mais surtout de rationaliser les 139 programmes afin d’avoir moins de lignes, et donc plus d’impact, pour dégager des marges.

Conclusion :

Le budget de trésorerie 2026 est équilibré sur le papier, mais il est très fragile : tout repose sur la capacité de l’Etat à emprunter 691 milliards sur le marché CEMAC et à dégager 230 milliards d’excédent budgétaire. Le moindre choc pétrolier, taux d’intérêt, ou re**rd de décaissement peut créer un défaut de paiement. C’est le risque principal de ce budget 2026.

VR Au Carré

12/06/2026

CONGO–BRAZZAVILLE : FMI vs Gouvernement – 6 exigences clés pour 2026

Alors que le Congo a finalisé le rachat de son Eurobond 2032, le FMI maintient la pression
dans le cadre de la Facilité Élargie de Crédit (FEC). L’objectif du programme FMI vise la
discipline budgétaire, la viabilité de la dette et la transformation structurelle de l’économie.

Pour y parvenir, le Gouvernement s’appuie sur un cadre national acté par la Loi n° 42-2025 du
31 décembre 2025 (Budget-programme). Le cadre est en place. L’enjeu désormais : l’exécution 2026–2027.

RVBK Conseil vous présente l’essentiel des 6 exigences du FMI et les réponses du
Gouvernement pour 2026.

La première exigence du FMI porte sur la STABILITÉ MACROÉCONOMIQUE qui selon
cette institution permet de restaurer les équilibres macroéconomiques en respectant les
critères suivants : Inflation < 3% ; Réserves de change > 3 mois d’importations ; Solde
budgétaire hors pétrole durablement positif.

Pour respecter cette exigence, le Gouvernement met en avant son Budget 2026 basé sur un
pétrole prudent à 60$/baril et s’engage à affecter le « surplus » au Fonds de stabilisation +
remboursement de dette. Il s’engage également à supprimer progressivement des subventions
généralisées et à maintenir un soutien aux ménages vulnérables (filet social). Enfin, la mise en service complète du Compte Unique du Trésor (CUT) en 2026.

La deuxième exigence concerne la DETTE PUBLIQUE qui doit être VIABLE afin de réduire
les risques de surendettement. Pour le FMI, la Dette/PIB < 60% ; Service de la dette < 23% des
recettes ; Zéro accumulation d’arriérés.

Le Gouvernement y répond en présentant le Rachat partiel de l’Eurobond 2032 (564M USD),
le Lissage du profil de remboursement et suppression du pic 2026, l’Orientation vers les
financements concessionnels (BM, BAD, AFD) et enfin la Réduction progressive de la masse
salariale publique.

La troisième exigence repose sur la DIVERSIFICATION ÉCONOMIQUE afin de de Réduire la dépendance au pétrole. Pour y parvenir le FMI exige que les Recettes non pétrolières >
8% du PIB ; la Croissance hors pétrole > 4% ; la Hausse de l’investissement privé.

La réponse du Gouvernement à cette exigence consiste à affecter 25% des investissements
publics vers agriculture, bois, numérique. A déployer les Zones Économiques Spéciales
(Maloukou, Pointe-Noire). Enfin à appuyer les PME via le F**A ou la création de CDC (caisse
des dépôts et consignation) afin de favoriser les garanties de crédits bancaires en visant un
objectif de 10 000 emplois hors pétrole en 2026.

La quatrième exigence parle de la MODERNISATION DE L’ÉTAT afin d’Améliorer
l’efficacité de l’administration publique. Ce qui suppose donc qu’un Taux d’exécution
budgétaire > 90%, des paiements fournisseurs < 90 jours ; une Amélioration du score PEFA
(Public Expenditure and Financial Accountability). Le PEFA est un outil permettant de mesurer
la performance financière d’un pays.

Pour moderniser l’Etat, le gouvernement évoque la Digitalisation de 10 procédures administratives clés, l’Interconnexion DGI – Douanes – Trésor – CNSS, la Gestion par résultats, l’Inventaire et cession des actifs publics improductifs.

La cinquième exigence s’intéresse à la TRANSPARENCE ET RÉFORMES
STRUCTURELLES permettant de Renforcer la mobilisation des recettes et la traçabilité.
Pour le FMI, il faudrait donc : une Hausse des recettes non pétrolières (+0,5% PIB/an) ; une
Généralisation du Compte Unique du Trésor ; des Paiements électroniques > 70%.

Ce à quoi le Gouvernement répond par des mesures ciblées : Facturation électronique
obligatoire (>10M FCFA de chiffre d’affaires) ; Impôts, Taxes et Douanes digitalisés ;
Paiements publics 100% digitaux (mobile money & banques). Mais surtout la Fermeture des
comptes publics hors Trésor.

Enfin la sixième exigence et donc la dernière touche à la PROTECTION SOCIALE afin de
Protéger les populations vulnérables en maintenant les dépenses sociales avec des filets sociaux couvrant +20% des pauvres et n’avoir aucun re**rd de salaires/pensions.

Pour respecter cette dernière exigence, le Gouvernement évoque le Registre Social Unique avec 400 000 ménages identifiés pouvant bénéficier des Transferts automatiques /mois en cas de choc ; des Budgets santé, vaccination et cantines scolaires sanctuarisés et en fin un Stock stratégique alimentaire (3 mois de couverture).

Conclusion RVBK Conseil :

Le Congo dispose d’une fenêtre stratégique 2026–2027 grâce : au rachat de dette, aux
réformes engagées, et au cadre légal déjà en place. Le FMI fixe les indicateurs, l’Etat déploie
les réformes. Par conséquent, L’année 2026 ne sera pas une année de promesses. Ce sera une
année de résultats SMART (Spécifique- Mesurable -Atteignable- Raisonnable-Temporel).

La seule variable décisive reste L’EXÉCUTION.

VR Au Carré ( Wait and see)!

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